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SOLON

( JU du «MDde 3413. *- Ataat 3é0OB>ChHit 5920

Solon, de la race des rois, attira' tous l^s regards ; on le choisît pour légisfateui- et pour premier magistrat ; le peuple voulait même le faire roi : mais le précipice qui entourait iè trône Teffrayâ ; il accepta le gouvernement de la république et i:efusa le sceptre.

Solon avait beaucoup voyagé. Dans ces temps on trouvait en Grèce, en. Asie, en Afrique, plusieurs hommes éclairés et vertueux, qui recueillaient les vérités reconnues en morale et eh politique, et les réduisaient en maximes courtes et claires, qui frappaient les esprits et se gravaient dans la mémoire : ils avaiéiit mérité le beau titre de sages. On admirait la profondeur et la conci-^^ sion de leurs questions et de leurs réponses. Liés entre eux par une amitié que ne troublait point la jalousie, ils se réunissaient quelquefois pour s'éclairer réciproquement.

Lés plus célèbres de ces sages étaient alors Tlialès de Mîlet, Pittacus de Mitylène, Biasde Priène, Qéobule de

416 HISTOIRE 1)£ LÀ GBÈGS. [Av. !.-€. 5»f-56iJ

linde^ dans l'Ile de Rhodes, Myson et CbiloQ de .I^icédé-' mone, le Scythe Anacharsis et Sôlon d'Athènes.

Solon joignait à ses connaissances ^n philosophie et en politique le talent de la poésie. Il avait. fait des hymnes pour les dieux; on admirait deux.pôêmes qn'il avait corn-? posés, l'un sur les révolutions du globe, l'autrei sur une ancienne guerre des Grecs contre les habitants d'une île. atlantique, située au delà des colonne^. d'Hercule, et que les flots avaient çhgloutie.

Les lumières dess^iges, l'étude des lois d'Egypte avaient mûri son imagination; et, s'il n'avait pas cette austérité de mœurs qu'on attend d'un honime appelé pour réformer une nation, on trouvait en lui la justice qui inspire la confiance, lé talent qui persua^e,.lasciencequi éôlaire, et une douceur de caractère propre à concilier les intérêts et à calmer les passions.

Sa douceur n'était pas sans courage, et le commencement de son âdmiiiistratfon fut marqué par un acte de vigueur^ Les Athéniens, craignant, dans l'état de confii- , ôion où ils se trouvaient, qu'une guerre entreprise imprudemment ne consomtpât leur ruine, avaient défendu, sous des peines sévères, à leurs orateurs de parler de la perte de Salamine. Solon brava le défense, proposa au peuple de réparer ce honteux échec, le détermina à reprendre cette lie, et eu fit la conquête.

Plutarque dit que c« fut par ruse qu'il s'en empara. Apprenant que les Mé^ariens voulaient enlever les jeimeiJ filles grecques qui dansaient sur le rivage de^l'ile, il fit" prendre à de jeunes Athéniens des habits de femme. Ils cachèrent des armes' sous leurs robes, attaquèrent les» Mégariens, les tuèrent presque tous, et se rendirent maîtres de Salamine. * .

Le plus grand. malheur de l'État était alors la guerre des pauvres contre les riches : les premiers demandaient hautement l'abolition des dettes et un nouveau partage des terres; les seconds s'y opposaient avec opiniâtreté.

[5M-561 ay. J.-C.] 8BG0ND AGE, 417

Solon refusa le partage dés propriétés ; mais il abolit les dettes et rendit la liberté aux citoyens que leurst^réanciers retenaient en prison. - >' *

Le mécontentement fut d'abord extrême dans les deux partis; mais- bientôt les. propriétaires, se voyant à l'abri des tumultes qiii troublaient leurs possessions ) et les pauvres se sentant affranchis de toute crainte de servitude» $e livrèrent tranquill»îiûei\t à des travaux qui* firent reual- *tre rindustrie et le commerce : la confiance se rétablit; les éloges succédèrent aux plaintes, et le peuple revêtit Solon d'une autorité absolue. - -

llcoirigea les lois de Dracon, conserva celle qui punissait rhomicide, et adoucit les autres.

Solon disait lui-même qu'il ne pouvait pas faire de lois parfaites, mais qu'il devait seulement donner aux Athéniens la meilleure législation dont ce peuple fût susceptible • La majorité des habitants d^thènes voulait la démocratie ; le législateur conserva cette forme de gouvernement, et se contenta de remédier autant que possible à ses inconvénients.

