PARTHES
Origine de ce peuple. — Règnes successifs de divers princes. — Arsace. — Tiridate ou Arsace II. — Priapatius. — Phraate. — Mithridate. — Phrftatè son fils. — Mithridate H. — Règne d*un autre Phraate. — Son fils Orode, en guerre avec le consul Crassus. — Pillage du temple de Jérusalem. — La guerre continue entre les Romains et les Parthes.— Défaite de Crassus. — U est tué par un Parthe. — Pacore, fils d*Orode. — Règne d^un autre Phraate. — Ses crimes. — Sa mort. — Orode IT. — Artabane. — Sa mort. ->- Ses successeurs. — Artabane IV. —r Livre baj^Ue aux Romains. — Est défait par les^ Perses. — Sa mort.
L'empire des Parthes, faible dans son origine, devint un des plus grands et des plus célèbres de l'Orient ; mais le plus beau titre de gloire des Parthes est d'avoir été recueil des armes romaines.
Ils occupèrent d'abord le pays situé entre l'Indus, le
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Tigre, la mer Rouge et le mont Caucase. Plusieurs auteurs les font venir de Scythiie, d'où ils avaient été chaSsés, et prétendent le prouver parieur nom même de Parthes, qui veut dire exilés. Cet empire dura deux cent cinquantequatre ans avant Jésus-Christ et deux cent vingt ans après.
Ce fut sous le règne d'Antiochus que les Parthes se rendirent indépendants. Plusieurs provinces de l'Orient * s'étaient soulevées pendant l'absence du roi de Syrie, qui faisait la guerre en Egypte. Agathoclès, gouverneur du pays des Parthes, avait commis quelques violences contre un jeune homme nommé Tiridate. Arsace, son frère, dont le courage fit oublierrobscure naissance, réunit quelquesuns de ses amis, attaqua le gouverneur et le tua. (An du M. 3754. Av. J.-C. 250.)
Le succès d'un coup hardi donne toujours beaucoup de partisans. Des mécontents se rassemblèrent sous la conduite d'Arsaee, qui profita de la négligence d'Antiochus, et parvint à chasser les Macédoniens de la province. Dans le même temps, Théodote, encouragé par cet exemple, fit révolter la Bactriane. (Av. J.-C, 236.)
Arsace jouit paisiblement du trône. Après sa mort, Tiridate, son frère, qu'on nomme aussi Arsaci» II, combattit avec succès Séleucus, fils d'Antiocluis, et le fit prisonnier.
Antiochus le Grand (av. J.-C. 212) se montra d'abord plus redoutable pour les Parthes. Il leur reprit la Médie, dont ils s'étaient emparés, entra dans leur pays, et obli- .gea Arsace de se retirer en Hyrcanie. (av. J.-C. 206). Arsace en sortit bientôt avec une armée de cent mille hommes, et soutint la guerre avec tant de vigueur, qu'Antiochus préféra son alliance a son inimitié, conclut un traité avec lui, et le reconnut roi de Parthie et d'Hyrcanie.
Arsace eut pour successeur Priapatius, son fils, dont te règne dura quinze ans, et fut paisible, ainsi que celui de Pbraate, qui occupa le trône après lui. CelM-ci, touché
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des grandes qualités de Mtthrîdate, son frère^ le préfixa en mourant à ses enfants, et lui laissa la couronne. (\y« J.-C. 164.)
Mithridate justifia son choix ; il étendit le nom, la puissance et la gloire dès Parthes. Ses armes conquirent la Perse, la Médie, la Bactriane, la Mésopotamie ; il porta ses conquêtes dans l'Inde plus loin qu'Alexandre.
Mithridate fut à la fois habile général et sage législateur; il se faisait craindre par ses ennemis et chérir par ses sujets ; la douceur de son caractère égalait son courage. Attaqué par Démétrius Nicanor,il le fit prisonnier; et loin d'indter l'exemple des rois barbares de son temps, îî traita son captif en roi, lui donna THyrcanie pour résidence, et lui fit épouser sa fille Rodogune. Ce sage prince adoptait pour le gouvernement de son empire ce qu'il trouvait de mieux dans la législation des peuples que la fortune avait soumis à ses armes. (Av. J.-C 131.)
