Néhémie , I
CWAT'TTTÆ XV
qu ante-deux jours 1 . S-on séjour dura douze années, durant lesquelles il rendit d’autant plus dé services aux siens que ses fonctions intimes auprès du roi et son titre de gouverneur lui prêtaient une autorité Considérable. Vers 572, il retourna à Babylone, et il continua ses bons offices envers son peuplé, à la cour du souverain.
Toutefois son rôle avait été surtout un rôle politique : la réforme religieuse restait encore à accomplir. Or, il y avait alors à Babylone un certain Esdras, fils de Séraiah, habile docteur, « qui s’était attaché à étudier la foi de l’ Éternel, â la pratiquer, à en enseigner les statuts et les règles* ». Sa réputation comme savant et comme sujet loyal était si bien établie parmi ses compatriotes et parmi les Perses, que le roi lui accorda sans difficulté l’autorisation « d’aller ins- « pecter Juda et Jérusalem, d’après la loi dé son dieu, qu'il « avait en main », puis « d’établir des magistrats et des « juges pour rendre la justice aux gens d’au delà l’Euphrate « et à tous ceux qui connaissaient la loi de son Bien », Juifs on prosélytes5. Trois des clans demeurés jusqu’alors à Babylone, quatorze cent quatre-vingt seize individus de moindre rang, trente-huit lévites et deux cent vingt serviteurs dti temple consentirent à raccompagner. L’exode, commencé par un jeûne solennel, dura quatre mois4. Arrivés au terme dù voyage, et lés sacrifices d’action de grâce accomplis, les émigrants apprirent avec douleur qu 'Israël, « y com- « pris les prêtres et les lévites, ne se tenait pas à l’écart des « autres habitants du pays. Ils avaient pris de leurs filles « pour eux *et pour leurs enfants, et avaient mêlé ainsi la « race sainte et les païens : même les chefs et les magis- « trats avaient été des premiers à donner f exemple de ce « crime. » A ces tristes nouvelles, Esdras déchira ses vêtements et s’arracha la barbe et les cheveux, puis il resta assis dans une profonde stupeur, tandis que les fidèles s’assemblaient auprès de lui. Le soir seulement, au moment de l’offrande, il rompit le silence, et, tombant à genoux, les mains levées vers l’Éternel, il confessa les fautes du peuple :
1. Nékémie, II- Vt. — 2. Esdras, VII, 5-10. — 5. Esdras , Vit, 11-29. — 4. Esd*-q$, VIII, 1-35.
LE MONDE ORIENTAL
« Mon Dieu, je suis dans la confusion et, j’ai .honte de lever la face vers toi, ô mon Dieu! car nos péchés sont nombreux au point de dépasser nos têtes, et nos fautes ont grandi jusqu’à toucher ie ciel Après tout ce qui nous est arrivé
par suite de nos méfaits et de notre grande iniquité, quand loi, ô notre Dieu, tu nous as remis une part de nos fautes, ét nous a accordés ce reste que voici, en viendrons-nous de nouveau à enfreindre tes commandements et à nous ailier à ces peuples abominables? Certes, tu t irriterais contre nous au point de nous achever, sans laisser échapper ni survivre personne. Éternel. Dieu d’Israël, tu es juste, car il ne reste plus aujourd’hui de nous qu’un petit nombre; nous voilà toujours en face de toi comme des coupables : nul zie saurait subsister devant toi pour cette raison1. »
Son émotion gagna les assistants, et l’un d’eux, Shékaniah, dis de Jékhiel, avouant le péché commun, lui demanda s il n’y avait pas encore une espérance pour Israël. « Faisons maintenant un pacte avec notre Dieu, à 1 effet de renvoyer toutes ces femmes et leurs enfants, d’après le conseil de notre seigneur et de ceux qui respectent le commandement de Dieu : qu’il soit fait selon la loi. Allons, e est ton affaire; nous serons avec toi. Courage et agis. » Esdras se héla d . accepter cette proposition qui lui allégeait singulièrement la tâche : il prit le serment des prêtres et des cheikhs présents, puis il se retira dans l’une des chambres du temple et il v passa la nuit sans manger ni boire, .« parce qu il était m deuil du crime des exilés2 ». Peu après, le 17 du vingtième mois, il convoqua le ban et 1 arrière-ban de -Ju.ua, dans les trois jours, sous peine de confiscation des biens et d’exclusion de la communauté pour quiconque n obéirait pas à l’appeL Qu êtait en décembre, et le motif de la convocation était secret au plus grand nombre ; le peuple, assemblé sur la place du temple, grelottait sous la pluie, incertain de ce qui allait advenir. Esdras se leva, dénonça véhémentement la faute : a Et maintenant, faites-en votre confession à l’Éternel, le Dieu de vos pères, et agissez conformément à sa volonté : séparez-vous des peuples de ce pays et des