Il établit donc que la puissance, souveraine existerait dans l'assemblée du peuple, qui devait statuer^ur la pai^, Sur la guerre, sur les lois et sur tous les grands intérètè du pays.

Tout citoyen avait le droit d'assister à cette assemblée.; mais, après avoir fait cette concesjsion à Teâprit populaire, voulant prévenir les écarts d'^ine multitude ignoi^anle, éclairer sa volonté et diriger ses décisions, il forma un sénat de quatre cents personnes qui devaient examiner et discuter toutes les propositions avant qu'elles fussent soumises au peuple. 11 exigea de plus qu'aucun orateur ne pût se mêler dés affaires publiques^ sans avoir subi un examen de sa conduite et de ses mœurs.

n ordonna que les hommes ègés déplus de. cinquante ans opineraient toujours Jes premiers dan^ les assemblées du peuple.

il 8 HISTOIRE DE LA. (ÎRÊCE. [AV. h-Ci 5M-56i.]

Les riches seiil^ pouvaient être séaateiirs et m^gistrat^, maïs ils étaient élus par le peuple, et lui rendaient compte de leur administration. , .

Toutes les magistratures administratiyes étaient annuelles, les unes éligibles, les autres tirées au sort.

Les juges étaient pris indîflféreniixient dans toutes les classes de citoyens; le sort les nommail.

L'aréopage, composé des homnies les plus vénérés, fut chargé de veiller au maintien des lois et des mœurs; Cette charge était conférée pour la vie* L'aréopage avait le droit'dé censure, et l'exerçait sur les niagistrats comme siu* les ^particuliers. On appelaijt àl'aéropage de toutes les décisions des tribunaux. Cette puissance supérieure devait ramener constamment les autorités aux principes de la constitution, et les particuliers aux règles dé la morale. Lès archontes, en sortant de place, devaient| après un sévère examen, être inscrits au nombre des membres de l'aréopage.

Solon avait remarqué que, dans lesf troubles publics^ xm petit nombre de méchants et de factieux profitaient avec audace, pour dominer, de l'inaction des gens de bien, et de leur amour pour le repos : afin d'éviter cet inconvénient, il décréta des peines graves eontre tout citoyen qui| dans un temps de troubles, ne se déclarerait pas ouvertement pQur un des; partis. Cette loi, longtemps admirée et rarement suivie, forçait la vertu au coiurage.

Une autre loi condamnait à mort tout citoyen qui you^ drait s'emparer de l'autorité souveraine l elle permettait à chacun de tuer un tyran et ses complices, et même tout magistrat qui aurait continué ses fonctions sous ta tyrannie.

Tel était l'esprit de ses lois générales. Celles ^i concernaient les particuliers regardaient le citoyen, dans sa personne, comme portion de TÉtat; dans ses obligations, comme me^mbre d'une faniiUe ^i appartient à TËtatj dans sa conduite, comme faisant partie d'une société dont

les mœurs doivent constituer la force.

[S9l-»ei «T. l.-a] SIGOND A.6I. . M9

Une des maximes de Solon était qu'il n'y aurait point d'injustice dans une ville, si chaque citoyen regardait conuner personnelle à lui toute injure faîte à un autre citoyen ; aussi la loi, voulant protéger les faibles et les pauvres contre les puissant» et les riches, permettait etpreserivatit mêm^ A tout Athénidn d'attaquer et de poursuivre eu justice quiconque aurait insulté un enfant, une femme, un homme Uhre ou même un esclave.

Personne ne pouvait engager sa liberté pour dettes, ni disposer de calie de set en&nts ; le citoyen pouvait cependant vendre sa fiUè ou sa sœur dans le cas où elle se serait déshonorée.

Le suicide était mutilé et flétri* Là loi gardait le silence sur le parricide : Solon le supposait impossible.

Li| calomnie était soumise A des peine» graves : chacun pouvait arrdter un homme en Paceusant de vol; mais, sll ne pouvait pas prouver le crime, il payait une forte amende. Si ce risque effrayait les pauvres, ils pouvaient déneoicer le vol à des arbitres : la cause devenait alors civile, et n'entraînait pas d'amende. Les citoyens étaient partagé^ en quatre classes, réglées par la quotité de leur fortune. Les étrangers n'obtenaient la naturalisation que . sous des conditions difficiles à remplir.

