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II Rois , xvi, 10; Chron ., xxvi

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nexa pas la Mésopotamie à l’Assyrie, mais l'union des deux pays roula tout entière sur sa personne; les Babyloniens lui donnèrent meme un nom pour l’inscrire dans leurs annales, celui de Poulou, le Phoul de la Bible. Il ne jouit pas longtemps de sa double royauté: il mourut à Kalakh, après dixhuit années d’un des règnes les plus glorieux et les mieux remplis que l’histoire ait enregistrés (727).

La vingt-deuxième et la vingt-troisième dynastie; les Éthiopiens en Égypte : Piônkhi et Shabakou.

Chute du royaume d’Israël.

La révolte éclata aussitôt dans les provinces situées au delà de l’Euphrate, en Phénicie et dans Israël. Pékakli avait été assassiné en 729 par le général de son armée, Hoshéa, et celui-ci n’avait obtenu l’investiture de l’Assyrie qu à la condition de payer dix talents d’or et mille d’argent1. Dès qu’il apprit la mort de Tiglatphalasar, il cessa les versements, comptant sur les troubles qui accompagnent d’ordinaire un changement de règne. Il fut trompé dans son attente. Le fils de Tiglatphalasar monta en paix sur le trône, comme Salmanasar IV en Assyrie, comme Ouloulaî (Éloulaios) à Babylone. Il avait déjà gouverné la Syrie du vivant de son père, et il la connaissait bien. Il accourut en hâte et une insurrection deslvitiens contre Tyr lui facilita la victoire. La Phénicie rentra dans le devoir2, et Israël abandonné à ses propres forces n’osa pas résister. Hoshéa se résigna à reprendre sa chaîne, et sa prompte humiliation conjura le danger pôur quelque temps encore3.

Pour quelque temps, mais non pas pour longtemps. Il n’était ni pire ni plus méprisable que la plupart de ses prédécesseurs; peut-être même valait-il mieux que beaucoup d’entre eux, car la tradition nationale, en le comprenant dans la censure générale quelle leur inflige, affirme que « s’il fit ce qui déplaît à Jahvéh, il ne le fit pas autant que ceux qui

1. Il Rois , xv, 30. — 2. Ménandre d’Éphèse, dans Josêphe, Ant. Jud ., ix, 4. — 3. II Rois , xvii, 5; Schrader, Die Keilinsehriften und das Allé Testament , 1883, p. 266-209.

avaient été avant lui 1 ». Mais son royaume ne se soutenait plus : les pays au delà du Jourdain, le territoire des tribus du nord, la Galilée* étaient perdus: le jour apparaissait proche où nulle énergie ne pourrait plus sauver Éphraïm. Chacun le savait, et le disait tout haut, et se préparait par avance à la catastrophe. Plus que jamais les prophètes y voyaient le dessein de Dieu : « Samarie* répétait le prophète Hoshéa, sera désolée, car elle s’est révoltée contre son Seigneur; ses habitants tomberont sous l’épée, leurs petits enfants seront écrasés, et l’on fendra le sein de leurs femmes enceintes2. » Du fond de Juda* Isaïe) joignait sa voix à celle des voyants d’Israël : « Malheur à la couronne d’orgueil des ivrognes d' Éphraïm, — à la fleur fanée de sa brillante parure, — qui est au front de la grasse vallée — de ces gens étourdis par le vin ! — Voici, un fort, un puissant de par Dieu, — comme une tempête de grêle, — comme un orage destructeur, — comme un tourbillon de grosses eaux débordées, il la terrasse avec violence. — Tu seras foulée aux pieds couronne orgueilleuse des ivrognes d’Éphraïm; — et la fleur fanée de sa brillante parure, — qui est au front de la grasse vallée, — tombera comme une figue hâtive, avant la cueillée 3 » Hoshéa lutta du moins autant qu’il put, malgré les conseils et les prédictions sinistres. Babylone et l’Élâm, ces ennemis perpétuels de son ennemi, étaient si loin* qu’en ce temps de communications lentes, il ne devait pas compter sur leur appui; Juda, les Philistins, Tyr, la Phénicie, étaient trop faibles pour s’engager dans une entreprise hasardeuse. Toutes les anciennes alliances d’Israël lui manquaient à la fois; il en chercha de nouvelles.

