A HISTOIRE B^ÉGYPTE. [AT. J.-C
Ce monarque avait régné vingt-quatre ans. Il laissa deux fils, Ptolémée-PhilométoretPtolémée-Physcon, et une fille nommée Cléopâtre sous la tutelle de Cléopâtre, leur mère. . La reine Cléopâtre régna sagement et maintint la paix entre son frère Antiochus et son fils Ptolémée ; mais elle ne vécut qu'un an, et le plus jeune de ses fils fut soupçonné d'avoir hâté sa mort. Le peuple furieux voulait l'exterminer; mais le jeune roi, que sa tendresse pour sa mère avait fait surnommer Philométor, le Mit sous sa protection tît lui sauva la vie. *
pans ce temps^ Antiochus-Épiphané monta sur le trône de Syrie. Bientôt il revendiqua la possession de la Palestine comme une partie des terres tombées en partage^ après Ja mort d'Alexandre, à Séleucus-Nicator. Ptolémée , qui était âgé de quinze ans et qui se dirigeait parles conseils de son gouverneur Eulée et par ceux du régent de TÉgypte nommé Léné, opposa aux prétentions de son onde les droits de ses aïeux, une longue possession et Fabandon récent qu'Antiochus le Grand avait fait de ces provinces, en mariant sa fille Cléopâtre au feu roi d'Egypte.
Aucun des deux ne voulut céder ; on se prépara de part et d'autre à la guerre. Cependant le jeune Ptolémée fut couronné, et Apollonius, ambassadeur d'Antîochus, vint en Egypte, moins poiu: assister à cette cérémonie que pour prendre des informations sur les projets et sur les moyens des Égyptiens.
Instruit de leur faiblesse, le roi de Syrie rassembla deux grandes armées de terre et de mer, et marcha rapidement jusqu'à Péluse, après avoir battu les troupes qui voulaient s'opposer à ses progrès ; mais la saison était trop avancée r et comme le bruit d^ilie révolte des Juif^ l'inquiétait, il retourna à Tyr. y
L'année suivante, il reparut avec des forces plus considérables sur les frontières d'Egypte, livra bataille à Ptolémée, le fit prisonnier, et marcha sans obstacle jusqu'à Memphis, dont il s'empara. Alexandrie résistait seule
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à ses armes. Antiochus affectait de prendre soin des intérêts du jeune roi, son neveu, et administrait les atlaires c(»nme son tuteur ; mais une fois naître du pays, il le livra au plus horrible pillage.
Pendant ce temps, le bruit de sa mort se répandit en Palestine. Jason vint à Jérusalem et y excita un soulèvement. Antiochus, apprenant ces nouvelles, sortit d'Egypte, marcha eu Judée, prit Jérusalem, la livra au pillage, et tua quatre-vingt mille hommes. Leshahitantsd'Alèxandrie, profitant de son absence, couronnèrent Ptoléméc-Physcon. Alors Antiochus revint pour la troisième fois en Egypte, et s'approcha d'Alexandrie.
Physcon avait imploré le èecours de Rome. Le sénat envoya des ambassadeurs pour réconcilier le roi de Syrie avec ses neveux. Anliochud^ qui vva'v^nait une diversion dans son propre royaume^ pensa que, sans achever sa conquête par la force, il poavait se l'assurer par la ruse; en conséquence, il S(ï déclara le protecteur de Philométor, et lui rendit toute la paHie de TÉiJiypte qu'il avait conquise.
Par ce traité, le roi d'Egypte lui cédait la Palestine, la Célésyrie et la viHe de Péluse, qui était le clef du reyaumo. Antiochus laissa dans cette Ville une forte garnison^ et se retira en Palestine, persuadé que l'Egypte, déchirée par la guerre civile allumée entre les deux frères, dont l'un régnait à Memphis et l'autre à Alexandrie, s'affaiblirait de plus en plus et ne pourrait lui échapper.
Les ministres des deux Ptolémée pénétrèrent ses projets et les firent échouer. Ils déterminèrent les deux frères à poser les armes, à se réunir et à régner d'accord. Le traite eut lieu.