La patrie notant composée que de familles, la loi Veillait A leur conservation. Un chef de maison devait toujours être représenté par un enfant légitime ou adoptif . Dans le cas de décès sans postérité) on obligeait juridiquement un des héritiers à prendre le nom du mort et à perpétuer sa famille.

Le plus proéha parent dhme fille unique avait dnnt de l'épouser.

Solon, pour éviter la concentration dèsl)iens territèriaux, avait limité les acquisitions permises aux parâeuliera : nul ne pouvait vendre ses terres, hors le cas d'une €»lrême nécessité.

Le légidatisiur, voulant qaé la J»miesse soignât la vieil-

490 HISTi^BE DE LA GRÂCE. [Af. J.-G. 9^2-561.]

lesse, permit aux citoyens de disposer par testament d'une partie de leurs biens, pourvu que la force et la liberté de leur raison fussent prouvées. Cette institution, nouvelle alors^ fut applaudie.

Co^ormément àu^ lois égyptiennes, tout particulier fut pbligo de rendre compte à Taréopage de sa fortune et de ses n ssources. L'oisiveté était notée d'infamie. La loi réglait réducatlon des enfants, les études des écoled^et les exercices du gymnase.

On élevait aux. dépens du public les enfants des citoyens morts au champ d'honneur. Les grands services reudûs àTÉtat étaient récompenses^. par des couronnes. Les lâches étaient punis par un jugement qui les déclaredt infâmes.

Tout homme de mauvaises moeurs se voyait exclu des fonctions publiques et des assemblées du peuple.

Le fils devait nourrir son père dans sa vieillesse. L'enfant né d'une courtisane était dispensé de ce devoir.

On piinissait de mort le magistrat qui paraissait ivre en public.

Là législation politic[ue de Solon ne prévint pas les révolutions : les passions du- peuple furent plus fortes que sa raison ; mais ses lois civiles et mminelles, respectées constamment par les Athéniens comme des oracles, furent prises pour modèle par les autres peui^^s : kt plupart des ;Villes grecques les adoptèrent; et Home, tourmentée par Tanarchie, les invoqua comme* im remède salutaire contre les maux qui la déchiraient.

Lés magistrats et le peuple athénien jurèrent d'observer JGfis lois pepdant un siècle; on les inscrivit sur des rouleaux qu'on attachait aux bâtiments publics. Solon, importuné par la Ibule des gens qui s'adressaient à lui pour demander des interprétations ou des modifications de son code, laissa au temps le soin de consolider son ouvrage, et s'absenta pour dix ans, après avoir fait promettre «ux Athéniens de ne rien changer à ses lois jysqu'à son retour.

[565-5te a?. J.-G.] SECOND AGE. 421

n pareoùrut encore TÉgypte^ et voyagea en Crète. II donna sa législation à un canton de cette ile^ et son nom à une ville dont ses règlements assurèrent le bonheur.

A son retour dans Athènes^ il trouva la république déchirée de nouveau par les factions : elles voulaient toutes changer la constitution, et ne pouvaient s'accorder sur ce qu'on devait lui substituer.

Sdon, voulant apaiser ces troubles, se crut d'abord secondé par Pisistrate^ qui était à la tête de la faction la plus populaire; mais il dut bientôt s'apercevoir ^pie cet homme ambitieux ne s'était fait démagogue que pour devenir tyran.

PISISTKATE.

(An 4u monde 3443. ~ kiuiX Jésut-Christ 5^1.)

La multitude est toujours facilement trompée par celui qui là fiatte. Aûcim ambitieux ne fût jamais plus propre à la dominer que Pisistrate : secourable pour les pauvres, affectant un grand aihour pour la démocratie, inrodigue de ses richesses, nul ne parla plus éloquemment de, la liberté en marchant à la tyrannie. Ses amis comptaient sur son zèle; ses ennemis se reposaient sur sa douceur^ et son ambition avait si bien pris les dehors de la.vertu, qu'adoré par son parti, il se faisait respecter par les ailtres.

Lycurgue, à la tête des habitants de la plaine, et Mégaclès, fils d'Aleméon, que lés riches regardaient comme leur chef, augmentaient Tautorité de Pisistrate en la combattant.

Ne pénétrant point ses desseins secrets, ils hii reprochaient son zèle pour l'égalité et pour la liberté, et renforçaient ainsi Tamour que le peuple lui portait.

