‹ Histoire ancienneChapitre 23 sur 116 · SM0 AV. J.-C] UC^IBES · texte numérisé non relu

SM0 AV. J.-C] UC^IBES

tyramûser un de ses fils et à persécuter l'autre. Ptolémée- Alexandre, las de son joug, quitta le trône et youlut vivre en simple particulier; mais apprenant que sa mère tramait lin complot contre ses jours^ il la fit assassiner.

Ce crime révolta le peuple, qui chassa le roi et rappela. Lathyre. Dans ce même temps^ Appion mourut, laissant par son testament la Qrrénaïque aux Romains.

Lathyre, remonté sur le trône, ne régna point paisiblement. La Haute-Egypte s'étant révoltée, il y marcha et détruisit la ville de Thèbes. Alexandre, son frère, vint deux fois l'attaquer; mais ce prince détrôné échoua dans la première expédition et périt dàn&la seconde.

Lathyre ne survécut pas longtemps à la ruine de Thèbes. n avait régné ovs^ ans avec sa mère, dix^huit ans en Chypre, et cinq ans seul en Egypte. Il laissa le trône à sa fille Cléopâtre. Son neveu Alexandre, appuyé par Sylla, réclamait la couronne : un mariage termina cette contestation; dix-neuf jours après qu'il eut été célébré , Alexandre tua sa fenune et régna seul.

PTOLÉMÉE-ALEXANDRE

( An du monde 3913 . — Avant Jésus-Ghrist 91. )

Ptolémée-Âleximdre^ moins habile et moins féroce que Physcon, se fit généralement mépriser par ses vices. Il ne sut point apaiser la révdte que les Juifs , habitants de la Cyrénaîque, y excitèrent, et les Romains, qui avaient refusé d'abord cet héritage de Ptôlémée- Appion, s'y établirent.

Sélène, sœur de Lcrthyre et veuve d'Antiochus Grypus, prévoyant qu'Alexandre ne pourrait pas garder le trône d'Egypte, le réclama pour ses fils, Antiochus etSéleucus. Le sénat rejeta leur demande, et le jeune Antiochus, en sortant de Rome, fut dépouillé d'une partie de ses richesses par Verres, préteur de Sicile.

Ce que Sélène avait prévu né tarda pas à arriver. Les Égyptiens, las de la mollesse et des vices d'Alexandre, le chassèrent d'Alexandrie, et prirent pour roi un bâtard de

74 HISTOtAË îl'ÉOTPTE. [kjt SM. IflMOO

Lttthyre, qa-oh appelait Ptolémôè-Atilêtes , c'eftt^à-di^e joueur d^ flûte. Le frère de ce nouveau roi fût étaiJll en Chypre. Alexandre, banni de se* États, se réfugia en Palestine, près de Pompée, et implora vainement sa protection. Il se retira ensuite à Tyr, oi\ il mourut ftprès avoir fait un testament par lequel il léguait TÉgypte et Tile de Chypre au peuple roniaiii* Nicoraède, à la même époque, venait de lui ééder la Bithynie.

PTOLÉMÉE-AULÊTES- ( An du ttiDBde 8089. — kwatai Jésus-Christ 69. )

Le sénat romain ayant reçu le teêtam^l d'Àlêiafidre, cette affaire escita de grande débats: racquisitiond'un si puissant empire tentait les plufi afttbitieui^ ; cependant la majorité fut d'avis, de ne point effrayer la terre par un accroissement si rapide. On vernit de réunir à la république la Gyrénaïqtie et la Bithynie > et 11 était à craltidre qu'en y joignant tout à ctjup TÉgypte, rambîtioti romaine dévoilée n'armât contre elle tous les roi» d'Europe et d'Asie.* On résolut donc de ne pas accepter ce testament, mais sans le rejeter formellement; on se contenta de recueillir les ttésors qu'Alexandre avait laissés à Tyr, et Ptolémée-Aulèteâ conserva provisoirement le trôiie d'Egypte. Son frère> qui régnait dans l'Ile de Cliypre^ perdit quelque temps après son royaume par avarice» Olodius, proconsul romain^ étant pris par des pirates, avait prié ce prince de payer sa rançon. 11 ne lui envoya que deux talents. Lee corsaire» refufeèrent une si modique somme, aimant mieux s'attirer la protection de Clodius en lui rendant gratuitement la liberté.