Dès qu'Antiochus fut informé de cet arrangement, il entra de nouveau eujilgypte, ne dissimulant plus son ambition. Loin de paraître soutenir l'un de ses neveux cçntre l'autre, il avoua hautement le projet de s'emparer
de tant le ybyaumc. Vainqueur dans di^^érent* combats et
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maître de Mcmphiâ, il s'approchait d'Alexandrie, lorsque Popilius Léoa, ambassadeur romain, vint Tarrèter dans sa marche et lui ordonna de renoncer a scm entreprise. Le roi demandait du temps pour faire connaître ses intentions; mais Popilius, traçant un cercle autour de lui, déclara que Rome le regarderait comme son ennemi s'il sortait de ce cercle avant d'avoir promis d'obéir. Cette insolence romaine eut un plein succès : Antiochus, atterré par une telle audace, et voyant déjà les Romains, vainr queurs de Persée et de la Grèce^ prêts à fondre sur liii^ promit de respecter les alliés du sénat, et sortit de l'Egypte , avec son armée. Outré de cet affront, il déchargea sa colère sur les Juifs, auxquels il fit souflWr les j^u» borri- , blés persécutions. j
Les deux rois, délivn :^ piir sa n traite, né vécurent pas . longtemps unis. Physcon^ ambitieux, ingrat et crud, conspira contre son frère ; (*t FUiloniétt^r, obligé de sortir d'A- ^ loxandrie, s'embarqua, et coimit à Rome implorer la , protection du sénat. Il avnvn dim^ cette capitale ss^s suite,^ . sans argent, sans équipages, et logea chez un peinftjfeSi d'Alexandrie. ^^
Le sénat', touché du malheur dans lequel se trouvait un ,j roi son allié, maitre naguère d'un puissant empire, l'ac- l cueillit avec intérêt, le traita magnifiquement, éôouta ses . plaintes, et, par un décret, fit ut\ partage entre les deux ' ^ frères, donnant à Physcon la Cyrénaïque ef laiLibye, et à ^ Philométor TÉgypte, ainsi que tous les États qui en dépendaient.
Physcon se soumit aux ordres de la république : mais, ^ après avoir obéi, il représenta aux Romains qu'il était traité ^. trop inégal(;mcnt, et demanda File de Chypre en indemnité. ^ ^ Le s(Miat avait toujours fondé la grandeur romaine sur la division des rois étrangers ; il ni^ se rendait leur arbitre que pour devenir leur maitre. idoiiforniément' aux principes de cette politique, la demande de Phy^n fut afi^ '^ cueillie, et Ton ajouta Chypre à son partage. 1
Philométor n'obtitpomt àoet<)fdrB du çéoftt, etleaRoffimïB eavoyèrent leurs troapês et celles de leu» alliés dans rUe de Chypre^ sous la conduite de Plxyteon. Mais PhUooiétor l'ettaqua» jie batlit, le fit prisoiinier ; et i par uae fiiénérosité qu'il ne méritait pas, il lui rendit la liberté, ses États de Cyrénaïque et de ]Lil)ye.
Le sénat, frappé du courage et de la magnanimité de Philométor, conclut la paix avec lui et le laissa tranquille possesseur de llle de Chypre,
Depuis cette époque^ et depuis la pait conclue avec Plîyscon, le règne de Philométor fût paisible; mais, quelques années après, apprenant que Démétrius, monté siur le trône de Syrie, avait à soutenir la guerre contre un fils naturel d'Antioehus, nommé Alexandre, Tespoir de recouvrer la Palestine le décida à sec>ourir ce dernier, auquel il donna sa sœur Gléopàtre en mariage»
Alexandre Bala, après avoir battu et tué Démétrius, se rendit maitre de toute la Syrie ; mais ses Vices, ses excès, ses injustices et les crimes de ses ministres le reudirent odieux aux peuples dont les vœux appelaient un libérateur. Uq 'jeune prince, fils du feu roi, nommé comme lui Dtolétrius, dâ)arqua en Gilicie avec des troupes grecques, et reconquit ime partie de ses États.
Ptolémée-Philométor marcha au secours de son gendre : toutes les villes de la Palestine lui ouvrirent leiu*8 portes, etJonathas, prince des Jujfai vinl avec lui à Ptolémaïde. En y arrivant , Philoméflirdécouvrit un complot tramé par Apollonius pour l'assassiner. Alexandre refusa de lui livrer ce perfide. Ptolémée. furieux lui ôta saf fille, qj la donna à Démétrius^ auquel il promit son assistance pour remonter sur le trône de son père.
Les habitants d'Antiochc ouvrirent leurs portes à Pto* lémée. Alexandre, qui était alors en Gilicie, marcha promptement contre lui pour reprendre cette ville. Les dteux armées se liviJèrent bataille: Alexandre la perdit; son armée fut mise en déroute complète, et un prince arabe lui
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trancfta la' tète, qu'il envoya à Ptolémée. Celui-ci ne jouit pas longtemps de sa victoire ; il mourut peu de temps après, d'une blessure qu^il avait reçue dans le combat.
Son règne avait duré trente-cinq ans. Ptolémée-Physcon, son frère , dévint par sa mort le seul maître de TÉgypte.