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tiçe, il ne put reprendre avec le commandement son ancienne confiance et ses premières illusions. Aux portes de la mort, et respirant à peine , il entendait les magistrats d'Athènes, près de son lit, exhaler leur douleur, rappeler les actes de son administration, et compter ses nombreux trophées: a Mes victoires, dit-il en faisant un dernier c effort, sont l'ouvrage de ma fortune et la gloire de mes a compagnons d'armes : le mérite dont je m'honore le a plus est celui de n'avoir fait prendre le deuil à aucun « 4îitoyen. b
Tant il est vrai qu'à l'heure dernière le prestige des actions éclatantes disparaît: le cœur ne conserve que le souvenir des bienfaits, et la vertu reste seule pour con^ soler la gloire.
Périclès avait gouverné quarante ans le plus inconstant des peuples ; Athènes fut florissante tant qu'il .dirigea ses conseils. On peut le regarder comme un des plus célèbres orateurs, puisque Clcéron, qui leur sert de modèle, dit qu'il donna le goût de la parfaite éloquence. Sa politique sage était plus adroite qifaudacieuse : économe dans son intérieur, fastueux pour l'État, il n'employa les richesses qu'il avait conquises qu'à l'accroissement des forces de la république et a l'embellissement d'Athènes. Il la remplit de nionumenis magnifiques, et elle devint, par ses soins, l'ornement et la merveille du monde.
Lu renommée des grands Hommes s'augmente par la médiocrité de leurs successeurs : l'envia se tait alors , et laisse sentir plus vivement leur perte. Après la mort de Pérîclès, deux citoyens se disputèrent Tautorité, et prirent tour -à tourjes rênes du gouvernement.
L*un était Cléon, homme vain, téméraire et agréable au peuple , parce qu'il parlait à ses passions et les partageait. Il exaltait toujours la puissance d'Athènes et méprisait celle de Lacédémône. La liberté, la justice, étaient toujours sur ses lèvred> l'injustice et la cupidité dans son cœur;
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L'aristocrati%lui opposait Nicias , qui avait commandé les armées avec quelque succès. Ses libéralités captivaient pour un temps la multitude, mais sa raison et ses talent» étaient éclipsés parla timidité de son caractère. Le peuple veut être fortement ému, et le froid langage de Nicias pouvait raremeijt le retenir et le détourner des entreprises ' téméraires* où Cléon Tentraînait par la violence de ses déclamations.
Les sages conseils de Périclès furent oubliés : si on les avait suivis, le Péloponèse, toujours attaqué par la flotte athénienne, se serait vu forcé de reconnaître la supériorité d'Athènes. Mais> ne se bornant plus à une défense légitime, la république révolta ses voisins par son ambition, sacrifia sa sûreté à des projets de conquêtes, et prépara sa niino en voulant porter trop loin se& armes et sa domination; car, en fait de puissance, tout ce qui se divise ot s'étend trop sWaiblit. ;>
L'Attique se vit ravagée une troisième fois : Losbos se révolta; une victoire des Athéniens sur la flotte d43 Mitylène amena une suspension d'armes. On envoya de part et d'autre des députés auxjeus olympique^: les ambassadeurs athéniensn'ymontrèrent que leur injustice, opposant sans pudeur l'intérêt à la raison, et le droit de la force au droit des gens.
Lesbos entra dansTalliance de Sparte. Un grand armement des Athéniens répandit Teffroi dans le Péloponèse. Mitylène fut assiégée : les secours n'arrivèrent point à temps; elle se rendit. On prit mille des principaux citoyens de cette vilte malheureuse, et le peuple athénien, abusant <^de sa victoire, les mit à mort; un décret barbare ordonna même le massacre du reste des habitants : on le révoqua au moment de Texécution, mais la territoire de Lesbos fut pSrtagé entre les citoyens d'Athènes. • Les Lacédémoniens ne montrèrent pas plus de générosité pour leurs ennemis : ils assiégeaient depuis longtemps^ Platée: cette place, dénuée de vivres, ne pouvait plus
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proloi%er sa défense ; une partie de ses habitants chercha son salut dans la fuite, le reste se rendiraux Spartiates ^ qui les firent égorger , emmenèrent leurs femmes en captivité, q\ détruisirent de fond en comble une ville dont le ;iom sacré rappelait la défaite des Perses et la gloire de la Grèce.
Corcyre fut dans ce t^mps le théâtre fie pareilles horreurs. Les magistrats et les plus riches citoyens de cette yi^e ayaient pris le parti de Corinthe! : le peuple , voyant arriver soixante yaisseaux athéniens^^ massacra tdus les partisans de Taristocratie ; nendant un jour entier on se battit, on se tua dans toutes les n^^isoms, et le sang qoula jusqu'an pied des autels.
La cinquième et la sixième année de la guerre furent mait[iajée3 par plusieurs incursions des Spartiates dans TAltique et des Âlhénie];is ds^ns le Péloponèse. Athènes envoya Démos thène avec trepte vaisseaux en ÉtoUe : ^ y fut d^abord battu ; mais, revenant avec dç nouvelles forces, il s'empaïa de Pyle en Messénie.