Phraate, son fils, hd succéda. Antiochus Sidètes, roi de Syrie, voulant délivrer son frère Démétrius, rassembla une forte armée, attaqua les Parthes, gagna sur eux trois batailles, et fut enfin vaincu et tué dans une quatrième. - Phraate voulait profiter de stf victoire et entrer en Syrie ; mais une diversion des Scythes l'en empêcha. Obligé de porter ses armes cgqtre eux; il perdit la vie dans une bat^e et laissa le trône à son onde Artabane^ qui régna peu de-temps. (Av. J.-C. 129.)
Mithridate U, son héritier, mérita par ses actions le nom de Grand, n vainquit le roi d'Arménie, et le força de lui donner son fils Tigrane en otage. II rendit depuis le trône d'Arménie à ce jeune prince, et se joignit au fameux Mithridate, roi de Pont, pour faire la guerre aux Romains.
Antiochus Eusèbe se réfugia chez lui, et dut à sa protectiGiin 4a reprise d'une partie delà Syrie. (Av. J.-C. 92.)
Mithridate conclut la paix avec les Romains, et deviht leur allié ; mais loin de s'abaisser devant eux, il n'imita
que trop leur orgu^l, car aya»t envoyé Orobaxe pour traiter avec SyUa, il le fît mourir à 9on retour^ parce qu'il avait cédé la place dlionneur au général romain. (Av. J.-C.
La dernière expédition de Mithridate fut glorieuse : il seicourut Philippe assiégé dans la ville de Bercé par son frère Démétrius Çuchère. Démétriua fut vaincu et pris; Mithlidate Femmena dans ses États et le traita honora- Hement. Il mourut après avoir régné quarante ans. (Av. J..-C. 89.)
Mithridate le Grand n^avait pas laissé d^enfants. La vacance du trOue excita des troubles dans Tempire des Par* thés. Tigrane en profita pour reprendre les provinces qu'il avait perdues ; U y sgouta môme une partie de la Syrie et de la Phéniçie.
Les Parthes élurent dans ce temps pour roi Mnaskirès^ et après gynatrQceès, dont on ne connaît que les noms.
Fbraate, fils de Synatroccès, remarquahla pa^r son orgueil» prit le nom de dieu« Salluste nous a conservé une lettre qu'il écrivait à Tigrane, avec lequel il s'entendait secrètementi quoiqu'il eût envoyé des ambassadeurs à XiUCuUus pour traiter avec les Romain»,
Loraque Pompée vint en Asie, il engagea Phraate dans son parti : mais le ]X>i, qui voulait soutenir Tigrane le fils, se brouilla bientôt avec les Romaias. Ses enfants^ impatients de régner, le tuèrent,
Mithridate, l'îûné de ses enfantSi lui succéda; son frère Orode souleva se& sujet» contre lui» et le chassa du royaume, U fit de vains efforts pour se défendre; assiégé dans Babylowe par Orode, il fut obligé de se {tendre à son frère, qui la fit égorger^ et devint, après ce crime, seul poaseeseur du trône. Son règne fut troublé par les Romains, qui VattOiquèrent 4 l'impiroviste. Le consul Craasus, chargé de maintenir la paix en Asie, commeùçà sans motif cette guçrrei dans lâquellQ il ^ flattait préaomptueuaement de MTïWfsqr U glQiçô de Uwillu? et de Pompée.
