‹ Histoire ancienneChapitre 35 sur 116 · MÈDES · texte numérisé non relu

MÈDES

Description de Im Médie. — Forme de son gouyernement. — PrétentioR d^Déjoicès à ta royauté* — Sa mse.pour parTcuir au trône. — Son élection. — Sou sage gouvernement. — Phraortb. — Ses conquêtes. — Sa défaite. — Sa mort. — Ctaxare. — Défait Nabuchodonosor.— issiége Ninive. — Fait massacrer des chefs scythes par trahison. — Conquêtes de Cyaxare. — Sa mort — Astriep, — Son règne ol>scur. — • Cyaxare II, dernier roi des Mèdes.

La Médie, qui fait actuellement partie de la Perse, était autrefois composée des pays qui se trouvaient entre ce royaume^ la mer Caspienne, la Syrie, la Parthie et l'Arménie. C'est une contrée montagneuse et fertile. Quelquesunes de ses montagnes, qu'on appelait Portes Caspiennes, furent un sujet de discussion entre les géographea. Pto-

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lémée les place entre la Miklie et TArménie. La capitale de cette contrée se nommait Ecbatane : on n'en reconnaît plus la place; on croit qu'elle n'était pas loin du lieu où Ton trouve à présent la ville de Tauris,

Plusieurs auteurs supposent que les Mèdes tirèrent leur origine de Madaï, troisième fils de Japliet. Ils avaient la réputation d'être très-belliqueux; mais ils prirent ensuite la mollesse et les mœurs des Perses.

n est difficile de concilier ce qu'on dit de leurs lois sur le mariage, qui permettaient aux hommes d'avoir plusieurs femmes et aux femmes d'avoir plusieurs maris, avec la jalousie qu'on leur attribuait, et qui les porta, dit-on, à inventer la mutilation, des hommes pour en faire des eunuques. Ce qui est tout aussi contradictoire, c'est le despotisme de leurs rois, l'adoration qu'on avait pour eux, leur coutume de s'appeler rois des rois, alliés des étoiles, frères du soleil et de la lune; et, d'un autre côté, le frein imposé aux princes par l'autorité des lois, qui étaient si respectées, que l'Écriture sainte les nomme irrévocables.

L'histoire ne nous a rien conservé des premiers temps de cette nation, qui fut conquise par les rois d'Assyrie, et resta quelques siècles sous leur domination. Lorsque la révolte d'une partie de leurs peuples affaiblit Pempire des Assyriens, les Mèdes furent les premiers qui secouèrent leur joug. La haine du despotisme, qui les avait portés à s'affranchir, les empêcha de se donner un maitre nouveau, et ils conservèrent quelque temps, avec sagesse, la liberté qu'ils devaient ù leur valeur. Mais cette liberté finit par se changer en licence ; et, les désordres de l'anarchie leur paraissant alors pires que la servitude, ils se déterminèrent à former un gouvernement monarchique, qui rendît bientôt l'État plus florissant qu'il n'avait jamais été.

Un Méde nommé Déjocès, fils de Phraorte, conçut le projet de cette révolte et l'exécuta. La nation des Mèdes était alors divisée en six tribus. Elle n'avait point de villes; tous ses peuples habitaient dans des villages qui se bat-

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talent entre eux, et qui ne connaissaient phis de limites pour les propriétés, ni de frein pour les passions. On y vivait dans le trouble, sans lois et- sans police.

Déjocès conçut l'idée de profiter de ces désordres pour parvenir à la royauté : c'était un homme brave, prudent et réglé dans ses mœurs. La confiance qu'inspiraient sa justice et ses vertus décida les habitants de son village à le prendre pour juge de leurs difiTérends, à soumettre leur conduite à ses conseils. 11 s'acquitta de cette fonction avec tant d'habileté et de sagesse, que bientôt ce petit pays et SCS environs jouirent des avantages de l'ordre et des douceurs du repos.

Leiu* bonheur fut envié par les villages voisins, qui s'adressèrent à Déjocès et le rendirent l'arbitre de leurs différends* Le nombre de ses partisans augmenta de jour en jour comme sa renommée; mais loin de se hâter d'exécuter son plan, il sut cacher avec prudence ses vues pour en assurer le succès.

Tout à coup il se plaignit d'être accablé par la foule des personnes qui venaient le trouver et par la multitude des affaires qu'on lui confiait : il ne voulut plus s'en charger et parut déterminé à vivre dans la retraite.

