‹ Histoire ancienne des peuples de l'OrientChapitre 66 sur 215 · Maspero, les Empires, p · texte numérisé non relu

Maspero, les Empires, p

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les récits de ses guerres ne parlent pas sans cesse de captifs écorchés vifs, de rois empalés devant la porte de leurs cités, de populations entières décimées par le fer. 11 s’appliqua partout à réparer les ruines dont son père et son grand-père avaient couvert le sol. Dès la première année de son règne, il avait relevé Babylone1 : en dehors de ce travail énorme, il consacra, en Àssour et en Accad, trente-six sanctuaires « plaqués de lames d’or et d'argent et resplendissants comme le .jour ». Le palais qu’il se bâtit à Ninive sur l’emplacement d’un ancien garde-meuble surpassait tout ce qu’on avait vu jusqu’à lui. Les carrières d’albâtre des monts Gordiyæens et les forêts de la Phénicie avaient été mises également à contribution pour en panneler les salles d’apparat : trentedeux rois des Hittites et de la côte méditerranéenne envoyèrent à Ninive des troncs de sapins, de cèdres, de cyprès, débités en larges billots. La toiture était en poutres de cèdre sculpté, supportées par des colonnes de cyprès cerclées d’argent et de fer; des lions et des taureaux de pierre se dressaient aux portails ; le battant des portes était en ébène et en cyprès inscrusté de fer, d’argent et d’ivoire. Le palais de Babylone est entièrement détruit, et celui qui fut commencé à Kalakh avec le butin d’Égypte ne fut jamais terminé. La vue des longues avenues de sphinx qui précédaient l’entrée des temples de Memphis avait vivement impressionné l’esprit des conquérants : Asarhaddon imita les vaincus et maria les sphinx aux taureaux et aux lions qui décoraient l’accès de ses édifices. La construction continua pendant trois animées (671-669); le gros œuvre était achevé, mais l’ornementation ébauchée à peine, lorsque des événements encore mal connus obligèrent les architectes à l’interrompre. Il semble que l'affection que le roi avait toujours marquée pour Babylone inspira des inquiétudes à son entourage : ses officiers assyriens craignirent qu’il ne choisît pour lui succéder le fils qu’il avait eu d’une de ses femmes babyloniennes, Shamashshoumoukîn? Ils complotèrent en faveur d’un autre de ses fils dont la mère était ninivite, Assourbanahal, et leur conspiration découverte coûta la vie à plu-

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