On ne lui avait point ordonné formeUenient de combattre les Parthes ; sa seule vanité le porta i cette entrepriseï dont le suecè» trompa son attente. Les tribuns s'opposèrent en vain à son départ : il méprisa leurs prières» leurs me«* naces et leurs imprécations. Arrivé dans le port, il ne voulut point attendre un veut favorable pour mettre à la voile^ et perdit, par cette imprudence, beaucoup de vaisseaux, n trouva en Galatie le vieux rm Déjatorus, qui bâtissait une nouvelle ville* Crassus, oubliant qu'il avait lui-même soixante ans^ dit au roi des Galatcs, en le raillant, qu'il attendait les dernières lieures ^u jour pour commencer à bâtir. « Et vous-même, seigneur, répondit le roi^ vous ne « conunencez pas trop matin à combattre. »
Crassus^ aussi avare qu'ambitieux^ voulut piller Jérusalem, n existait dans le irésor une poudre d'or du poids de trois cents mines; elle était cachée dans une poutre de bois. Le prêtre Éléaaar fit présent de cette poutre à Crassus pour sauver le reste du trésor; mais le Romain, après l'avoir reçue, n'en emporta pas moins une partie des richesses du temple pm^r la valeur de trente millions. Chargé de ces dépouilles, il s'avança sur l'Ëuphrate, et entra dans le pays des Parthes, où il pénétra sans obstacle. Sylla et Pompée avaient fait un traité d'alliance avec eux; et, comme ils en avaient observé strictement les conditions, ils ne pouvaient s'attendre à une agression si injuste. Crassus parcourut ainsi une grande partie de la Mésopotamie, où il pilla plusieurs villes. 11 aurait pu profiter d'une victoire si facile^ accélérer sa marche et s'cmps^r^^r de Séleucie et de Clésiphon; mais^ content de son butin, il laissa de faibles garnisons dans les places conquises, repassa l'Ëuphrate, et revint en Syrie, où il employa son tem^ps à lever de fortes contributions, et â dépouiller les temples de leurs richesses.
Orode lui envoya des ambassadeurs pour lui déclarer que, s'il avait entrepris cette guerre de son chef, il voulait Hen lui pardonner, et se bomex à eliasser de ses États
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les garnisons romaines; mais que, si, au mêiH?L» destrai* tés, il avait, pris les armes parles ordres de la république^ cette guerre serait une guerre à mort, et ne se terminerait que par la ruine des Romains ou par celle des Parthes. Le fier Romain répondit qu'il s'expliquerait dans la capitale des Parihes. Alors un des ambassadeurs, nommé Vahisès^ lui dit en souriant : « Crassus, tu verras plutôtcroltre du poil dans le creux de ma main, que tu ne verras Séleucie. » Toute conférence fut rompue, et de part et d'autre on se prépara à la guerre.
Orode rassembla deux artnées; il marcha avec l'une en Artnénie; Suréna conduisit l'autre en Mésopotamie et reprit plusieurs villes dont Crassus s'était emparé. Les officiers échappés de ces villes effrayèrent les Romains en leur parlant de la forcé de l'armée des Farthes, de leur adresse à lancer au loin les traits les plus pesants, et de l'agilité de leur nombreuse cavalerie, qui était telle, qu'on ne pouvait échapper à sa pom*suite ni l'atteindre quand eUe fuyait.
Les che& des légions, considérant la difficulté de vaincre de pareils ennemis, représentèrent en vain à Crassus n^u'on ne devait point les traiter aussi légèrement que les autres peuples efféminés de l'Orient, et qu'il fallait mâre« ment délibérer avant de s'engager dans une semblable entreprise. Crassus n'écouta que son ambition et marcha. Artabaze, roi d'Arménie, qui lui avait amené des troupes, lui conseillait d'éviter les plaines de la Mésopotamie, et de porter plutôt la guerre sur les frontières montueuses d'Arménie, où Jà cavalerie des Parthes aurait peu d'avantage.
Crassus dédaigna son avis : il était tombé dans cet aveuglement qui précède et annonce toujours les grands dés* astres. Lorsqu'il passa l'Euphrate , une horrible tempête éclata et parut à l'armée un sinistre présage. Cette armée, la plus forte que les Romains eussent jamais rassemblée, montait à plus de quarante mille hommes. Cassius (qui depuis tûa César) conseillait au général de côtoyer
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FEuphrate^ afin d'éviter d'être entouré; mais Grassus, trompé par un Arabe nommé Ariamme, émissaire adroit de Suréna^ crut que le meilleur parti à prendre était d'épouvanter les Parthes par une marche droite et rapide. Le perfide Arabe le conduisit d'abord par des cbeipius faciles, et parvint i l'engager dans une plaine immense, sablonneuse, aride, où Ton ne pouvait espérer ni repos ni rafr^chissement.
Au moment où Tamiée s'éptiisait de fatigue au milieu des sables brûlants, Grassûs reçut des lettres d'Artabaze, attaqué en Arménie par Orode, et qui le priait de venir à son secours. Irrité de cette demande, il la prit pour un artifice, et lui répondit qu'après avoir vaincu les Parthes, il irait le punir de sa trahison. L'adroit Arabe persuadait toujours à Crassus que les Parthes effrayés ne songeaient qu'à fuir; mais lorsqu'il Teut mené aussi loin qu'il le souhaitait, il s'échappa, et aUa rendre compte à Suréna du succès de sa mission.