Glodiufi résolut de se venger d'Aulètes. Revenu à Rome, la faveur du peuple Tôle va au tribitnat ; profitant alors du crédit que cette charge lui donnait^ il fit délibérer le peuple sur le testament d'Ale^tandre^ en représentant l'importance de l'île de Chypre et les malheurs de oé pays opprimé par un tyran méprisable. Il fit appuyer aon

IIIM0 at« 1-&] UdIDB8« 1i

(^nion par séé atniâ aU sénat, et obtiat enfin un décret qui déclarait la réunion de ce royaume à la république, et chargeait Caton de s'en emparer.

Caton, arrivé dans Tîle de Chypre, promit au roi le sacerdoce de Vénus à Paplios, s'il obéissait aux ordres du sénat. Ce prince, au désespoir, voulut périr avec toutes ses richesses. Il s'était déjà embarqué sur un vaisseau chargé TÎe ses trésors, et se préparait à le percer pour le couler à fond} mais tout à coup il changea de dessein, revint dans Fîle et se tua.

Caton recueillit, après sa mort, vingt*un millions qu'il envoya à Rome. 11 ne garda pour lui que le portrait du philosophe Zénôn^ et donna ainsi, dans un siècle de corruption, le plus grand exemple de sagesse et d'intégrité.

Ptolémée-Aulètes, roi d'Egypte, apprenant la ruine de son frère, craignit avec raison que le sénat, après avoir commencé à profiter du testament d'Alexandre, ne s'emparât aussi de l'Égypté. Méprisé par ses sujets , il ne comptait par sur eux pour le défendre.

Ce qui est digne de remarque, c'est que, dans un temps où l'ambition romaine aurait dû irriter tous les peuples, on les voyait tous voler au-4evant de son joug. Plusieurs princes*mème, en mourant, dépouillaient leur famille pour léguer leurs États à la république. D'un côté l'habileté du sénat romain,de l'autre les vices, les crimes, les extravagances des rois d'Europe, d'Asie elrd'Afrique expliquent cette disposition générale. Tous ces princes se haïssaient, s'égorgeaient entre" eux ; leurs parents étaient leurs plus cruels ennemis, et les peuples, las de leurs assassinats et de leur tyrannie, aspiraient tous au repos que leur promettait et que leur donnait la protection de Rome ; car, pendant les beaux temps de la république, la conduite du sénat à l'égard des peuples soumis avait toujours été aussi douce, aussi bienfaisante que sies armes s'étaient mon^ trées terribles pour ceux qui lui résistaient.

La prospérité corrompit ces vertus qui avaient fondé sa

76 HisTOiitE d'Egypte. [At. j.*^ 825-m.]

grandeur, et nous sommes arrivés à l'époque où Ifes maîtres du monde, livrés à une sordide avarice et dévorés d^ambition, vont détruire la liberté de leur patrie et dérsoler toute la terre par leurs sanglantes querelles.

Ptolémée-Aulétes connaissait la cupidité des principaux personnages qui gouvernaient alors la république; il fonda sur leur avidité l'espoir de sauver son trône : il ne se trompa point.

César venait d'être nommé consul; il avait besoin d'argent pour exécuteries vastes plans de son ambition. Aulètes partagea dix7buit millions entre ce consul et Pompée. Ces deux rivaux se réunirent pour le protéger ; leurs partisans entraînèrent la majorité du sénat, et Ptolémée fut reconnu solennellement roi d'Egypte et ami du peuple romain.

.Mais ces sacrifices, qui lui avaient i»i bien réussi à Rome, lui attirèrent beaucoup de malheurs dans son pays. Le roi, pour acheter une alliance si chère, s'était vu forcé d'établir de lourds impôts sur ses sujets. Ils se soulevèrent et l'obligèrent à fuir. Comme on en voulait à ses jours, il cacha si bien sa marche qu'on le crut mort. Ses deux fils étant trop jeunes pour gouverner, on plaça sur le trône Bérénice, sa fille aînée. '

