Cf. plus haut, p. 453, de cette Histoire
monta au temple, et, avec lui, la population entière, les prêtres, les prophètes, et on lut en leur présence les paroles (lu Livre de l'alliance L
On sait ce que les Orientaux entendent dire lorsqu’ils affirment que tel ou tel livre a été découvert dans le temple d’un dieu : la formule marque simplement que l’auteur, pour prêter plus d’autorité à son œuvre, le place sous la protection divine ou en attribue l’origine à une révélation d’en haut, Les prêtres égyptiens prétendaient avoir reçu de la sorte les chapitres les plus vénérés de leur Livre des Morts et les traités les plus importants de leur littérature scientifique 2. Le rédacteur inconnu du Livre de la loi était allé chercher, bien loi» dans le passé d’Israël, le nom du chef qui passait pour avoir délivré Je peuple, au temps de la captivité d’Égypte ; il supposait que Moïse, déjà maître de Galaad et sentant sa fin approcher, voulut, promulguer les lois et les ordonnances que l’ Éternel lui avait dictées pour les Hébreux. Les idées depuis si longtemps prêchées par les prophètes sont exprimées dans une langue large et pleine de mouvement. Dès le début., l’unité de Dieu est proclamée bien haut ; « Moi, Jahvéh, je suis ton dieu, qui t’a délivré du pays « d’Égypte, de ce lieu de servitude : tu n’auras point d’autre « dieu .en face de moi. — Tu ne te fabriqueras point d’idole, « ni aucune figure de choses qui sont au ciel en haut, ou « sur la terre en bas, ou dans les eaux plus bas que la « terre; tu ne te prosterneras pas devant elles ni ne les « adoreras. Car moi, Jahvéh, ton dieu, je suis un dieu « jaloux, punissant la faute des pères sur les fils, sur la « troisième et la quatrième'génération de mes ennemis, et « accordant rua grâce à la millième génération de ceux qui a m’aiment et gardent mes commandements 3. » C’est à ce Dieu seul qu’il faut rendre un culte. Les sanctuaires consacrés aux dieux des nations doivent être renversés impitoyablement, et « s’il se présente un prophète ou quelqu’un qui « aurait un songe, si votre frère, le fils de votre mère ou « votre fils ou votre fille ou la femme de votre sein, ou votre « ami intime voulait vous séduire secrètement en vous di-
1. U Rois , xxii-xxni. — 2. Cf. p, 54 et 79-80. — 5* Deutéronome, v,6-10.
LES DÉBUTS DE LA MEDIE. Md
« sant . « Allons servir d’autres' dieux ! » vous n’aurez pas « pitié de lui, ni ne l’épargnerez, ni ne le cacherez, au con- « traire, vous devrez le livrer à la mort1. » El ce Jahvéh n’est pas le Jahvéh d’une place spéciale, le Jahvéh de Béthel ou de Dan, celui de Mizpah, de Geba ni de Beersheba ; il est simplement Jahvéh. Toutefois, l’endroit où son culte lui sera rendu ne lui est pas indifférent : il entend ne le recevoir « qu’au lieu choisi par Jahvéh lui-même pour y établir son 4 nom », c’est-à-dire, et bien que le nom ne soit pas prononcé, à Jérusalem. Une partie des règlements détermine la condition des divers membres de la communauté juive les uns par rapport aux autres. Le roi se rapprochera autant que possible du prêtre idéal : il n’exaltera pas son cœur au-dessus de ses frères, et il ne placera pas la grandeur dans la possession de chariots, de chevaux et de femmes, mais il méditera la Loi de Dieu et il la lira chaque jour. A la guerre, il ne se confiera pas en ses soldats ou en sa bravoure, mais en l’aide de Jahvéh ; il consultera toujours et partout le prêtre intermédiaire entre les armées terrestres et le Dieu des armées. La loi met d’ailleurs les pauvres, les veuves, les esclaves sous la protection divine : tout Juif devenu la propriété d un compatriote sera libéré au bout de la sixième année, et recevra de son maître un petit pécule qui lui permettra de vivre pendant quelque temps. Joignez à cela des prescriptions destinées à procurer la bonne administration de la justice, à prévenir les rixes et les vengeances privées ; ce sont moins des lois proprement dites que des exhortations à remplir les devoirs de l’honnête homme.
Les ordonnances relatives au culte ne sont pas conçues d’après cet esprit minutieux et traça ssier qui devint plus tard comme la marque de la législation hébraïque. Sans doute on insiste sur la nécessité de concentrer le culte dans un temple unique, mais on ne fait pas de ce temple une sorte de vaste abattoir géré par une caste privilégiée. Les grandes fêtes ne sont qu’au nombre de trois : la plus importante, la Pâque, se célébrait en Abib, au mois des épis, et 1 on s était habitué à Ja considérer comme une commémoration de la