‹ Histoire ancienneChapitre 24 sur 116 · CLÉOPÂTRE ET PTOLÉMÉE · texte numérisé non relu

CLÉOPÂTRE ET PTOLÉMÉE

V An du monde 3969. — Avant Jésus-Christ 35. )

Ptolémée avait treize ans, et Cléopâtre dix-sept. Pompée, tuteur du jeune roi, se trouvait en Grèce. L'eunuque Photin, gouverneur de Ptolémée, Achillas, général de ses troupes , Théodote, son précepteur, étaient à la tète de l'administration. Ces ministres profitèrent de l'absence de Pompée pour priver Cléopâtre de la part d'autorité que

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lai assurait le iestameut d^Attlète«i et, aSn ûû gouverner le royaume, Ils firent régner leur élève,

Gléopâtre ne supporta pas tranquillement cet affront; elle se sauva du palais, rassembla ses partisans^ courut en Palestine et en Syrie chercher des secours, et revint disputer le trône à Ptolémée, son frère et aon époux.

Les deux armées étaient en présence sur la côte» à peu de distance d'Alexandrie , et près d'en venir aux mainî. Dans ce même moment Pompée, vaincu à Pbarsale par César, arrive avee sa flotte et demande la liberté d'aborw der sur ce rivage qu'il avait jadis protégé ; il sollicita l'appui d'un prince enfant, son pupille.

Photin, Achiilas et Tbéodote délibérèrent avec le jeune roi sur cette demande. L'un voulait qu'on l'accueillît, Tautre qu'on lui dit de s'éloigner ; mais Tbéodote représenta le danger de s'attirer la colère de César, et la né* cessité de mériter sa faveur en le délivrant d'un ennemi. Il proposa, non de chasser Pompée, qui pourrait un jour s'en venger, mais de le tuer; car, dit-il, /e* morts ne mordent pas, Ce lâche avis prévalut, et l'on résolut d'immoler le vaincu, pour enlèvera Gléopâtre la protection du vainqueur, et pour s'assurer sa reconnaissance.

Achiilas et un Romain nommé Septimius furent chargés d'exécuter l'ordre fatal. Ptolémée écrivit à Pompée qu'il pouvait disposer de lui et de son royaume. Comme la cote était basse, et que les vaisseaux ne pouvaient en appro^ cher, on envoya au-devant de lui une chaloupe pavoisée. Ainsi la trahison prit toutes les formes du respect et de la reconnaissance.

Cependant Pompée , qui avait un secret pressentiment de sa destinée , au moment d'entrer dans cet esquif qui • devait être son tombeau, dit à sa femme Cornélie ce vers de Sophocle : « Tout homme qui arrive à la cour d'un « tyran devient son esclave, quoiqu'il y soit entré libre.»

La chaloupe s'éloigna de la flotté. Dès qu'elle fut près du rivage, à la vue du roi, Aphillas et Septimius poigoar^

7â HISTOIÉE I>'É6.rPTE. [At. J.-C SîS-SOi]

dos troupes, déclara la pierre à Alexandre, rai de Judée, et hii livra, sur les bords du Jourdain, une bataille dans kqnelle il tua trente mille hommes. Josèphe et Strabon assurent que ce roi cruel, voulant, après sa victoire, inspirer une grande terreur dans le pays, massacra tous les prisonniers 'qu'il avait faits dans cette bataille, et les fit man'ger par ses troupes.

Cette horreur, invraisemblable dans tout autre temps, devient croyable dans un siècle où les princes d'Asie et d'Egypte signalaient leur tyrannie par les plus infâmes et par les plus affreuses cruautés.

Ptolémée-Alexandre, obéissant aux ordres de sa mère et de ses deux ministres juif», Chelcias et Ananias, leva une armée, et débarqua en Phéniciei- Cléopâtre marcha elle-même à la tête de ses troupes. Craignant quelques troubles pendant son absence, elle déposa dans Tlle de Ces son petit-fils Alexandre. Le sort de cet enfant fiit extraordinaire ; car Mithridato, roi de Pont, s'étant emparé de cette île, fit le jeûne prince prisonnier. Il fut délivré par Sylla, qui l'emmena à Rome; et le sénat, dans la suite, le fit roi d'Egypte.

