‹ Histoire ancienneChapitre 100 sur 116 · DRAGON · texte numérisé non relu

DRAGON

(An dii monde 3381. — A^ant Jésus-Christ ei3.).

Las de celte anaK6)iie, le peuple choisit pour, législateur l'homme qu'il croyait le plus éclairé, le plus vertueux et le plus sévère; il s'appelait Dracou, et se trouvait alors au nombre des archontes. Ce magistrat fit un code de morale et de lois pénales.

Sans toucher à la forme du gouvernement, il prescrivit aux hommes leurs devoirs à toutes les époques de leur vie, il régla lenr nourriture, leur éducation; il espérait faire de bons citoyens, et ne fit que des mécontents. La sévérité de ses principes révolta les passions, et il se vit obligé de s'exiler dans l'île d'Égine, où il mourut.

La dureté dÔ^ son caractère était peinte dans ses lois. Ne connaissant point de nuances entre les fautes, toute déviation de la vertu lui semblait un crime; il punissait de mort le moindre délit ; l'oisiveté même attirait cette peine. - '

Après son départ, la confusion augmenta. Un des ftîncipaux citoyens, nommé Cylon, appuyé d'un grand nom-

il4f HISTOIKK BE LA GBiCE. [Av. l.-C. 62W»lw]

bre de partisans, voulut s'emparer derautorité. Le peuple rassiégea dans Ja citadelle : Cylon, voyant que sa rési* stance était iriutilç , évita la mort par la fuite.

Sè5 amis se réfugièrent dans le temple de Minerve î il* en furent arrachés, et on les massacra. Cette cruauté impie eisùitSi rin<]|||nation générale, qui fut suivie d'une grande constematioa, parce qu'on apprit en même temps que letf Mégariens s^étaient emparés de la viUe de Nisée et de Salamine.

Une maladie contagieuse se répandit dans Athènes. La superstition augmenta la crainte et troubla les esprits; partout on crut voir des spectres ; on disait que Minerve voulait venger la profanation de ses autels.

Les prêtres, les devins profitaient de ces désordres; î Tambiguïté des oracles répandait et augmentait la terreur; tous les vœux se tournèrent alors vers Épiménide, qui était en Crète^ et qu'on regardait généralement comme un homme favorisé des dieux.

On vantait partout son habileté pour lire dans Tavenir et pour expliquer les songes, les pressentiments et les oracles. La sévérité de ses mœurs le faisait respecter; son éloquence était persuasive. Les Cretois prétendaient qu'il avait dormi pendant quarante ans dans une caverne, et qu'après son réveil, exilé comme un imposteur, il eut besoin d'accumuler les preuves les plus frappantes de la vérité dé son récit pour parvenir à sç faire reconnaltre-

Ce qu'on doit croire de cette fable, c'est qu'Épiménidp vécut longtemps solitaire, et que l'étude, la méditation, jointes à une imagination vive, lui dopnèrentiles moyens de connaître et de dominer les hommes.

Ce qui est certain, c'est que sa sagesse, sa piété étaient si révérées, que les peuples imploraient son secours dans les calamités publiques, et s'adressaient à lui pour purifier leurs villes et pour eipier leurs crimes.

Amènes l'appela et le reçut avec transport. Il purifia les temples, immola des victimes, dressa de nouveaux autels.

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composa des <5antîques, régla le? cérémonies religieuses, calma les imaginations troublées^ et^ par une piété doùce^ ramena pour quelque temps le peuple à des principes d^ordrcf et de vertu.

Le respect qu'il inspirait commanda Tobéissance : tant qu*il resta dans la villê> la paix y régna. Il partit emportant Famour du peuple, qui voulut le combler de présents. Il lé» refusa, et ne demanda pour lui qu'une branche de Folivier consacré à Minerve, et pour Gnosse, sa patrie, Vamitié des Athéniens.

Après son départ, la fureur des factions se réveilla; Qt, Gonune il arrive lorsque les désordres populaires sont api comble^ on sentit qu'un pouvoir unique devenait le seul remède aux maux de l'État.

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