Cepeiidant Ptolémée, débarqué à Sardes, y trouva Caton, qui le reçut avec hauteur et sans se lever à son approche. Le sévère Romain blâma le faible prince de sa timidité, et lui dit qu'il ferait mieux d'affronter la mort en rentrant ^ en Egypte, que d'aller en suppliant à Rome s'exposer au mépris des grands, dont tous ses trésors ne J)ourraient satisfaire l'avarice. Caton lui offrit même de l'accompagner, s'il voulait tenter la fortune des combats et remonter sur son trône sans secours étrangers. Ptolémée, trop timide pour suivre un pareil avis, et déjà séduit par quelques agents de Pompée, partit pour Rome>

Il y fut d'abord abreuvé de toutes les humiliations dont Caton l'avait menacé. Il traîna de porte en porte ses

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o&andes et ses^simpliques, et réussit enfin à force de bassesses. Le sénat lui promit de le rétablir dans son royaume» et de l'y faire conduire paf Lentulus.

Dans ce même temps, les Égyptiens envoyèrent une ambassade à Rome, pour traverser la négociation de leur roi. Aulètes fit empoisonner les ambassadeurs. Un homme vertueux et hardi, nommé Dion^ voulut dénoncer ce crime au sénat ; mais il périt aussi sous le poignard du roi.

Malgré l'indignation que ces forfaits et la corruption des grands excitaient dans Rome, Pompée protégeait toujours Aulètes , et voulait que le sénat tînt sa promesse. Mareellinus , nouveau consul, s'y opposait en produisant uii oracle de la sibylle, qui permettait de s'allier aux Égyptiens, niais qui défendait de prêter des troupes aux rois d'Egypte. Pompée ne se découragea pas ; et, car le conseil de Cicéron, il crut pouvoir éluder l'oracle en laissant le roi à Ptolémaïde et en envoyant des légions pour apaiser la révolte d'Alexandrie.

Lentulus n'osa pas exécuter les ordres de Pompée; Gabinius, plus avare et bien payé, s'en chargea.

Ce général jugea qu'il fallait agir avec rapidité; car, dans ce moment, fiérénice,. voulant s'assurer le secours de la Syrie, offrait sa main à Séleucus, son parent, fils du dernier roi Lathyre.

Gabinius, précédé par Antoine, entra en Egypte, s'empara de Péluse , et gagna plusieurs batailles. Archélaûs, qui combattait pour Bérénice , fut tué dans une de ces actions.

Cette guerre commença la renommée et fonda la puissance d'Antoine. L'%ypte se soumit. Ptolémée- Aulètes remonta sur le trône, et prouva par ses cruautés combien il en était indigne. Il fit mourir sa fille Bérénice, massacara tous ses partisans, afin de confisquer leurs biens et de payer ce qu'il devait à Pompée, à Gabinius et à Antoine.

Les Égyptiens consternés soufiaientsans murmure tous ces excès ; mais ce qui prouve à quel point la superstition

78 HtsToiRS nfiA-mt. [At. i.«c. sfS4A.1

avait conservé de force chez eux, c'est qij'ati moment où ils livraient sans résistance leur-corps' aux bourreaux et leur fortune aux étrangers^ uA soldat romain ayant tué par mégarde un chat, la présence redoutable du roi , de Gabinius et de ses légions, ne put les empêcher de se soulever, de venger leur méprisable dieu et de mettre en pièces son innocent meurtrier.

Aucun événement important ne marqua plus le règne d'Aulètes. L'Egypte humiliée conserva, non la paix, mais la tranquillité et le silence des tombeaux.

Ral)irius, chevalier romain, ayant prêté à Aulètès uite grande partie de l'argent qu'il avait répandu dans Rome, vint en Kgypte pour se faire payer. Le roi lui proposa de se charg(;r de l'administration des finances, afin d'être remboursé plus promptement. Rabirius, trompé par cette offre, devint comptable ; le roi le fit arrêter quelque temps après, malgré la protection de César et de Pompée. Il se sauva de prison, revint misérable et dépouillé à Rome, où on l'accusa encore d'avoir aidé Ptolémée à corrompre des sénateurs. L'éloquence de Gicéron le sauva de la niart, mais non pas de l'exil.

Ptolémée- Aulètes mourut quatre ans après son rétablis^ sèment; son règne avait dur4 trente ans. Il laissa deux fî^s, tous donx appelés Ptolémée, et deux filles : l'une étatt In ci4êl)re Cléopatro ; l'autre. se nommait Arsinoé. Les deux aines de ses enfants , Ptolémée et Cléopâtre , se marièrent, et régnèrent ensemble sous la tutelle de Rome.

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