Cléopâtre et son fils Alexandre obligèrent Lathyre à lever le siège de Ptolémaïde.

Tandis que la reine était dans cette ville, Lathyre tenta de rentrer en Egypte ; son expédition fut malheureuse. Il se vit forcé de retourner dans l'île de Chypre. La reine Cléopâtre, dont l'ambition n'avait point de bornes, et qu'aucun crime n'eflfrayait lorsqu'il s'agissait de la satisfaire, conçut le projet de s'emparer de la Judée, et voulut assassiner le roi des Juifs, qui se trouvait près d'elle à Ptolémaïde. Le ministre Ananias ^empêcha ce forfait.

Ayant appris que Lathyre s'était allié avec Antiochus de Cyzique^ la reine embrassa le parti de son rival Antiochus-Grypus, et lui donna en mariage Sélène, femme de Lathyre, qu'elle avait retenu dans les fers.

Lorsqu'elle fut revenue à Alexandrie, elle continua à

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tyranniser un de ses fils et à persécuter l'autre. Ptolémée- Alexandre, las de son joug, quitta le trône et joulut vivre en simple particulier ; mais apprenant que sa mère tramait lin complot contre ses jours, il la fit assassiner.

Ce crime révolta le peuple, qui chassa le roi et rappela. Lathyre. Dans ce même temp^, Appion mourut, laissant par son testament la Gyrénaïque aux Romains,

Lathyre, remonté sur le trône, ne régna point paisiblement. La Haute-Egypte s'étant révoltée, il y marcha et détruisit la viUe de Thèbes. Alexandre, son frère, vint deux fois l'attaquer; mais ce prince détrôné échoua dans la première expédition et périt dàn» la seconde.

Lathyre ne survécut pas longtemps à la ruine de Thèbes. n avait régné 019^ ans avec sa mère, dix^huit ans en CShypre, et cinq ans seul en Egypte. Il laissa le trône à sa fille Oéopâtre. Son neveu Alexandre, appuyé par Sylla, réclamait la couronne : un mariage termina cette contestation; dix*neuf jours après qu'il eut été célébré , Alexandre tua sa femme et régna seul.

PTOLÉMÉE-ALEXANDRE

( An du monde 3913 . — Avant Jésas-Ghrist 91. )

Ptolémée-Âlexandre^ moins habile et moins féroce que Physcon, se fit généralement mépriser par ses vices. Il ne sut point apaiser la révolte que les Juifs, habitants delà Cyrénaïque, y excitèrent, et les Romains, qui avaient refusé d'abord cet héritage de Ptôlémée-Appion, s'y établirent.

Sélène, sœur de Lathyre et veuve d'Antiochus Grypus, prévoyant qu'Alexandre ne pourrait pas garder le trône d'Egypte, le réclama pour ses fils, Antiochus et Séleucus. Le sénat rejeta leur demande, et le jeune Antiochus, en sortant de Rome, fut dépouillé d'une partie de ses richesses par Verres, préteur de Sicile.

Ce que Sélène avait prévu né tarda pas à arriver. Les Égyptiens, las de la mollesse et des vices d'Alexandre, le chassèrent d'Alexandrie, et prirent pour roi un bâtard de

7^ HISTOIRE I>'É6.rPTE. [A?, J.-C. SSS-SOf]

dos troupes, déclara là g^ierre à Alexandre, roi de Jndée, et lui livra, sur les bords du Jourdain, une bataille dans kqnelle il tua trente mille hommes. Josèphe et Strabon assurent que ce roi cruel, voulant, après sa victoire, inspirer une grande terreur dans lepays, massacra tous les prisonniers *quMl avait faits dans cette bataille, et les fit man'^er par ses troupes.

Cette horreur, invraisemblable dans tout autre temps, devient croyable dans un siècle où les princes d'Asie et d'Éf^ypte signalaient leur tyrannie par les plus infâmes et par les plus afifreuses cruantés.

Ptolémée-Alexandre, obéissant aux ordres de sa mère et de ses d<5ux ministres juifs, Ghelcias et Ananias, leva une armée, et débarqua en PhénicieiCléopâti^é -marcha elle-même à la tête de ses troupes. Craignant quelques troubles pendant son absence, elle dépi^sa dans llle de Ces son petit-fils Alexandre. Le sort de cet enfant fiit extraordinaire ; car Mithridatf>, roi de Pont^ s'étant emparé de cette île, fit le jeune prince prisonnier. Il fut délivré par Sylla, qui Temmena à Rome ; et. le sénat, dans la suite, le fit roi d'Egypte.