Bientôt les Romains, accablés de lassitude et de besoin, découvrirent l'armée innombrable des Parthes qui s'avançait avec fierté pour les attaquer. Crassus voulut d'abord étendre sa ligne pour ôter à l'ennemi l'espoir de l'envelopper ; mais s'apercevant que l'immense cavalerie des Parthes le débordait, il resserra son infanterie en bataillons ccrrés que flanqua sa cavalerie. Les officiers voulaient qu'on se reposât avant de combattre; mais Crassus, n'écoutant quesonardeur et celle de son fils, ordonna la charge. Alors la plaine retentit des cris a&eux des Parthes, qui, découvrant leurs armes cachées sous des peaux de tigre , éblouirent les Romains par l'éclat de leurs casques et de leurs cuirasses.
Bientôt l'armée romaine fut enveloppée de tous côtés; la cavalerie, harcelée de traits, fatiguée de plusieurs charges inutiles que les Parthes évitaient par une fuite rapide^ se retira pour se mettre sous la protection de l'infanterie. Les légions romaines, pressées de tous côtés,
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voyaient avec rage llnutilité de leur vaillance, f^ les soldats restaient dans leurs rangs^ ils tombaient sous les traits pesants des Parthes; s'ils, voulaient joindre l'ennemi, ils faisaient de vains efforts pour l'atteindre, et le Parttie, en fuyant, leur lançait des flèches acérées. On espéra quelque temps que ces traits s'épuiseraient, et qu'enfin on combattrait avec la pique et le glaive; mais un grand nombre de cliai^s et de chameaux apportaient sans cesse aux Parthes une nouvelle provision de dards. Le jeune Crassus, à la tête d'une troupe d^élite, se précipita de nouveau sur les ennemis, et, trompé, par leur fuite, <ïrut un moment à la victoire ; mail? il fut entouré, privé de tout es*» poir de retraite, accablé par le nombre et tué. Les vainqueurs portèrent sa tète sous les yeux de son père ; cet horrible spectacle jeta la consternation dans l'armée romaine. Crassus, loin d'être abattu, ranima le courage d«a Romains, en leur représentant qiie Lucullus et Scipion n'avaient point vaincu Tigrane et Antiochus sans éprou* ver de grandes pertes, et qu'on n'achetait la victoire que par le sang. On combattit encore toute la journée avec le courage du désespoir ; la perte des Romains fut énorme. Le lendemain, on voulut prendre les ordres de €rarssus ; mais il restait dans un morne silence. Octavius et Gassius^ le voyant sourd à leurs CDusoIations et à leurs remontrances, ordonnèrent la retraite ; Fembarras que causait le transport des blessés retarda leur marche. Les Parthes ne voulurent pas les poursuivre de nuit; ils entrèrent seulement dans le camp et égorgèrent quatre mille hommes qui y étaient restés. Leur cavalerie prit beaucoup de fuyards. Crassus était cependant arrivé dans la ville dé Carres.
Suréna, qui voulait le prendre, lui fit faire des propositions de paix, promettant qu'il lui laisserait la liberté de se retirer s'il lui cédait la Mésopotamie. Par cette ruse^ Suréna gs^na du temps, et son armée campa piï» de la ville. Alors, changeant de. ton, il demanda qu^on lui lîvrAt
Caêsiud et Cradsuâ. Les Romains, indigtiiSs, refùsâi'ent de consentir à «etfe baâsedse, et conseillèrent à leurs géné« raux de prendre la fuite. Andromaque, habitant de la ville, se chargea d^étre le guide de Crassus et de Cassius. Le traître les engagea dans des marais qui les forçaient à revenir sans cesse sur leurs pas. Octavius, conduit par de meilleurs guides, s'était sauvé sur une montagne avec cinq mille hommes.