Cependant Mégaclès-ayait un parti considérable. Son père ayant rendu d'importants services à Crésus, roi de Lydie, et, comblé de biens par ce monarque, était devenu lui-même possesselïr d^ùne fortune immense en épou-^

42Î HISTOIBJi DE LA GRÈCE. [Av. J*-C.. 501-55160

sant Agariste, fiUe du Clysthène, prince dô gfiçyone.

Cette opulence le mettait à portée de s'attacher les principaux citoyens et de solder le» plus corrompus.

Lorsque Pisistrate se fut bien assuré de raffection du peuple en défendant ses droits ccmtre les partisans del'oli*garohie, il se blessa Im-méme et parut sur la place publique^ faisant entendre à la multitude ijue les riches et les grandfl Tavaient ainsi maltraité^ et qu'il était victiine de son xèle pour la liberté.

Le peupla^ indigné, se rassembla; et> sans avoir égaird aiix dédamations de Lycurgue^ au3( menaces de Mégaelôs et aux sages remontranceâ de Selon, on accorda à Pisis» trate une garde de cinquante hommes pour la sûreté de sa personne. Il en accrut bientôt le nombre en y recevant tous ceux qui lui offraient leurs services, et, avec leurs seooursi il se rendit maître de la citadelle.

Tous ses ennemis alors prirent la fuite. Les amia des lois étaient consternés ; ch^un tremblait dans la ville^ excepté Solon'^ qui reprochait hautement aux Athéniens leur lâcheté et au tyran sa perfidie.

Il osait rappeler au peuple sa propre loi qui ordonnait à tous les citoyens d'arracher la vie à celui qui voudrait usurper Tautorité; et, comme on lui demandait ce qui pouvait lui donner une telle audace, il répondit : « Ma vieillesse. »

Pisistrate était trop habile pour répandre 'le sang d'un homme aussi respecté que So^on; il trouvait bien plus avantageux pour lui de le gagner que de le puuir : unis tous deux par les hens du sang, ils l'avaient été davantage par UQ^ amitié longue et si vive^ que les détraetèiirs de Solôn en avaient bl4mé l'excès^ . ' - ' .. ■

L'adroit tyran n'ign<^it pas le0 moyens qui pouvaient aér dùire un vieillard; il ne Tabordait qu'avec respect^ témoignait pour lui la piu« tendre amitié, vantait sans cesse ses lois, les faisait exéeuter, et les observait toutes rigoureuae» ment lui** même, hors celle qui lui refusait le rang suprême.

[SM^te av. I.«G.] SMOND AGE. 4)3

Soloiïy trompé par cette fausse déférence et pins encore sans doute par son amour-propre, crut qu'il pourrait vaincre l'ambition par la sagesse; il se rapprocha de Pisistrate, répondit à sa confiance, entra dans son conseil, et conçut Tespoir d'adoucir une domination qu'il n'avait pu renverser.

Le chagrinque lui donna l'inutilité de ses efiGorts termi* na ses jours ; il ne survécut pas deux ans à la liberté de sa patrie. Solon mourut âgé de quatre-vingts ans, 50us rarcbonte Hégestratus, la seconde année de la cinquanteunième olympiade.

Pisistrate ne jouit pas d'abord tranquillement de son autorité; les regrets excitéy[>ar la mort de Solon avaient réveillé l'amour dé l'indépendance : les partis de Lycurgue et de Mégaclès, réunis^ chassèrent le tyran d'Athènes. Mais les grands suivent plutôt leurs intérêts que leurs opinions : Mégadès, jaloux de Lycurgue, dont le crédit faisait des progrès, promit à Pisistrate de le rétablir sur le trône s'il voulait épouser sa fille. Il y consentit. Leurs partisans, ralliés, chassèrent Lycurgue, et, pour gagner l'esprit du peuple, on aposta une femme d'une grande beauté, qui parut tout à coup au milieu d'Athènes sur un char magnifique, et telle qu'on représente Minerve. Elle annonça hautement que les dieux ramenaient Pisistrate. Le peuple, croyant obéir à la divinité, reçut avec transport le tyran.

Ses fils, Hipparque et Hippias, craignaient que des enfants d'un second lit ne leur enlevassent l'amitié et l'héritage de leur père} ils parvinrent' à lui inspirer une forte aversion pour sa nouvelle épouse. Mégaclès irrité prit le parti de sa fille : il prodigua ses richesses pour gagner les Athéniens, et le3 excita à 1^ révolte. Pisistrate fut obligé de se sauver une seconde fois d'Athènes, et de se retirer dans File d'Ëubée.