Ciéopâtre et son fils Alexandre obligèrent Lathyre à lever le siège de Ptolémaïde.

Tandis que la reine était dans cette ville, Lathyre tenta de rentrer en Egypte ; son expédition fut malheilrense. Il se vit forcé de retourner dans l'île de Chypre. La reine Ciéopâtre , dont l'anibîtion n'avait poii^t de bornes, et qu'aucun crime n'effrayait lorsqu^il s'agissait de la satisfaire, conçut le projet de s'emparer de la Judée, et voulut assassiner le roi des Juifs, qui se trouvait près d'elle à Ptolémaïde. Le ministre Ananias «mpècba ce forfait.

Ayant appris que Lathyre s'était allié avec Antiocluis de CyziquCj la. reine embrassa le parti de son rival Antiochus-Grypus, et lui donna en mariage Sélène, femme de Lathyre, qu'elle avait retenu dans les fers.

Lorsqu'elle fut revenue à Alexandrie, elle continua à

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tyranoiaer un de ses fils et à persécuter l'autre. Ptolémée- Alexandre, las de son joug, quitta le trône et joulut vivre en simple particulier; mais apprenant que sa mère tramait irn complot contre ses jours^ il la fit assassiner.

Ce crime révolta le peuple, qui chassa le roi et rappela. Lathyre. Dans ce même temp;»^ Appion mourut, laissant par son testament la Cyrénaïque aux Romains,

Lathyre, remonté sur le trône, ne régna point paisiblement. La Haute-Egypte s'étant révoltée, il y marcha et détruisit la ville de Thèbes. Alexandre, son frère, vint deux fois l-attaquer; mais ce prince détrôné échoua dans la première expédition et périt dans la seconde.

Lathyre ne survécut pas longtemps à la ruine de Thèbes. n avait régné oqa^ ans avec sa mère, dix-huit ans en Chypre, et cinq ans seul en Egypte. Il laissa le trône à sa fille Cléopâtre. Son neveu Alexandre, appuyé par Sylla, réclamait la couronne : un mariage termina cette contestation; dix-neuf jours après qu'il eut été célébré , Alexandre tua sa femme et r^a seul.

PTOLÉMÉE-ALEXANDRE

( An du monde 3913 . — Avant Jésus-Ghrist 91. )

Ptolémée-ÂlexiOidre, moins habile et moins féroce que Physcon, se fit généralement mépriser par ses vices. Il ne sut point apaiser la révolte que les Juifs, habitants delaCyrénaîque, y excitèrent, et les Romains, qui avaient refusé d'abord cet héritage de Ptôlémée-Appion, s'y établirent.

Sélène, sœur de Lathyre et veuve d'Antiochus Grypus, prévoyant qu'Alexandre ne pourrait pas garder le trône d'Egypte, le réclama pour ses fils, Antiochus et Séleucus. Le sénat rejeta leur demande, et le jeune Antiochus, en sortant de Rome , fut dépouillé d'une partie de ses richesses par Verres, préteur de Sicile.

Ce que Sélène avait prévu né tarda pas à arriver. Les Égyptiens, las jde la mollesse et des vices d'Alexandre, le chassèrent d'Alexandrie, et prirent pour roi un bâtard de

84 msTQiBK B^teTirrE. [AY. J.*a 8S8-80.]

tés pour combattre Phamaee, fils da fameux Mithridate. Avant de partir d'Egypte, voulant prouver sa reconnaissance aux Juifs, qui, sous la conduite d'Antipater, l'avaient si puissamment secouru, il confirma leurs privilèges et les fit graver sur une colonne. Après avoir vaincu Mithridate, il revint à Rome. La jeune princesse Arsinoé orna son triomphe et y parut chargée de chaînes. U la mit ensuite en liberté, et elle se retira en Asie.

Dès que le jeune Ptolémée eut quinze ans, âge fixé en Egypte pour la majorité des rois, il voulut i»*endre les rênes du gouvernement; mais Cléopâtre Fempoisonna et régna seule.

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