L’expédition de Sheshonq Ier en Palestine n’avait été dans l’histoire de la vingt-deuxième dynastie qu’un intermède glorieux, mais sans conséquences durables. 11 était arrivé alors à l’Égypte ce qui arrive souvent aux peuples vieillis : l’avènement d’un prince actif et vaillant semble les ragaillardir en leur vigueur première. Les troupes de Pharaon, même celles d’alors, bien commandées et lancées résolument contre les bandes désordonnées des Hébreux, ne pouvaient manquer

1. Il Rois , xvii, 2. — 2 Hoshta, xni, 16. — - 3. Isaïe, xxvm, 4-4.

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de les écraser : Jérusalem plia sous leur choc, et les villes de la Judée devinrent leur proie. Seulement, il n’y avait plus moyen de leur conserver cette efficacité dès qu’un souverain médiocre héritait le pouvoir. On le vit bien dans les siècles qui suivirent. Les successeurs de Sheshonq ne surent pas tirer autant de parti que lui des ressources qu’ils avaient entre les mains; ils abandonnèrent sa conquête et ils ne parurent pas se soucier de ce qui se passait au-dehors. Ern

Tribut des Israélites.

prisonnés dans leurs limites naturelles, ils vécurent en paix avec tous leurs voisins, j’entends avec ceux de leurs voisins qui voulurent bien leur laisser la paix. Au moins employèrent-ils leurs années tranquilles à des travaux d’utilité publique. Ils construisirent dans la Basse-Égypte, à Bubaste, leur résidence habituelle, à Tanis, à Memphis. Depuis la chute des Ramessides, Thèbes avait toujours été perdant de son importance. La population, attirée jadis par la présence de la cour et par le mouvement du commerce, s’était éclaircie peu à peu : elle manquait presque entièrement par endroits, mais elle était encore assez dense autour Ses temples pour y former autant de bourgs et de villages que la cité antique avait compté de grands édifices. Les Pharaons, que leur origine et les nécessités de la poli-

lique attachaient au Délia, n'avaient cure de remédier .aux progrès de celle ruine. Thèbes n’avait pas été seulement la capitale de l'Egypte, elle avait été la capitale du monde à une époque où le monde était égyptien : suffisante pour un empire, elle était trop vaste pour un royaume et elle n’avai! plus de motif de subsister. Quelque soin que l’on mît désormais à restaurer ses monuments et même à en élever de nouveaux, on n’y ramena point la vie qui s’en retirait peu à peu : elle fut moins une ville qu’une sorte de musée, où l’Égypte des dynasties glorieuses se survécut tout entière.

Osorkon Ier, Takelôti Ier, Osorkon îï, Sheshonq II : les Bubastites régnaient depuis cent ans déjà; à n’en juger que l’apparence, rien n’était changé dans l’état général du pays, et pourtant des actions et des réactions dont nous devinons enfin la nature l’avaient poussé quelques degrés plus bas shr la pente qui l’entraînait à la ruine. Pour éviter des usurpations analogues à celle des grands prêtres d’Amon, Sheshonq et ses descendants s’étaient appliqués à n’octroyer les charges importantes qu’aux princes de la famille royale. Un fils du Pharaon régnant, et d’ordinaire l’aîné, était grand prêtre d’Amon et gouverneur de Thèbes, un autre administrait à Khmounou, un autre à Khninsou, d’autres encore dans les grosses villes du Delta et de la Haute-Égypte. Chacun d’eux avait avec lui plusieurs bataillons de ces mercenaires libyens, Mazaiou et Mashouasha, qui faisaient alors la force de l’armée et en la fidélité desquels il pouvait se fier. Bientôt ces commandements devinrent héréditaires, et l’ancienne féodalité des nomes se reconstitua au profit des membres de la famille royale. Le Pharaon continua de résider à Memphis ou à Bubaste, de toucher l’impôt, de diriger autant que possible les soldats et les scribes, et de présider aux cérémonies majeures du culte, telles que l’intronisation ou l’ensevelissement d’un Apis; mais l’Egypte se partagea en un certain nombre de principautés, dont les unes comprenaient à peine quelques bourgades, tandis que d’autres englobaient plusieurs provinces. Bientôt les maîtres de ces principautés