Cassius, découvrant la trahison, revint à Carrés, franchit une montagne, et parvînt à se réfugier en Syrie, suivi de cinq cents chevaux. Crassus, resté dans les murais avec quatre cohortes et ses licteurs, gagna péniblement une petite hauteur, peu distante de la montagne où s'était retiré Octavius. Les Parthes vinrent l'attaquer. Octavius et ses troupes, voyant le danger de leiir général, se reprochèrent leur lâcheté, et descendirent pour le défendre. Les Parthes, fatigués du combat, commençaient à se ralentir. Suréna employa alors rartiflce; il relâcha quelques prisonniers qui publièrent qu'on voulait la paix. Suréna, tendant la main à Crassus, Tinvita avenir traiter avec lui : mais le Romain, connaissant la fourberie du Parthe, n'y voulait pas consentir; alors ses soldats éclatèrent en injures, lui reprochèrent de les expoâcr à mourir pour lui, dans la crainte de s'aboucher avec l'ennemi.
Crassus opposa vainement les plus \ives prières à Ces reproches; il fut contraint de céder, et partit en conjurant ses officiers de dire à Rome qu'il avait péri, trompé par l'ennemi, mais non trahi par ses concitoyens. Octavius et Pétronius raccompagnèrent. Dès que Suréna le vit avancer, il s'étonna de le voir à pied, et commanda qu'on lui amenât un cheval, a Chacun, dît Crassus, suit les Usages a de son pays : ce n'est point un hommage que je vous « rends ; les consuls romains marchent à pied âla tête de « leur infanterie. —Eh bien f réplicfua Suréna, tous pouce vez regarder le traité comme fait entre Orode et la ré*
^ PBUPLBS D'ASIE. [Ay, J.-C. 657-569«]
'% publique ; mais il faut en venir signer les articles sur « les bords de TEuphrate; car, vous autres<Romains, vous « oubliez souvent vos promesses, n
Les écuyers du roi prirent Crassus, et le placèrentmalgré lui à cheval. Dés qu'il y fut monté, on frappa le coursier pour accélérer sa marche. Octavius, Pétronius et plusieurs officiers voulurent l'arrêter; ce mouvement excita un tumulte, et on en vint aux coups. Octavius, ayant percé un de ces barbares, fut renversé mort par eux; un Parthe plongea son glaive dans le sein de Grass^. Les Parthes s'avancèrent contre les Romains, et leur proposèrent de se rendre : les uns y consentirent, les autres prirent la fuite; ils furent presque tous atteints et passés au fil dé l'épée par les Parthes et par les Arabes. Depuis la bataille de Cannes, les Romains n'avaient pas éprouvé une semblable défaite. Vingt mille hommes y périrent, dix mille furent prisonniers ; le reste se sauva en Arméoiie, en €ilicie et en Syrie. Gassius en forma une armée qui défendit ces provinces contre le vainqueur. (Av. J.-C. 52.)
La défaite des Romains avait été prévue par le roi d'Arménie; il fît la paix avec Orode, et maria une dë'^es filles à Pacore^ fils du roi d«s Parthes. Gomme ils étaieifi au festin des noces, on leur apporta pour trophée la tête et la main de Crassus. On prétend qu'Orode fit verser de l'or fondu dans la bouche de l'infortuné Romain pour insulter à son avarice.
Suréna ne jouit pas longtemps de sa gloire : il est dangereux de tenir une épée qui brille plus que le sceptre. Orode en devint jaloux et le fit mourir. L'ingratitude de ce monarqua est inexcusable : mais Suréna, trop fier de ses exploits, montrait une ambition, étalait un faste qui pouvaient donner de l'ombrage au trône : il voyageait avec mille chameaux pour porter son bagage; deux cents chariots conduisaient ses femmes, et il se faisait accompa^er de dix mille esclaves armés et de mille cavaliei:s qui composaient sa garde.
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Les Parfhes, après leur victoire, comptaii^nt trouver la Syrie sans défense :. ils y pénétrèrent. Cassius les battit et les fovça de repasser TEuphrate.
L'année suivante, Pacdre, fils d'Orode, rassembla une nombreuse armée, entra en Syrie etfit le siège d'Antiochey où Cassius s'était enfermé. Gicéron, général des Romains en Cilicie , marcha à son secours, et mit en fuite un corps de cavalerie parthe. Pacpre, effrayé par ce succès^ se retira, Cassius le poursuivit, le défit entièrement, et tua Arsace qui commandait Tarmée sous les ordres du joince.
Cîcéron, profitant de ses succès^ subjugua toute la Cilicie et délivra ce pays des montagnards armés, qui jusque-là n'avaient reconnu aucune domination.