Dès qu'il eut abandonné la direction des affaires, la licence reprit son cours, et l'anarchie s'accrut à tel point, que les Mèdes se virent obligés de se rassembler à l'effet de délibérer sur les moyens à prendre pour remédier à tant de désordres. Les émissaires de Déjocès, répandus dans l'assemblée, représentèrent au peuple que si l'on continuait à vivre en république, le pays serait inhabitable, et que le seul moyen de détruire l'anarchie était d'élire un roi qui aurait Tautorité de faire des lois et de réprimer la violence. Après plusieure débats, cet avis fut unanime^ ment approuvé ; et, tout le monde ayant reconnu que personne dans la M^die ne méritait mieux le trône que Déjocès, % fut élu roi l'an du monde 3294, sept cent dix ans avant Jé^is-dhrist.

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Déjocès développa la plus graude activité ; il rétablit Tordre et prouva à ses sujets qu'ils ne s'étaient pas trompés dans leur choix. 8a bonté naturelle ne Temjiêcba pas de faire des règlements sévères pour entourer le trône de respect et inspirer ime crainte salutaire. 11 pourvut à sa sûreté en se formant une gardé composée des hommes qui lui étaient le plus attachés.

Les Mèdes vivaient dispersés dans les villages, sans lois et sans police : il les réunit pour les civiUser, et leur commanda de bâtir une ville : il la plaça sui* le penchant d'une montagne qu'il entoura de sept enceintes. Celle du centre était occupée par le palais du roi; ou y renferma ses trésors. On destina la sixième à ses officiers: les autres furent distribuées au peuple, qu'il força de s'y établir. Persuadé que l'éloignement attire le respect, il se rendit presque inaccessible et invisible à ses sujets, qui ne pouvaient lui faire parvenir leurs demandes que par des plaeets et par l'entremise de ses ministres. Cette coutume, suivie dans tout l'Orient, parait favorable à Tautorité et surtout à la médiocrité : elle inspire la crainte ; mais elle prive de l'amour, et l'histoire prouve assez qu'elle ne rend pas les trônes plus solides ni les révoltes plus rares. Il en résulte même que, né connaissant pas le souverain, une révolution qui s'opère dans le sanctuaire du palais est indifférente à la nation. Au reste, si Déjocès, qui étabht un des premiers cette forme despotique, se faisait peu voira ses sujets, il se fit connaître de tous par la justice de ses décisions et par la sagesse de ses lois. Il rendit son peuple heureux, se fît respecter de ses voisins, et son règne glorieux et paciGque dura cinquante-trois ans.

PHRÀOBTE.

( ko. du monde 3347. — Avant Jésus-Christ 657 . )

Phraorte succéda à son père Déjocès. Son ambition ne se contenta pas du royaume dont il avait hérité; il porta la guei're en Perse et soumit ce pays à son empire. Ses

H-4 PEUPLES D'ASIE. [A?» J.-C, 657*5d9«]

forces s'étant accrues par cette conquête, il attaqua sùccessivemeat d'autres nations^ et devint maître de toute la haute Asie, qui comprenait les pays situés au nord du mont Taums jusqu'au fleuve Halys. ^

Enflé par ses succès, il osa attaquer Tempire d'Assyrie. Nabuçhodonosor demanda des secours à ses alliés, qui les. lui refusèrent. Borné à ses prppres moyens, il rassembla ses troupes et livra bataille aux Mèdes dans la plaine de Ragan. Phraorte y fut vaincu ; sa cavalerie prit la fuite, ses chariots furent renversés. Nabuçhodonosor, profitant de sa victoire, entra dans la Médie,.prit Ëcbataue d'assaut et la livra au pillage.

Phraorte, qui s'était réfugié dans lès montagnes, tomba dans les mains du roi d'Assyrie.: ce prince cruel le fit mourir à coups de javelot. Il avait régné vingt-deux ans.

CYAXARE.

( Au du moude 3360. — Avant Jésus-Christ 635. )

Ce prince, plus heureux que son père, échappa au fer de ses ennemis. U apprit bientôt que Nabuçhodonosor, après s'être vengé, par de grands ravages, des peuples qui avaient refusé de le secourir, venait d'essuyer un och"c en JudtV», et qu'Holopherne, son général, battu et tué près de Béthuiic, y avait perdu presque toute son armée.

Le jeune roi des Mèdes profita de cette circonstance favorable pour se rétablir dans son royaume; il rassembla une forte armée, et se rendit de nouveau maitre de la haute Asie ; mais il ne se borna pas à ce succès : la ruine de Ninive lui paraissait néci^ssaire pour venger la mort de son père.

