LE TEMPS DES PATRIARCHES
§ 32. Tandis que le monde entier reconnaissait et adorait la divinité invisible dans les forces et les phénomènes de la nature et du ciel, un peuple pasteur d’origine sémitique gardait, en Mésopotamie, la croyance en un Dieu, créateur et conservateur de l’univers, placé au dessus des vicissitudes de la vie physique. Abram (2000) (Abraham), dit la tradition, l’une des souches de ce peuple nomade, quitta, sur l’injonction de Jéhovah, les pâturages de sa patrie, avec ses troupeaux, ses serviteurs et ses servantes, et Lot, fils de son frère, et s’établit dans le pays de Chanaan (Palestine), où ils continuèrent h se livrer à la vie pastorale et furent appelés, par les habitants, les étrangers venus de delà (Hébreux). Isaac, que Sarak enfanta dans un âge avancé à Abraham, perpétua sa lignée, tandis qu ’Jsmaël, fils d’Abraham et de sa con-
cubine Agar, se retira dans le désert; il est considéré comme la tige des Arabes. Isaac épousa Rébecca, l’une de ses parentes, qui lui donna deux fils, Esau et Jacoii. Esaü devint un habile chasseur, tandis que Jacob se tint dans les tente's et choisit la vie pastorale. Par l’artifice de sa mère, Jacob, le plus jeune fils, fut déclaré le chef de la famille, contre l’usage suivi jusqu’alors; mais il ne put entrer en possession de son héritage qu’après avoir servi longtemps chez son oncle Laban. Pour prix de sa fidélité et de sa persévérance, il obtint les deux filles de Laban, Léa et Rachel et de grandes richesses en troupeaux. Il propagea la famille, tandis qu’Esaü, qui s’allia avec des filles du pays, devint le père des Edomites. Jacob eut douze fils; mais comme il montrait une préférence pour JosErii (1800) , qu’il avait eu de sa bienaimée Rachel, les autres, remplis d’envie, conçurent le projet criminel de se délivrer de leur frère, et le vendirent à une caravane avec laquelle il partit pour l’Égypte. Là, Joseph résista aux séductions du péché et s’attacha fermement à la vertu; Dieu l’en récompensa^cn lui accordant le bonheur et la sagesse. Par son habileté à interpréter les songes, il gagua la faveur du roi d’Égypte et acquit de grands honneurs et de hautes dignités. Il se servit de cette situation à l’avantage du peuple en sauvant le pays de la disette, aussi bien qu’à l’élévation du pouvoir royal en attribuant toutes les terres au Pharaon, en sorte que le peuple, depuis lors, cultiva les champs en emphytéose moyennant une redevance du cinquième du revenu. Joseph acquit par là une considération telle