‹ Histoire ancienne les peuples orientaux Georges WeberChapitre 13 sur 16 · I4G HISTOIRE ANCIENNE · texte numérisé non relu

I4G HISTOIRE ANCIENNE

laire que son père avait perdue par sa sévérité, tandis que lui-même la gagnait par d’aimables prévenances, le jeune homme chercha à s’emparer de la couronne. David perdit la capitale et se sauva au dessus du Jourdain. Mais la fortune ne tarda pas à sourire de nouveau au roi prudent. Absalon trouva la mort dans la fuite; il resta suspendu par ses longs cheveux aux branches d’un térébinthe. A son lit de mort, David transmit la couronne à Salomon, le fils qu’il avait eu de Bathsebath traîtreusement enlevée à Uric, et lui recommanda de ne point laisser ses ennemis impunis. Salomon (vers 1000), le sage, qui arriva au trône en passant sur le cadavre d’Adonija, son frère aîné, acheva l’œuvre de son père. Il se distingua dans les arts de la paix autant que David s’était distingué dans l’art de la guerre. Il orna la capitale d’édifices somptueux et fit construire sur le mont Moriah , par des artistes et des artisans tyriens, le magnifique temple entouré d’un grand nombre d’habitations de prêtres et d’autels, qui fut l’objet de l’admiration universelle à cause de la richesse de scs dorures, de ses sculptures et de son ornementation. En même temps, les familles des prêtres furent soumises à une nouvelle classification. Mais Salomon s’écarta en beaucoup d’occasions des lois de Moïse. Il s’associa aux voyages des Phéniciens à Ophir et amassa de grands trésors qui augmentèrent son penchant pour le faste, le luxe et la volupté; il fit venir des chevaux d’Égypte et organisa une armée permanente avec des chariots de guerre et de la cavalerie; il fit construire de

PEUPLES ORIENTAUX. — HÉDREUX. 147

riches palais et s’entoura d’un splendide état de cour; il eut un grand nombre de femmes étrangères « qui firent détourner son cœur après d’autres dieux; » il partagea leur idolâtrie et se mêla à leurs sacrifices. Ainsi, sa haute raison et sa sagesse « plus grande que celle de tous les fils de l’Orient et que toute la sagesse de l’Égypte, » ne le préservèrent point de la folie. Le sage jugement que Salomon prononça entre deux femmes qui se disputaient la possession d’un enfant, son habileté à proposer des questions embarrassantes et à les résoudre, survécurent longtemps dans les récits populaires. Il passa pour le représentant de l’âge d’or du royaume d’Israël, dont tout l’éclat fut répandu sur sa tête. Tout ce que produisirent le corps des prêtres et celui des chanteurs, tout ce que le peuple édifia de noble et de durable , fut considéré comme l’œuvre de Salomon et honoré de son nom, comme par exemple les « Proverbes, » le « Cantique des cantiques, » le poème didactique de « l’Ecclésiaste. » Les récits de la sagesse, de la richesse et de la magnificence surhumaines du roi de Juda, fondateur de Tadmor, furent tellement grossis par les générations postérieures, que Suleiman leur apparut comme un puissant magicien, confine un dominateur des esprits et des démons, comme un souverain des forces occultes de la nature; il s’est conservé jusqu’à nos jours sous cette forme dans les récits et les contes orientaux et il a pénétré tout le domaine de la poésie au milieu des vicissitudes politiques et religieuses. Mais le règne brillant de Salomon a aussi

son côté ténébreux : de l’état patriarcal était sortie une monarchie despotique, avec les impôts et les corvées qui pesaient lourdement sur le peuple ; à l’autorité personnelle des anciens et des chefs de tribus, dont on recherchait autrefois le jugement, s’était substituée la violence des employés royaux qui interprétaient la loi selon leurs caprices et levaient des tributs sur la propriété franche jusque-là. C’est pourquoi, sous le règne de Salomon déjà, Jéroboam excita une sédition qui fut comprimée, à la vérité, et dont l’instigateur fut obligé de s’enfuir en Égypte. Mais quand Roboam, fils de Salomon, marcha sur les traces de son père, et, poussé par les jeunes gens « qui avaient grandi avec lui » rejeta les demandes du peuple qui sollicitait un adoucissement de la charge des impôts, dix tribus se séparèrent de lui et choisirent pour roi Jéroboam de la tribu d’Éphraïm. Juda et Benjamin restèrent seuls fidèles à la maison de David.-

Page 1