Les Assyriens vinrent à sa rencontre avec les débris de. l'armée d'Holophernc^ ; ils furent vaincus, et poursuivis jusqu'à Ninive, dont Cyaxare forma le siège. U était près de s'en emparer lorsqu'il apprit que Madiès, roi des Scythes, sortant des Palus-Méotides, avait chassé d'Europe les

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Cimmériensy et les avait poursuivis jusque dans laMédie* Sur cette nouvelle, il leva le siège de Ninive, dans le dessein d'arrêter ce torrent qui menaçait d'inonder toute l'Asie. Mais la fortune lui fut contraire ; les Barbares vainquirent les Mèdes , et , ne trouvant plus d'obstacle à leur marche, ils parcoururent la Perse, la Syrie, la Judée, et portèrent leurs armes jusqu'en Egypte, que le roi Psanimétique ne parvint à délivrer de leur dévastation qu'à force de présents. Ils retournèrent alors sur leurs pas, et occupèrent vingt-huit ans les deux Arménies, la Cappar doce, le Pont, la Colchide et l'Ibérie. Quelques-uns d'entre eux restèrent en Palestine, et, après avoir pillé le temple de Vénus à Ascalon, s'établirent en deçà du Jourdain, dans une ville qu'on nomma depuis Scythopolis.

Cyaxare avait été forcé de faire une paix honteuse avec les Scythes et de se rendre leur tributaire. Convaincu qu'il ne pouvait se défaire d'eux par la force, il résolut de s'en délivrer par trahison.

Suivant la coutume des Mèdes, à une certaine époque de l'année, chaque famille se réimissait pour un festin. Le roi invita au sien les principaux chefs des Scythes. Chacun de ses sujets en fit autant dans sa maison, et, à la fin du repas, on égorgea tous ces étrangers. Un très-petit nombre échappé au poignard fut réduit en servitude, et ceux qui par fortune ne s'étaient point trouvés au festin s'enfuirent en Lydie près du roi Alyatte, qui les reçut avec humanité. L'implacable Cyaxare exigeait. que ce prince lui livrât ces infortunés ; sur son refus, il porta la guerre en Lydie. Après plusieurs combats où l'avantage fut alternatif, et dans la sixième année de cette guerre, les deux rois se livrèrent une grande bataille; mais, tandis qu'on se battait, il survint une éclipse de soleil que Thaïes de Milet avait prédite. Les Mèdes et les Lydiens, effrayés de cet événement qu'ils regardaient comme un signe de la colère des dieux, se retirèrent chacun de leur côté, et firent ensuite la paix, sous la médiation de Syannésis,

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roi de CiUeie^ et de Nabnchodonosor, roi de Babylone.

Pour cimenter ce traité, Argénis, fille d'Alyatte, époasa Astyage, fils de Cyaxare. Les histonens anciens, en parlant de ce fait, nous font connaître nne étrange cérémonie qni était d'nsage alors entre ceux qni contractaient nne alliance. Les denx parties se faisaient des incisions aox bras et buvaient mutuellement leur sang.

Après avoir quelque temps joui du repos, Cyaxare, ayant appris que Nabopolassar avait excité une révolte dans Babylone, se joignit à lui pour exécuter ses anciens projets contre les Assyriens. Ils assiégèrent et prirent Ninive, tuèrent Saracus, qui en était roi, et ruinèrent de fond en comble cette grande ville. Les deux années s'enrichirent de ses dépouilles, et Cyaxare, poursuivant ses victoires, s'empara de toutes les autres villes de l'Assyrie, excepté de Babylone et de la Chaldée, qui appartenait à Nabopolassar.

Après cette expédition, Cyaxare mourut; il avait régné quarante ans. Son fils Astyage hérita de son trône.

ASTTAGE.

(▲n da monde 3409. — ÂTaut Jésus-Christ 595.}

Quelques auteurs ont pensé qu'Astyage était' le même qu'Assuérus, dont parle l'Écriture. Son règne, qui dura trente-cinq ans, ne fut signalé par aucun événement remarquable; l'histoire n'en a pas conservé de traces. 11 eut deux enfants, Cyaxare et Mandane. Mandane épousa Cambyse, fils d'Achémènes, roi de Perse ; de ce mariage naquit le fameux Cyrus.

CYAXARE II.

(An du monde 3445. — ÀTant Jésus-Christ 559.)

Cyaxare II fut le dernier roi des Mèdes. Son neveu Cyrus réunit la Médie à la Perse.

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