PFX’PLES ORIENTAUX. — PHÉNICIENS
par les postes ennemis, les habitants ne pussent se procurer qu’avec peine et avec parcimonie de l’eau potable qu’ils puisaient dans les citernes et dans les puits qu’ils avaient creuses. Bientôt la flotte marchande de Tyr domina de nouveau la mer. Le babylonien Nébucadnetsar lui-même qui assujettit le continent phénicien et transporta les habitants de l’ancienne Tyr, comme les Juifs, dans l’intérieur de son royaume, ne put vaincre le courage des insulaires. En vain il fit élever au rivage des engins de guerre contre l’île de rochers, avec tant de peine que « toute tête en était devenue chauve et toute épaule broyée, » (Ezéch. XXIX, 18) l’île résista pendant treize années et ne se rendit alors que conventionnellement; le Chaldéen ni son armée « n’eurent point de salaire à cause de Tyr, pour le service qu’ils avaient fait contre elle. » Mais ces coups répétés semblent avoir brisé son énergie; car lorsque, peu de temps après, les Perses soumirent les pays de l’Asie antérieure, Tyr perdit aussi sa liberté et son indépendance. La Phénicie devint une province do la Perse. Les familles nobles et les anciennes maisons de commerce émigrèrent pour la plupart vers la florissante Carthage et y portèrent leur intelligence, leurs capitaux et leurs traditions. Comme la première puissance maritime et commerciale, la Phénicie, même sous la domination des Perses, fut pourtant dans une meilleure situation que les autres provinces de l’empire asiatique. Le commerce et la navigation continuèrent è fleurir; l’industrie et l’activité privée éloignèrent la mollesse et le paupé-
risme, qui précipitèrent la ruine des autres États de l’antiquité. Dans la « triple ville » (Tripolis) une diète composée des trois communes de Sidon, Tyr et Aradus, réglait les affaires commerciales et les affaires civiles. Mais au milieu du iv° siècle avant J.-C., l’oppression du gouverneur étranger provoqua un soulèvement, à la tête duquel se trouvait Sidon; il échoua. Sidon tomba au pouvoir du roi de Perse Oclius, et lorsque celui-ci donna l’ordre de mettre à mort les plus nobles citoyens, les habitants incendièrent eux-mêmes leur ville et se consumèrent avec leurs trésors. Tyr vécut un peu plus longtemps. Mais lorsqu’AIexandre eut envahi la 'Perse et que Tyr, se rappelant son ancienne grandeur, eut osé résister au vainqueur, elle fut conquise et détruite „ après un siège de sept mois. Elle ne se releva jamais ; son commerce et sa puissance maritime passèrent à Alexandrie.