APRIES OU OPHRA, ROI
( AbAi aMMie 3410. — iTwt Jésus-Chnst 5J4. ]
Âprièsfitla guerre heureusement au commencement de son règne, et parut hériter des talents de son père Psamrais. n se rendit maître de la Phénicie et de la Palestine; mais, enorgueilli par ses Tictoires, U Toulnt opprimer et détruire la cdonie grecque des Cyrénéens qui avaient fait des pn^rès dans la Kihie. L'armée du roi lut taillée en pièces et les Cyrénéens secouèrent son joug. Apriès leur euToyaAmasis, un de ses généraux, pour les ramener dans le devoir; mais ils attirèrent dans leur parti cet officier, qu'ils proclamèrent roî.
Apriès chargea un das grands de sa cour d'arrêter le rebelle^ et, pour le punir de l'impossibilité où il s'était trouvé de remplir sa mission, il lui fit couper le nez et les oreilles.
Cette cruauté révolta le peuple et rarmée contre le roi, qui fut détr6né et forcé de se retirer dans la Haute- Egypte.
Tandis que tous ces événements se passaient sur les rives du Nil, Nabuchodonosor, roi de Babylooe, s'emparait de Tyr, de Jénisalem, et réduisait tous les Juifs en capti* vite. Maître de la Palestine, il profita des divisions intestines de rÉgypte, et la conquit totalement. Il y.fît partout d'horribles ravages, tua un grand nombre d'habitants, et
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niina tellement ce beau royamne, qu'il ne put se rétablir pendant l'espace de quaraate ans. Nabuchodonosor, après avoir achevé sa conquête, confia Tadministrationde ï*Égypte à Amasis, et retourna à Babylone.
Cependant Apriès, qui, dans sa retraite, avait rassem*blé une armée d'Ioniens et d'autres étrangers, marcha contre Amasis, et lui Uvra batmlle près de Menaphis. Mais il fut battu, pris et mené à Sais, où on Tétrangla dans son propre palais.
ÀMASIS, ROI.
( An du monde 3436. — Avant Jésus-Christ 568 . )
Amasis gouverna d'abord TÉgypte comme vice-roi; mais les troubles de l'Orient, pendant les conquêtes de Cyrus, lui donnèrent l'occasion et les moyens de s'emparer de l'autorité souveraine. Ce qui le prouve, c'est que le fils de Cyrus se crut, €omme nous le verrons bientôt, obligé d'employer de nouveau les armes pour reconquérir l'Egypte.
Le règne d'Amasis fut sage et glorieux. Il était célèbre par l'étendue de ses connaissances et par les agréments de son esprit. On cite de lui des traita ingénieux et desxeparties piquantes. Pythagore et Solon vinrent le visiter et consulter la sagesse et les livres des Égyptiens. On croit que Pythagore emprunta d'eux ses idées sur la métempsycose.
Amasis employait toutes ses matinées à recevoir des placets, à donner des audiences, à tenir des conseils. Il laissait aux plaisirs le reste de la journée; et, comme on lui reprochait un jour de porter quelquefois sa gaieté au delà des bornes qui convenaient à son rang, il répondit que l'esprit était comme un arc, et ne pouvait pas toujours être tendu.
Voyant, au commencement de son règne, qu'on méprisait la bassesse de son origine, il voulut avec adresse rappeler les esprits au devoir et à la raison. Il avait une cuvette d'or où lui et ses commensaux se lavaient les pieds;
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il ordonna de U fbtldre et d*ôn faire une statue (^'11 exposa à la vénération publique. Les peuples accoururent en foule rendre hommage à cette notivelle idole. Le roi leur rappela Tusâge au(|uel cette statue avait d'abord servi, ce qui ne les empêchait pas de se proltefner religieusement devant elle. L'application de cet apologue était facile à faire; et tout le' peuple, depuis ce jour, respecta sa personne, soft rang etsofi esprit. Ce fut lui qui obligea tous les particuliers d'inscrire leurs noms chez le magistrat et de se choisir une profession.