t Lepsitis, Denkm ., III, 203, e, 544, c, ‘255, a, b , c, 256,

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s’enhardirent jusqu’à rejeter la suzeraineté du Pharaon : appuyés sur des bandes libyennes, ils usurpèrent non seulement les fonctions de la royauté, mais ses titres et ses insignes, tandis que la dynastie légitime, reléguée dans un coin du Delta, y exerçait à peine un reste d’autorité. Cette iécomposition commença bientôt après la mort de Sheshonq Ier, mais on n’en rencontre aucun indice certain avant Takelôti II. Le fils aîné de ce Pharaon, Osorkon, premier prophète d’Amon, comte de Thèbes et des caillons du midi, ne préserva l’intégrité de l’État qu’au prix de guerres perpétuelles1 *. Les révoltes augmentèrent de gravité sous les successeurs de Takelôti II, Sheshonq 111, Pimi et Sheshonq IV. Quand ce dernier mourut, après trente-sept ans au moins de règne5, le prestige des Bubastites était tellement affaibli que le sceptre leur échappa et passa aux mains d’une autre famille originaire de Tanis. La dynastie Tanite jeta un instant d’éclat ; son fondateur Petsibastit se substitua à l’héritier de Sheshonq IV, s’en alla jusqu’à Thèbes3 et imposa à ses contemporains une suzeraineté précaire, qu’Osorkon 1ÏI et Psimout maintinrent tant bien que mal pendant près d’un demi-siècle4. Sous leur domination l’Égypte en arriva à ce point de division qu’elle se trouva morcelée entre près de vingt princes, dont quatre au moins s’attribuaient l’appareil complet de la royauté.

Au milieu de ces roitelets turbulents et pillards, une race surgit, que son énergie politique et le mérite des hommes qui la composaient haussèrent sans peine au-dessus de ses rivales. Certes, il ne manquait ni d’habiles ni d’ambitieux à Tanis, à Khninsou, à Bubaste; mais aucune des villes ni aucun des souverains de cette époque ne jouèrent un rôle aussi prépondérant que celui de Sais et des princes qui la

1. Lepsius, Denkm., III, 256; cf. Chabas, Mélanges égyptologiques, 2e série, p. 73 sqq. — 2. Mariette, Renseignements sur les Apis , dans le

Bulletin archéologique de YAthenœum français , 1855, p. 98-100. —

3. Lepsius, Denkm., III, 259, a, b. — 4. Lepsius, Ueber die XXIIe Kônigs-

dynastie ; le Psimout que M. Lepsius rangeait dans la vingt-troisième dynastie est en réalité Psimout II de la vingt-neuvième (Maspero, Dé¬

couverte d'un petit temple à Karnok , dans le Recueil de travaux , t. VI, p. 20). — 5. Cf. E. de Rougé. Mémoire sur une inscription historique de Piânkhi Meriamoun , p. 15 sqq.

régissaient. Actifs, remuants, batailleurs, mêlés à toutes les péripéties qui se déroulent autour d’eux, dès l’instant que nous les voyons sur la scène, les Saïtes ont un but unique vers lequel tendent tous leurs efforts : déposséder les seigneurs locaux et fonder sur les débris des dynasties partielles qui ruinent le pays une dynastie nouvelle dont la suprématie se propage dans l’Égypte entière. L’histoire du temps est au fond l’histoire des tentatives qu’ils font pour arriver à leurs fins et des échecs qui retardent à chaque instant les progrès de leur ambition. Les autres princes, toujours coalisés contre eux, mais toujours vaincus, appellent l’étranger à leur secours et trahissent l’intérêt de la patrie commune au profit de leurs intérêts particuliers. De là les invasions éthiopiennes : la dynastie koushite arrête un moment les empiètements des Saïtes sans les abattre, ni même les décourager. L’insuccès de Tafnakhti ne sert pas de leçon à Bocchoris; le désastre de Boccnoris ne fait pas hésiter ses successeurs. L’intervention assyrienne n’est pour eux qu’un moyen d’user la puissance éthiopienne. Les Éthiopiens humiliés, les Assyriens embarrassés en Asie, Psammétique reprend l’avantage. En quelques années, il réunit sous sa main la vallée entière, et il proclame l’avènement de cette vingtsixième dynastie sous laquelle l’Égvpte devait vivre encore quelques jours de gloire et de prospérité1.