Après onze ans d'exil, plusieurs villes maritimes s'étânt déclarées pour lui, il rassembla quelques troupes, surprit la ville d'Athènes> et y rentra en vainqueur.

424 HISTOIRE DE LA. GRJSGE. [Af. J.-C 56i-6S6.1

Dans les premiers moments^ de son triomphe^ il fit périr Mégadès^ Lycurg^e et leurs principaux partisans. Sa justice fit depuis oublier sa cruauté. •

L'adresse, Faudàce et Tartifice lui avaient donné te trône ; la modération le lui* conserva. Tout le peuple obéit aux lois, parce qu'il s'y soumettait lui-même le premier : il n'abusa jamais de son pouvoir ; et, comme le dit RoUin, la douceur de sa domination fit honte à plus d'un souverain légitime.

Actif et populaire, en protégeant l'industrie et l'agriculture, il attira dans les campagnes une foule de pauvres . citoyens qui ne servaient dans la ville qu'à entretenir les factions.

Les temples, les bâtiments publics et les fontaines, dont il enrichit Athènes, occupèrent l'oisiveté d'un peuple indocile.

Il publia une nouvelle édition d'Homère, et fit présent aux Athéniens d'une bibliothèque.

Abordable pour tous les citoyens, il donnait aux uns, prétait aux autres , et offrait l'espérance à tous ; ses jardins, son palais étaient ouverts au pubUc: il sou&ait les reproches, et ne se vengeait pas des injures.

Un jour quelques jeunes gens ivres avaient insuil^jsa femme.Mls vinrent, en larmes, demander un pardon aussi difficile à espérer qu'à accorder : « Vous vous trompez, «leur dit Pisistrate; ma femme ne sortit point hier de « toute la journée. »

Un jeune homme avait voulu enlever sa fille ; sa famille l'excitait à la vengeance: a Si nous haïssons, dit-il, ((<^eux qui nous aiment trop, que ferons-nous à ceux « qui nous haïssent? d Et ce jlîune homme devint son gendre.

Qnelques-aas de ses anciens amis, voulant secouer son joug, s'étaient révoltés et retirés da&s un fort. Il alla les trouver seul, sans gardes et avec son bagage, a Je viens, « leur dit-il» pour que vous me persuadiez de rester avec

[516-508 a?. J.-C*] SBCOOT) AGE. 425^ ;

«vous^ si je ne ptds pas vous déterminer à retenir avec « moi. »

n fallait que l'esprit de la liberté fût bien fortement imprimé dans râ|pe des Athéniens^ pour qu'une si douce servitude ne les fît pas revenir à Tamour de la monarchie.

Son règne fut long et tranquille; il mourut trente-trois ans après son usurpation, dont dix-sept années s'étaient écoulées dans la plus profonde paix, H transmit son pouvoir A ses enfants Hipparque et,Hippias.

HIPPÀRQUE ET HIPPIÀS.

(Au do monde 3418. — Àtant Jésus-Christ 526.)

Les fils deTisistrate, moins habiles que leur père, gouvernèrent cependant avec la même sagesse. Ils aimaient tous deux les lettres : deux poëtes Jameux, Anacréon ^t Simonide,, furent attirés par eux dans Athènes, et en reçurent beaucoup d'honneurs et. de présenta. Comme ils croyaient avec raison qu'on ne peut adoucir les mœurs des. peuples qu'en les éclairant, ils s'occupèrent beaucoup de rinstruction publique, répandirent partout les oeuvres d'Homère, et firent inscrire sur le piédestal des statuéîs de Mercure, placées dans les lieux publics, des maximes qui faisaient connaître à la multitude les pensées des sages et les éléments de la morale.

Leur tyrannie ne ressemblait point à celle des autres usurpateurs du pouvoir suprême : imitant la modestie de . Pisistrate, ils ne prirent point le titre de ^is, se cofttentèrent djêtre les premiers citoyens de la république, et ne portèrltit aucune atteinte aux lois de Solpn. Pisistrate même^ étant accusé d'un meurtre, s'était soumis au jugement dej'aréopage.

Quoiqu'ils se crussent descendus des anciens rois d'Athèiiffs, ils laissèrent aux magistrats leurs prérogatives. Ils levèrent un impôt d'un vingtième sur les terrés ;" mais le produit en fut consacré aux besoins publics plus qu'à leurs

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