Âmasis bâtit plusieurs templea. On admirait, parmi tous ces ouvrages, une chapelle faite d'une seule pierre qui avait vingt-une coudées de longueur, quatorze de Itœgeur et huit de hauteur. Deux mille hommes avaient été employés, pendant trois ans, à la transporter d'Éléphantine à Sais.
11 fotma et entretint des liaisons avec les Grecs, et leur permit d'habiter en Egypte, dans la ville de Naucratîs. Il contribua, pour une forte somme, à la réparation du tenipïe de Delphes. Amasis avait épousé une femme cyrénéenne. 11 contracta une alliance avec Polycratc, tyran de Samos; ses armes conquirent l'île de Chypre, qu*il rendit tributaire. Après un règne de quarànte-quati'e ans, Amasis mourut, et transmit le sceptre â Psammenits, son fils.
pSAMaiBNITS, poi,
( An du monde 8479. — ATant Jéfus-Çhrikt 516. )
Ce prinee ne jouit que six mois de l'héritdge de son père. Cambyse, roi de Perse, fils de Cyrus, entra avec une grande armée dans TÉgypte et la sub|ugua5 une seule bataille renversa le trône égyptien. Cambyse avait envoyé un héraut à Memphis, pour engager le roi à capituler; les Égyptiens massacrèrent le héraut. Cette ofltense fut cruellement punie : le roi de Perse 8*empara de Mèmphls, et livra ia ville et les temples aux flammes. Psammenits^
[Ii884ri6 av« J.-C.] SES ROIS. ^43
ohârgé de fars, fut tfatné dans le faubourg. Là, placé sur an tertre, on fit paraître devant lui sa fille, habillée en esclave, et portant une cruche pleine d'eau ; les flUes des grands du pays l'accompagnaient dans le même costume et déploraient à grands cris leur infortune. Leurs pères désolés fondaient en larmes. Le roi seul, immobile, les yeux fixés vers la terre, rotenait ses sanglots» et semblait maitre de sa douleur. Biei^tôt son fils parut, suivi de deux mille jeunes Égyptiens, portant tous des mors dans la bouche et des licous ; ils marchaient pour être immolés aux mânes du héraut'persan qu'on avait massacré. Jusque-là Psammenits n'avait laissé éclater aucun signe de faiblesse et de désespoir : tout à coup il aperçoit dans la foole un de ses intimes amis couvert des haillons de la misère. Alors le roi jette un grand cri, verse des torrents de larmes, et se frappe comme un furieux. Cambyse lui ayant fait demander comment il paraissait si sensible à un malheur qui lui était étranger, il répondit : « Les ca- « lamités de ma famille sont trop grandes pour donner « le temps de réfléchir, et pour laisser couler des larmes ; « mais la vue d'un ami réduit à la misère me permet de «pleurer. »
Le roi de Perse, le trouvant assez puni, lui fit grâce de la vie ; mais, dans la suite, cet infortuné monarque ayant laissé échapper quelques désirs de vengeance, Cambyse le fit mourir.
Dans le cours de cette funeste révolution, rien ne fut respecté par les Perses. Les rois et les grands furent traités avec indignité ; on foula aux pieds les lois ; on outragea les mœurs, on llvi*a au mépris les objets sacrés du culte populaire; le bœuf Apis fut massacré. Ces cruautés, ce mépris du vainqueur, inspirèrent aux Égyptiens une haine profonde, qui depuis les porta sans cesse à la révolte. Jamais le pouvoir des rois de Perse ne put être tranquillement affermi en Egypte; et jusqu'au règne d-Alexandre, ce malheureux pays devint le théâtre des com-
AA HISTOIRE d'ÉGYPTE [Ay. J.-C. 116-323.]
bats continuels que soutenait) à tout risque, l'amour de rindépendance contre la tyrannie ; tant il est vrai que le projet le plus insensé que puissent former les rois est celiii de gouverner par la crainte, et de croire que la force peut longtemps résister à l'opinion publique.