Maspero, les Empires, p
expulsa les garnisons assyriennes, il réduisit Pakrourou et les princes du Delta, il rétablit l’unité du royaume des Pharaons d’Éléphantine à la Méditerranée. Le détail de ces événements est ignoré de nous. Nous savons seulement qu’il dut ses succès à des bandes de mercenaires venues d’Asie, et que les Assyriens crurent qu’elles lui avaient été fournies par Gygès1 : ils virent même le châtiment d’Assour pour cette infraction aux relations nouées antérieurement dans le désastre qui frappa la Lydie du fait des Cimmériens vers 645. Pour le moment, Assourbanabal, négligeant ces portions excentriques de sa sphère d’influence, ne songea qu’à punir les peuples qui s’étaient associés directement au crime de Babylone. 11 en finit promptement avec les Arabes * il prit leurs chefs Yaouta et Amouladdin de Kédar, et il des remplaça par des chéikhs à sa dévotion, puis il se tourna contre l’Élam. Indabigash, bien que secrètement favorable à Shamashshoumoukîn, avait dû, nous le savons, se tenir sur la réserve : il craignait, en s’aventurant au secours de son allié, de s’exposer à quelque révolte des princes de sa famille. Après la chute de Babylone, il donna asile à plusieurs chefs chaldéens, et entre autres à Naboubelzikri, petit-fils de Mérodachbaladan, et, comme son grand-père, roi de -Bît-Iâkin. Assourbanabal en tira prétexte pour provoquer les hostilités. Il réclama les fugitifs : « Si tu ne « me rends pas ces hommes, j’irai, je détruirai tes cités, « j’emmèneraije peuple de Shoushan, de Madaktou et de « Khaïdalou, je te jetterai à bas de ton trône et j’v assiérai « un autre en ta place ; comme jadis j’écrasai Tioummân, « je t’anéantirai. » Indabigash refusa de livrer ses hôtes; des négociations s’engagèrent, pendant lesquelles un général susien, Khoumbankhaldash, assassina son maître et saisit le diadème. Assourbanabal profita de ces dissensions. « Bit- Imbi 1' ancienne est la capitale des places fortes du pays d’Élam, elle en divise la frontière comme une muraille. Sennachérib, roi d’Assour, le père du père qui m’a engendré, l’avait prise ; mais les Élamites avaient construit devant Bît-Imbi l’ancienne une autre ville, ils l’avaient fortifiée, ils
i. Voir plus haut, p. 539, de cette Histoire.
LES SARGONIDES.
avaient élevé ses remparts et l’avaient nommée Bît-Imbi. Je la forçai an cours de mon expédition, j’en détruisis les habitants qui n’étaient pas venus solliciter l’alliance de ma royauté, je leur coupai la tête, je leur arrachai les lèvres, et pour les montrer aux habitants de mon empire, je les envovaiaupays d’Assour. » Khoumbankhaldash quitta Madaktou et s’enfuit dans les montagnes. Tammaritou qui avait suivi Assourbanabal, fut restauré sur le trône comme vassal de l’Assyrie. Mais bientôt, las du rôle odieux qu’il jouait, il complota de massacrer les garnisons assyriennes: il fut trahi et livré au vainqueur 4.
Cette diversion permit à Khoumbankhaldash de respirer ; il rentra dans Madaktou et il s’empara même de Bît-Imbi. Ce ne fut qu’un succès passager. Au printemps de l’année suivante, Assourbanabal descendit en Élam, emporta l’une après l'autre toutes les lignes de défense établies en avant de Suse, et enleva la ville même. « Par la volonté d’Assour et d’Ishtar, j’entrai dans ses palais et je m’y reposai avec orgueil. J’ouvris leurs trésors, je pris l’or et l’argent., leurs richesses, tous ces biens que le premier roi d’Elam et les rois qui l’avaient suivi avaient réunis et sur lesquels aucun ennemi encore n’avait étendu la main, je m’en emparai comme d’un butin... J’enlevai Shoushinak, le dieu qui habite dans les forêts, et dont personne n’avait encore vu la divine image, et les dieux Soumoudou, Lagamar, Partikira, Amman-Kashibar, Oudouran, Shapak, dont les rois du pays d’Élam adoraient la divinité, Ragiba, Shoungourshara, Karsha, Kirshamas, Soudounou, Aipakshina, Bilala, Panintimri, Shilagara, Napsha, Nalirtou et Kindakarbou, j’enlevai tous ces dieux et toutes ces déesses avec leurs richesses, leurs trésors, leurs pompeux appareils, leurs prêtres et leurs adorateurs, je transportai tout au pays d’Assour. Trente-deux statues des rois en argent, en or, en bronze et en marbre, provenant des vi,lles de Shoushan, de Madaktou, de Ivhouradi, la statue de Khoumbanigash, le fils de Khoumhadara, la statue d’Ishtarnakhounta, celle de Khalloudoush, la statue de Tammaritou, le dernier roi qui, d’après l'ordre