Tafnakhti est le premier des Saïtes qui nous soit connu par les monuments. Il était d’origine obscure et il ne possédait de son chef que la bourgade de Noutir, non loin de Canope2. Quelques expéditions heureuses contre ses pairs les plus proches l’encouragèrent bientôt à élargir le cercle de ses entreprises. Ce fut surtout une guerre de sièges. Les barons, maîtres chacun d’une parcelle du territoire national, ne duraient que par la force des armes : ils se sentaient entourés d’ennemis, et pour se défendre des compétitions rivales, ils avaient dû se retrancher fortement. Depuis un siècle, le sol s’était hérissé de citadelles, placées aux points

1. Maspero, dans la Revue critique , 1809, t. II, p. 377. — 2. En copte Manouti, près de Canope (Brugsch, G. Ins., t. I, p. 289-290, e4 Ghampollion, l'Egypte sous les Pharaons , t. II, p. 202).

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stratégiques de la eontrée, sur les rares monticules qui commandent les bords du Nil, dans les îles du fleuve ou à la rencontre des canaux de navigation. Embastillés dans leurs châteaux et dans leurs villes, appuyés sur des mercenaires Mashouasha et Tahonou, ils opposaient une' résistance acharnée à l’envahisseur. Tafnakhti pourtant triompha d’eux. Il s’empara des nomes situés à l’occident de la branche principale du fleuve, le Saïte, l’Athribite, le Libyque, le Memphite. Respectant les régions à l’orient du Delta, où les Tanites continuaient de régner, il remonta le cours du Nil : Mîtouin, le Fayoum, Khninsou et son roi Pefââbastit, Khmounou et son roi Osorkon l’acclamèrent pour suzerain. Il passa ensuite sur la rive droite et il y reçut l’hommage de Onou et de Pnibtepâhe. Il poursuivait le cours de ses succès et il venait de frapper le nome de Ouobou, quand les chefs encore insoumis du Delta et de la Haute-Égypte s’adressèrent au seul pouvoir qui fut alors capable de lui tenir tête, à l’Éthiopie1.

Les descendants des rois- prêtres d’Amonrâ, exilés en Nubie par les Pharaons de la vingt-deuxième dynastie, y avaient fondé, avec les provinces colonisées plus de deux mille ans auparavant par les Sanouasrît, un royaume indépendant dont la capitale était Napata*. Bâtie au pied de la Montagne sainte (Dou ouabou), et longtemps considérée comme un des chefs-lieux de la province égyptienne d’Éthiopie, Napata, aux mains de ses seigneurs nouveaux, devint une sorte de Thèbes éthiopienne, modelée, autant que possible, à l’image de la Thèbes d’Égypte. Amonrâ, roi des dieux, y trônait suprême avec Maout et Khonsou; le temple était construit à l’imitation des sanctuaires de Karnak; les cérémonies qu’on y célébrait étaient des cérémonies du culte thébain. Les rois, prêtres avant tout, comme jadis dans leur patrie, étaient les chefs d’un État sacerdotal dont les limites varièrent selon les époques, mais qui allait d’ordinaire des montagnes d’Abyssinie à la première cata-

1. Mariette, Monuments divers , t. I, pi. I, I. 1-7. Cf. E. de Rougé, Mémoire sur une inscription historique de Pidnkhi Meriamoun} p. 3-4, 21-23. — 2. Voir plus haut, p. 420.

racte. Dans la vallée même, de Syène au confluent du Tacazzé, les colons d’extraction égyptienne formaient le fond de la population; dans les plaines du haut Nil se trouvaient des nations de races différentes. Les unes étaient noifes; les autres, alliées aux Himyarites et venues de l’Arabie méridionale, parlaient un idiome sémitique; d’autres enfin se rattachaient par le type et par la langue aux Égyptiens et aux Berbères. Pendant les premiers temps, l’élément égyptien l’emporta et dirigea la politique générale. Sans cesse ramenés vers Thèbes par les souvenirs de leur origine et par leurs traditions religieuses, les rois-prêtres de Napata convoitèrent de recouvrer au moins cette ville et son territoire. Ils y réussirent vers le milieu de la vingt-troisième dynastie et.ils poussèrent leurs avant-postes jusque dans les environs d’Abydos.