Les Lacédémoniens Ty attaquèrent par terre et pat* mer. Un co^ps considérable, composé de TéUte des citoyens de Sparte, descendit imprudenament dans la petite île de Sphî^ctérie. Il y fut bloqué par les forces athéniennes, ^.es Lacédémoniens, sans vivres et sans espoir de secours, se virent contraints, pour sauver Télite de Sparte, d'envoyer demander la paix à Athènes : c'était le moment le plus glorieux pour cette répubUque ; elle pouvait consolider sa puissance , et terminer les maux de la Grèce. Nicias voulait qu'on signât la paix : l'impétuosité de Cléon entrava le peuple, et la fit réfuser. . .
Lacédémone, au désespoir, arma toute sa population et"; même les esclaves pour secourir les assiégés. Cléon s& joignit à Démosthène, pt entra dans Sphactérie. Les Spartiates se défendirent avec un courage digne de leiu: nam i mais on est toH^purs^ trahi par ceux qu'on opprime. lies 'Nlesséniens, leurs tribytaii^es, Jô3 prirent à dos^ e^ il4
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furent enfin obligés d'abaisser leurs boucliers et de se rendre. ^ ,
Les Athéniens dressèrent un trophée , et le souillèrejrt. en mas^crant cent yingt-huit des braves guerriers qu'us seyaient vaincus^. Les autres furent conduits à Athènes et gardés en otage.
'Ce fut dans ce temps qu'Artaxerce mourut. Xerxès II lui succéda, et fut bientôt tué par Sçgdien.. Celui-ci se rendit;! par ses vices, Tobjet de la haine de ses sujets : ça regorgea. Ochus, son frère/mohta sur le trône, et prit le liom de,Dârius Nothus. Sous son règne, la P^rse perdit son éclat et son repos : les eunuques gouvernèrent^ les. trpiibles éclatèrent de toutes parts, TÉgypte sç çévolta, et les l^erses en furent chassés.
Dépuis huit ans, la Grèce, déchirée par la guerre intestine, était loin encore 4'en prévoir la fin. Nicîas^ à la tête dés forces athéniennes, s'empara de Cythère, de Thyrée, et mit à mort les ïginètes qui s'y étaient réfugiés. On peut dater dç cette époque le co^unencement de la guerre d^ Sicile.
Les habitants de Léontium avaient envoyé demander dès secours à Athènes contre Syracuse; on leur envoya vingt vaisseaux. Mais les Grecs de Sicile , ^craignant que des alliés si puissants ne devinssent leurs pfiaitres, prévinrent ce danger en faisant la paix.
n s'étaitélevé dans Mégare ui]i,parti en faveur des Att^é* nîens : le peuplé soulevé voulait leur ouvrir ses portes. Brasidas, l'un des meilleurs généraux de Sparte, accéléra sa marche, et aixiya dans Mégare assez promptement pour réprimer. ee^^^^Ôîçtion et en prévenir les suites funestes, n prit e^fe^^>!g&feieurs villes de Thrace, et s'empara d'AmphipoôsK-r^^;
Thuc^N dide , envoyé par Athènes pour la sauver , jirriva trop tard. CL^onlui en fit un crime, et obtint son bannissemei^. ^
' Les AUié^îens^^rouyèreiit ^^W« vm mU^ é^ief^ Les
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généraux JDémostliène et Hippocrate se laissèrent battre près de Délie par les Thébains , qui se rendirent maîtres ^eette place. ,
Les troisannées suivantesfurentmarquéespar des pertes réciproques et des avantages balancés. Cette égalité de position porta les deux républiques à coticlure une trêre d'un an. La paix aurait pu la suivre; mais Torgueil des deux peuples, les prétentions des alliés, et surtout Vanibition de Brasidas et de Cléon firent recommencer la guerre. Cléon marcba avec une armée pour reprendre Ampbipôlis. Brasidas^ qui connaissait son impétuosité, tendit un piège à son imprudence, l'attira dans une^embuscade, le stirprît, tomba sur son aile gauche , le mit en déroute , et luy^^Ei six ceiits hommes. Cléon , obligé de prendre la fuite 5f«it atteint et tué par l'ennemi.
La victoire des Spartiates leur coûta peu d'hommes, mais ils tirent une grande perte : Brasidas périt dans le combat. Sa mémoire fut honqrée par des regrets universels ; on le vantait comme héros devant sa mère : « Oui, dit cette « femme plus citoyenne que mère, mon fils avait du cou- « rage ; miais Sparte a beaucoup de citoyens aussi braves a que lui. »
Les Spartiates donnèrent dans ce temps un afireux exemple de la dureté de leurs mœurs. La population des Ilotes augmentait et leur donnait de l'ombragea ils firent appeler à Sparte les plus braves d'entre eux, sous prétexte de les mettre en liberté^ et les égorgèrept sans pitié.
La mort de Cléon avait placé Nicias à la tête de l'administration : ses talents pour la guerre ne l'empêchaient pas d'aimer la paix. Les conjonctures étaient favorables à ses vues; LacédémoDe voulait rendre la liberté à ses principaux citoyens pris à Sphactérie. La vanité des Athéniens était abattue par la victoire de Brasidas. Dans ceis dispositions on négocia, et Nicias parvint à conclure un traité de paix et d'alUance pour cinquante ans: mais ce calme ne fut que passager; et l'ambition du jeune Alcibiade , troa<>
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blaDt bientôt la tranquillité publique, devint la cause d'une nouvelle guerre et de la ruine de sa patrie.