Peu de temps après, la guerre civile déchira la république romame et empêcha Cicéron de ^ouir des honneurs du triomphe. Les Parthes se déclarèrent alternativement pour Çé^ar et pour Pompée : profitant des troubles qui divisaient les Romsùns, ils firent plusieurs irruptions en Syrie et en Palestine. César, vainqueur de son rival et nommé diictateur, voulait ajoutera sa gloire Thonneur de vaincre \p seul peuple dont la vaillance avait triomphé de la ptâssaiice romaine et mis une borne insurmontable à ses conquêtes. 11 allait partir pour combattre les Parthes, lorsqu'il fut tué, au milieu du sénat, par Cassius et par Bmtus. Octave , Antoine et liépide formèrent un triumvirat pour venger sa mort : ils défirent, .tuèrent ses meurtriers , et se partagèrent l'empire du monde. Antoine , chargé cTe commander en Orient, donna l'ordre à Yentidius, son lieutenant, d'attaquer les Parthes. Cet habile général remporta sur eux deux victoires, et les chassa au delà de l'Ëuphrate. Apprenant ensuite qu'ils rassem^ blaient toutes leurs forces contre Itd, il employa pour les vaincre un strâtagèitne adroii. Un prince arabe était venu près de lui comme allié, mais dansTintenlion de le trahir en faveur des Parthes. Ventidius feignit d'avoir en lui toute confiance ; il parut craindre que les Parthes, au lieu
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ie passer la rivière à Zeugma, près des montagnes, ne s'avisassent. d'effectuer leur passage beaucoup plus bas, dans un lieu où ils ne trouveraient que des plaines trèsavantageuses à la cavalerie. Les Parthes, instruits de cet entretien par leur émissaire, ne manquèrent pas de prendre cette direction, qui exigeait de grands détours et qui leur fît perdre quarante }ours, pendant lesquels Ventidius eut le temps de faire venir de Judée des légions qui renforcèrent son armée. I4e général romain campait sur une hauteur, dans une forte position. Les Parthes vinrent l'y attaquer. Le combat fut long ; les Romains remportèrent la victoire. Pacore périt dans le conibat ; sa mort mit l'armée en déroute. Les fuyards voulaient regagner le pont de TEuphrate ; les Romains les prévinrent et les taillèrent tous en pièces. Cette célèbre bataille eut lieu précisément le même jour où, quatorze ans auparavant, Crassus avait été vaincu. Le roi Orode fut tellement consterné de co désastre et de la mort de son fils Pacore, qtf il en perdit presque la raison, et resta plusieurs jours sans prendre aucune noulTiture ; le nom seul de Pacore sortait de sa bouche. (Av. J.-C. 37.)
Ce prince infortuné avait trente fils de difl*érente^ femmes, qui tous prétendaient au trône. Après avoir été longtemps obsédé par leurs inti-igues et par celles de leurs mères, il choisit pour son successeur Phraate, Taîné de ses enfants, qui malheureusement était le plus vicieux et le plus cruel de tous. ^
• Lorsqu'il fut assuré du trône, il commença par tuer ceux dé ses frères nés d'une fille d'Antiochus, roi de Syrie, parce qu'il craignait que ce monalrque n*appuyàt leurs prétentions. Orode lui ayant montré son horreur de ce crime, ce fils dénaturé le poignarda ; il i»«iola ensuite ses autres frères, et n'épargna pas même soiï propre fils, dans la crainte que le peuple ne se soulevât pour le faire régner à sa place.
Phraate était un monstre j mais il avait des talents mî-
litaîres qui ayéttglèrent peut-être son père, et décidèrent son ^pix. Antoine, jaloux de la gloire de son lieutenant, et.y^«îit au moins la partager, envoya Ventidius triomphd^Ejftome , et lui-môme marcha contre les Parthes, dansvSspoir qu'épouvantés par leur dernière défaite ils lui opposeraietft peu de résistance. Trompé par de perfides conseils, il s'engagea împrudemitient dans le pays des Parthes. Phraàte Tenveloppa, le battît, et peu s'en fallut qu'il n'éprouvât le inême sort que Crassus. Il se vit forcé à une retraite longue et difficile, qui prouva son courage, mais qui lui ^îbùta la plus grande partie de son armée.