Piônkhi-Mîamoun, celui d’entre eux à qui les barons égyptiens présentèrent leur requête, régnait déjà depuis vingt ans lorsqu’ils lui proposèrent la conquête de l’Egypte. L’idée de réunir toute la vallée du Nil sous un môme sceptre lui était familière : il manda aux troupes qu’il avait en Thébaïde l’ordre de partir sans retard, tandis que lui-même rassemblait ses forces à Napata et qu’il se préparait à entrer en campagne. La guerre débuta pour lui par un succès : sa flotte rencontra au nord d’Abydos la flotte de Tafnakhti qui cinglait vers Thèbes, chargée de soldats et de munitions, en détruisit une partie, mit l’autre en déroute. Une seconde flotte, montée par les contingents de trois rois vassaux de Tafnakhti, fut battue après un combat de trois jours, et les Éthiopiens abordèrent au nome d’Ounou. La lenteur de leurs mouvements permit au roi Nâmaroti de se jeter dans Khmounou et de s’y retrancher ; une partie des troupes d’invasion resta en observation devant la place, tandis que le reste continuait sa marche vers le nord, sur la rive gauche par Pamazaît, sur la rive droite par TaTehni Oïrnakhîtou1 et par Hibonou. Nâmarouli, cerné de tous les côtés, ne pouvait

1. Aujourd’hui Telinéh (Maspero, Notes sur quelques points de grammaire et d' hisloife, dans les Mélanges, t. I, p. 291-292), sur la rive droite du Nil, un peu au-dessous du Miniéh. Cf., sur Tehnéh, Willkinson, Handbook, p. 275-276.

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plus espérer le secours de ses alliés ou de son suzerain : iî s’obstina pourtant dans sa résistance et il tint les envahisseurs en échec. 11 fallut, pour avoir raison de lui, l’arrivée de Piônkhi, à la tète de nombreux renforts. Piônkhi changea le blocus de Khmounou en un siège régulier : il dirigea des jetées d’assaut contre la muraille et il dressa des tours pour les archers et pour les frondeurs. Fn trois jours la place, assaillie sur tous les fronts à la fois, ne fut plus tenable, et son commandant demanda grâce par l’intermédiaire de sa femme, la reine Nsitentnsi, et des dames du harem. Piônkhi le reçut à merci, entra dans l’enceinte au bruit des acclamations, alla prier au temple de Thot et prit solennellement possession du butin au nom d’Arnon Thébain. La chute de Khmounou entraîna la reddition de toute la moyenne Égypte, khuinsou ouvrit ses portes, ainsi que Pisokhmoukhopirrî1, qui commandait l’entrée du Fayoum. Mitourn, Pisokarsahaz et meme Titôouï suivirent cet exemple : Piônkhi parvint sous Memphis presque sans coup férir.

À peine arrivé, il l’envoya sommer. « Ne fermez point vos buis; ne combattez point contre le pays de l’intérieur2. Shou, le dieu de la création, quand j'entre, il entre; quand je sors, il sort : aussi ne peut-on résister à mes attaques. Je ne veux qu'offrir des offrandes à Phtah et aux dieux du nome memphite; je veux honorer Sokari dans sa chapelle, voir le dieu Rîsânbouf, et puis je retournerai en paix. Si vous me livrez Memphis, elle sera épargnée, et l’on n’y fera pas même un petit enfant pleurer. Voyez les nomes du midi : on n’v a massacré personne, excepté les impies qui avaient blasphémé Dieu. On a exécuté ces obstinés. » Piônkhi avait appuyé son discours d’un détachement d’archers, de matelots et de soldats du génie, qui devaient s’emparer du port. La garnison était en alerte : elle repoussa ces troupes et elle leur infligea des pertes sérieuses. Bientôt après, à la faveur d’une nuit obscure, Tafnakhti se glissa dans la place, avec un coir/oi d’armes et un corps de huit mille hommes, fortifia les points faibles de l’enceinte, puis repartit vers le nord,

1. Place forte située à l’entrée du Fayoum, aujourd’hui Illalioun. —

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