Maspero, les Empires , p
d’Assour et d’Ishtar, m’avait fait sa soumission, j’envoyai tout au pays d’Àssour. » La statue de Khalloudoush fut l’objet d’outrages indignes: « La bouche qui souriait menaçante, je la mutilai ; ses lèvres qui respiraient le défi, je les arrachai ; ses mains qui avaient tenu l’arc contre l’Assyrie, je les tranchai net. » Le crime de Khalloudoush était d’avoir battu Sennachérib1. «Je brisai les bons ailés et les taureaux qui veillaient à la garde des temples. Je renversai les taureaux ailés fixés aux portes des pal iis du pays d’Élam et qui jusqu’alors n’avaient pas été touchés ; je les ruai bas. J’emmenai en captivité les dieux et les déesses. Leurs forêts sacrées, dans lesquelles personne n’avait encore pénétré, dont les frontières n’avaient pas été franchies, mes soldats les envahirent, admirant leurs retraites, et les livrèrent aux flammes. Les hauts lieux de leurs rois, les anciens et les nouveaux qui n’avaient pas craint Assour et Ishtar, mes seigneurs, et qui étaient opposés aux rois mes pères, je les renversai, je les détruisis, je les brûlai au soleil ; je déportai leurs serviteurs au pays d’Assour, je laissai leurs croyants sans refuge, je desséchai les citernes. » Pendant un mois et vingt-cinq jours toute la région basse de l’Élam fut livrée aux soldats et saccagée sans merci. Ce qui resta de la population au bout de ce temps fut dispersé, « comme des troupeaux de moutons », dans les villes où siégeaient les préfets, les commandants militaires et les gouverneurs de l’Assyrie (640).
Khoumbankhaldash conservait la montagne ; pour obtenir la paix, il offrit au monarque assyrien de lui livrer Naboubelzikri. Plutôt que de venir vivant au pouvoir de l’ennemi, Naboubelzikri se fit tuer par son écuyer (645). Son corps fut remis aux messagers du roi d'Assyrie, qui le décapita et le jeta à la voirie en défendant de lui donner la sépulture. Cette lâcheté ne sauva pas Khoumbankhaldash ; les vainqueurs le poursuivirent jusque dans les solitudes où il s’était retiré et ils le contraignirent à s’abandonner lui-même à leurs mains. Mené à Babvlone, il y rencontra deux de ses compétiteurs, Tammaritou et Pakhé, ainsi que Ouaïtèh, roi d’Arabie. Àssourbanabal se plut à les réunir tous quatre dans un même