• Pliraate aurait pu tirer de grands avantages de sa victoire ; une conspiration des principaux personnages de sa cour l'en empêcha. Ils le chassèrent du trône, et élurent pour roi l'un d'entre etix, nommé Tiridate.
Phraate, ayant rassemblé quelques troupes, renversa son rival ; et, pour affermir sa puissance, il acheta la protection d'Auguste en lui restituant les aigles romaines conquises sur Crassus. Ce qui peutfaii*e juger de la puis-, i^nce des Parthes et de la crainte qu'ils inspiraient, c'est que cette' restittition des aigles romaines fut célébrée à Rome comme aurait pu l'être la plus grande victoire.
Tiridate trouva un asile à la cour d'Auguste, Phraate y envoya quatre de ses enfants par le conseil de sa femme Thernmse, qui les éloignait pour assurer le trône à son fils. Dès qu'elle eut réussi dans ce projet, elle empoisonna son époux. Les Parthes découvrirent ce crime, la tuèrent •et chassèrent son fils.
Ils mirent à sa place Orode II, de la race des Arsacides; çaais bientôt, las de sa tyrannie, ils le massacrèrent dans^ Tin festin, et demandèrent à Auguste un des enfants de Pbraate. L'empereur leiu" envoya Vonone. Ce prince avait pris l'habillement, les nîœurs et le langage des Romains; il déplut à ses sujets,, qui déclarèrent qu'ils ne voulaient pas obéira un escl^«^-dé Rome. Les mécontents offri-
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rent le trône à Artabane, roi de Médie, de la race^ d'Arsade.
Yûuone avait un parti : on en vint aux lï^ains ; Artabane fut vainqueur. Vonone implora vainement le secours des Romains ; il erra quelque temps en Arménie et en Syrie, et finit par être assassiné en Cilicie.
Artabane ne jouit pas paisiblement dutrône ; on lui opposa \m autre enfant de Pbraate qui vint de Rome pour le combattre. Le nouveau prétendant mourut ; mais Pharasmane> roi d'Arménie^ son protecteur, battit Artabane et le cbassa de Partliie et de Médie.
Les Roumains replacèrent sur le trône Tiridate, ancien rival de Pliraate. Cependant, Artabane trouva le moyen de reprendre le sceptre: il fut encore dépossédé; et se ré- . tablit enfin solidement sur le trône.
Ses longs malheurs avaient changé son caractère. Il se fit aimer par sa modération, par son équité. La fin de son ' règne fut tranquille, et sa mort excita de sincères regrets. Dem de ses enfants, Gotarse et Bardane, se disputaient lé trône ;. menacés tous deux par une conspiration, ils se réconcilièrent, et Gotarse céda la couronne à. son frère. ^
Le commencement du règne de Bs^dane fut glorieux. Il remporta plusieurs victoires ; mais son orgueil excita la haine des grands de sa cour, qui le tuèrent, Gotarse, son frère, lui succéda. Claude, empereur des Romains, lui opposa Méherdate, prince Arsacide, qui fut vaincu et pris. Gotarse, par mépris pour les Romains, lui fit couper les oreilles.
Vologèse, son successeur, aussi halrile guerrier que Bardane, battit les Romains et donna-l'Arménie et la Syrie à deux de ses frères, Tiridate et Pacore. Néron, empereur de Rome, avait chargé Corbulon de combattre les Pajh thés. Tiridate perdit d'abord TArménia; mais Vologèse et •Corbulon, qui s'estimaient assez tous deux po^r craindre mutuellement d'en venir à une affaire décisive, coflclurent la paix, et Vologèse eut l-avautagé réel de conserver
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à son frère Tiridatë le royaume d'Arménie, en accordant à Néron le vain honneur de le couronner à Rome.
Li'union entre les deux empires dura jusqu'au règne de Cosroès, troisième successeur de Vologèse. L'Arménie devînt encore le sujet de la guerre. Trajan nomma Parthana^ate à la place de Cosroès. L'empereur traversa le pays des Parthes comme un torrent dont rien ne peut arrêter le ravage. Cosroès temporisa, se retirant toujours devant les Romains, qui firent ^e grandes pertes dans cette expédition sans en retirer d'avantages réels. Dès que ^ajan fut sorti du pays des Parthes, Cosroès remonta sur . 1^' trône et resnversa le fantôme de roi que Trajan y avait placé. Vologèse II, son iils, hérita de son sceptre. Les armes romaines l'obligèrent à faire le sacrifice de quelques provinces. Vologèse III, qui lui succéda, voulut réparer, ses pertes ; l'empereur Sévère le battit, et enleva ses trésors, ses femmes et ses enfants.
