‹ Histoire ancienneChapitre 21 sur 116 · PTOLÉMÉE-PHYSCON · texte numérisé non relu

PTOLÉMÉE-PHYSCON

(An du momie 3859. — Ayant Jésus-Giirist 14b. }

Qéopâtre, veuyè de Philométor, espérait donner le trône à son fils. Une partie des Égyptiens Tappuyait ; Onias, avec une armée juive, venait à son secours ; Physcon avait aussi un grand parti, Hiermus, ambassadeur romain, apaisa ces différends par sa médiation. Physcon épousa la reine Cléopâtre, sa sœur et sa belle-sœur, et promit d'élever son fils; mais, le jour même des noces, il égorgea ce jeune prince.^Malgrécecrimeetles vices auxquels ce nouvean roi s'abandonnait, les sept premières années de son règne furent heureuses , parce qu'il sut confier l'administràlion du royaume à un ministre habile et vertueux nommé Hiérax.

Ptolémée, voulant s'attribuer le mérite qui appartenait à Hiérax, se nomma lui-même Évergète (bienfaiteur) ; mais les Alexandrins, qui connaissaient son afifreux caractère , le nommaient Cacoergèie (malfaiteur), ettoute l'Egypte , l'appela Physcon, parce qu'il avait un ventre énorme.

Dans ce même temps/ Démétriu^ fit massacrer les gar- . uisens égyptienne* qui l'avaient si bien servi. Privé de leur appui, il fut^étrôné par Tryphon. Pendant son rè- ^e, Simon rendit la Judée indépendante ; et les Parthes, dont le royaume venait d'être fondé par Arsace, firent de grandes conquêtes, sous la conduite de Mithridate, et étendirent leurs limites depuis l'Euphrate jusqu'au Gange.

L'Egypte perdit bientôt la tranquillité 4ont elle jouissait "Physcon, n'étant plus retenu par les conseils de Hiérax, se livra à ses passions et à tous les excès qui rendent la tyrannie odieuse. Il fit mourir tous les partisans

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de son frère, pillant ses sujets pour payer ses débauches, et punissant de mort tout ce qui murmurait contre cette injustice. En peu de temps, Alexandrie devint déserte ; tout ce qui avait quelque vertu ou quelque fortune abandonna cette vïQe malheureuse. L^s savants, les artistes, les hommes de lettres, que la magnificence des Lagides y avait attirés, s'éloignèrent et se dispersèrent dans TAsie, dans la Grèce et dans Tltalie.

Le fameux Scît)ion vint alors en Egypte avec deux autres ambassadeurs, Memmius et Métellus: la présence de ces hommes vertueux mit quelque temps un frein aux folies du roi. Il les reçut avec de grands honneurs, et comme il accompagnait un jour Scipion, cdui-ci lui dit en riant que les Alexandrins lui. avaient une grande .obligation, celle de voir marcher une fois leur roi.

Scipion visita toutes les curiosités de TÉgypte. Il en offrit lui-même de plus grandes et de plus nouvelles aux regards des Égyptiens, sa vertu et sa simplicité.

Après son départ, Physcon reprit avec violence le cours de ses extravagances et de ses cruautés. Ilrépudiasafemme, et épousa la fille de cette reine, appelée aussi Cléopâtre.

Les Égyptiens, fatigués de son joug, se révoltèrent. Physcon, qui entretenait des troupes étrangères, apaisa la sédition; mais, peu ccmtent de ce succès, il fit rassembler dans l'Hippodrome toute la jeunesse d'Alexandrie, et la fit égorger par ses soldats mercenair^es. Le peuple indigné se souleva de nouveau, et courut avec des torches pour le brûler dans son palais. Le tyran se sauva en Chypre avec sa nouvelle épouse, emmenant avec lui son fils Memphitis. Avant de partir, il fit périr un de ses enfants qui gouvernait la Gyrénaïque.

Lorsqu'il eut quitté Alexandrie, le peuple brisa ses statues, et donna le gouvernement de l'Egypte à Cléopâtre, sa première femme. Physcon, la regardant comme Fauteur de la conspiration et de ses malheurs, égorgea le fils qu'il avait eu d'elle, covpa son corps en morceaux et le

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mit dans une caisse ayec la tête entière. 1\ TenVôya eii^ suite à Alexandrie, et ordonna que ce funeste présent fût offert à la reine, au milieu des fêtes que Ton donnait pour célébrer le jour de sa naissance. Ce spectacle d-liorretir porta au comble Tindignation des Égyptiens, et tous s'armèrent pour empêcher ce monstre de revenir à Alexandrie. Mais la fortune abandonna la vertu el favorisa le crime. Physcon, à la tète d'une armée étrangère^ entria en Egypte et battit les troupes de la reine.

Démétrius, roi de Syrie, avait épousé la fille de cette princesse, nommée aussi Cléopâtre, et qui ne fût que trop fameuse par ses cruautés. Ce roi vint au secours de sa belle^mère ; mais une conspiration qui menaçait son trône en Syrie l'obligea d'y retourner. Ptoléniée-Physcon - entra vainqueur dans Alexandrie, et la reine se sauVa en Syrie près 4e son gendre.

Le tyran, pour compléter sa veng^aiice, envoya des secours à un imposteur nommé Alexandre Zébina, fils d'un fripier d'Alexandrie, qui prétendait être le fils d'Alexandre Bala. Cet aventurier déjtrôna Démétrius et s'empara de son royaume. ' "

Livrée sans défense à un monstre, l'Egypte éprouva les plus gandes calamités. Une nuée épouvantable de saute* relies ravagèrent les campagnes, el la putréfaction dB ces irifeectes répandit la peste dans tout le royaume. Physcon, persécuteur de sa femme, assassin de sa famille et bour^ reau de ses sujets, termina paisiblement sa earri^^^ A Alexandrie, à l'âge de soixante-treize ans, après enjilÉ^' 'i régné vingt-neuf. En lisant l'histoire d'un roi si baàÉ^^ *À on sent l'indispensable nécessité de croire à une joâtic^aO étemelle qui punit dans le ciel les crimes triomphantà ti^^ la terre.

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