Tous les successeurs de Trajan faisaient consister leur gloire à triompher des Parthes ; mais les armées romaines n'étaient pas assez fortes pour conserver des conquêtes si étendues, et les Parthes, trop belliqueux pour s'accoutumer au joug, le secouaient dès que les Romains se retiraient.
Caracalla forma le projet de triompher sans péril de cette indomptable nation. Artabane IV avait succédé à Vologèse, son frère. Caracalla lui fit demander sa liUo on mariage. Les ambassadeurs romains annoncèrent que l'empereur partait pour venir célébrer ses noces à la cour du roi des Parthes. Artabane vint au-devant de lui avec les grands de sa cour et une nombreuse suite sans armes. Caracalla, à la tète de sa ^arde, tomba sur eux à l'improviste, en tua un grand nbmbre, et se f étira chargé d'un honteux butin. Il se fit décerner par le^ sénat, pour cette Mfche ifetion, le surnom de Parthique.
Artabane, échappé à ce danger par une espèce de miracle, jura une haine irréconciliable à l'enq^reur; la na-
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tion entière partagea son ressentiment, les Romains et les Parthes rassemblèrent toutes leurs forces et se livrèrent une grande bataille. L'action avait duré deux jours, la fortune restait encore indécise; quarante mille morts couvraient le champ de bataille ; la nuit seule avait suspendu les efforts des combattants, qui se reposaient appuyés sur leurs armes. Un envoyé romain vint prier Artabane de faire cesser un si long carnage. Il répondit : « Nous ne faisons que commencer; je suis déterminé â « périr avec le dernier Parthe oti à tuer le dernier Ro- « toain. »
L'aurore du troisième jour paraissait ; le roi faisait soii^ , ner la charge, lorsqu'un général romain lui jBt dire (Jue Caracâlla venait d'être assassiné, et que le châtiment du traître devait mettre fin à toute dissension entre les deux peuples. Le roi des Parthes, satisfait, consentit à traiter et conclut une paix avantageuse.
Jamais les Parthes n'avaient acquis plus de gloire; mais cette bataiDe meurtrière fit à leur empire une blessure profonde et incurable : les plus braves guerriers de la nation avaient péri. Los Perses, conquis par les Macéifoniens, vivaient depuis cinq cents ans sous la domination des Parthes; ils profitèrent de leur affaiblissement pour reprendre leur indépendancç. Après plusieurs batailles sanglantes, les Perses remportèrent une victoire décisive. Artabane fut tué ; son armée se dispersa, et les Parthes, sans chef, s'incorporèrent au peuple victorieux.
Ainsi finit l'existence de cette nation qui avait ébranlé le colosse romain. Les Parthes passaient avec raison pour les meilleurs cavaliers et les gjus habiles archers de la terre. Dès leur plus tendre enfan^, ils s'exerçaient à manier tes armes ; depuis l'âge de vingt ans jusqu'à cinquante, ofi les assujettissait au service militairç. Les grands, toujours achevai et arméS, même en temps de paix, he connaissaient d'airtre science que^celle de la gwrîre. * . '^ •
Les Parthes négligeaient Tagriculture et n'avaient ni navigation ni commerce. Une félicité éternelle attendait dans les cieux le guerrier qui périssait dans un cannât. La polygamie était d'usage chez les Parthes; on permettait le mariage entre frères et sœurs. Ils suivaient la religion des anciens Perses et adoraient le soleil sous le nom de Mithra, Leur parole était sacrée : ils regardaient •bmme un infâme celui qui laviptait. Rien n'égalait l'or- ^(aeH des rois qui commandai cni à ces peuples. Arsace, s^adressànt à lin empereur romain, écrivait ainsi : Arsoee, tùi des rois^ à Flavius Vespmien, L'empereuir répondit modestement r Flavius Vespasien à Arsace ^ roi des rois,