CAPPADOCE
Sa dtscription. — rharnace, premier roi. — Ses succe^eurs. — Bègne d'Archélaiis. — Son erapoisoiuteroeDt. — Sa mort ^ La Gappadooe devient prorince romaine.
(An du monde 3644-4Q90. — Avant Jésas-Clirist 360-16.)
Cette contrée, actuellement couverte de ruines, contenait autrefois beaucoup de villes et une population assez niSmbreuse. Césarée, sa capitale, subsiste encore, et le commerce y répand quelque activité. Ce pays est situé entre le Pont, rArménîe, la Galatie et TEuphrate. La religion des Cappadociens était celle des Grecs. On y trouvait un temple magnifique dédié à Bellone : le grand prêtre de ce temple, choisi dans la famille royale, prêtait serment dans le temple de Diane* Le culte des Perses se mêla dans ce pays avec celui des Grecs, et ce mélange finît' paramenerune indifférence telle pourles différetîts dogmes , qu'au temps de la conquête des Romains, les Cappadociens passaient pour des hommes sans religion et saM mœurs. Les chevaux de cette contrée ont toujours été dans rOrient Tobjet d'un commerce considérable. On'y trouvait autrefois beaucoup d*alun, d'argent, de cuivre > de fer, d'albâtre, de cristal et de jaspe.
Le premier roi de Cappadoce «e nommait Phamaçe. (Avant Ï.-C. 360.) Il avait sauvé la vie à Cyrus, qu'un lion voulait dévorer. Ce monarque lui donna la Cappadoce pour récompense. L'empire des Perses était si puissant, , que les rois de Cappadoce ne furent longtemps que des gouverneurs décorés d'une couronne.
Après la mort d'Alexandre, un roi dé Cappadoce, Ariarathe II, voulut se rendre indépeudant. Perdiccas le vainquit dans une bataille^ et le fit mettre en croix avec tous les pxinces de son sang. Un enfaiit seul^ échappé à ce massacre, monta sur le trône. C$ roi, qu'on nomm^dt Ariarme 11^ devint puissant, non par les armear, mais par ses vertus, qui le rendirent l'idole de ses sujets et l'arbitre de ses voisins. Les rois ses successeurs se mirent sous la protection des Romains : c'était seulement changer de joug et prendre des maîtres plus éloignés.
Ariarathe YI reçut du sénat une chaîne d'ivoire. L'orgueil romain était parvenu à faire de ce signe de servitude une marque d'honneur que les rois se glorifiaient de porter. Ariarathe fut tué en combattant pour les Romains. (Avant J.-C. 129,) Il laissa six enfants sous la tutelle de Laodice, leur mère. Cette femme cruelle, pour conserver Fautorité, ifaisait successivement périr ses fils lorsque < approchaient de la majorité. On découvrit enfinses crimes, et elle fut assassinée. Ariarathe VU, échappé à son poignard, périt bientôt après par la perfidie de Mithridate, son beau-frère, qui le fit empoisonner
Ariarathe VIII (avant J.-C. 9i), qui voulait éviter le sort funeste de son frère, leva une grande armée pour combattre son assassin; mais au moment où il allait livrer bataille, Mithridate, Payant engagé à conférer avec lui, le poignarda. Depuis ce moment, la Cappadoce, théâtre continuel de révolutions sanglantes, fut attaquée, tantôt par Mithridate , tantôt paç^'îigrane, et vit successivement sur son trône un fils de Mitrhidate , un frère du dernier roi, et Nicomède, roi de Bithynie, qui s'était rendu
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le maître dn pays. Ce prince gouvernait sous le nom d'un faux Ârîarathe, qu'^1 avait opposé au fils de Mithridate. Ce roi perfide espérait faire passer aussi son propre fils pour un enfant du malheureux Ariarathe, qu^il avait tué. Tous ces prétendants imploraient la protection de Rome pour légitimer leurs droits.
Le sénat, indigné de tant de foûrl^ii^ries, ordonna que la Càppadoce fût libre et républicaine; mais les Cappadociens, préférant le gouvernement m^onarchique, cftoisireut pour roi Ariobairzane (av. J.-C. 89), qui fut bientôt chassé du trône parle fils de Mithridate, et rétabli parSylla. (Av.J.-C.89.)Tigranelerenvetsadenouveauetleforçadese réfugier à Rome. Enfin^ le grand Pompée lui rendit son royaume, qu'il augmenta de plusieurs provinces. Il acheva paisiblement son r^^e. Son fils Ariobarzane II eut mi sort moins heureux ; une conspiration de ses âujets termina promptement sa vie. (Av. J.-C. 51.) Ariobarzane III occupait le trône de son père lorsque Cicéron vint eu Cilicie. Le consul avait ordre de protéger ce roi comme un ami fidèle du peuple romain : il remplit avec succès sa mission, et sauva ce prince d'une conjuration tramée par le grand prêtre de Bellone pour donner le trône à Ariaratho, fràre d^Ariobarzane. Ce pontife avait un parti très-puissant dans Comane^ viUe principale de la Càppadoce. La crainte du courroux des Romains décida les conjurés à renoncer à leurs projets. Lorsque Pompée marcha pour combattre à Pharsale, Ariobarzanelui amena des secours. César, vainqueur, se vengea en levant de fortes contributions sur la Càppadoce, qui fut en même temps pillée par Phamace. (Av. J.-^. 42.) César, ayant vaincu Phamace, se réconcilia avec Ariobarzane, et lui donna une partie de laCilicieetde l'Arménie. Le roi, reconnaissant, refusa, après la mort de César, de prendre parti pour ses meurtriers. Cassius, irrité, l'attaqua, le prit et le fRmourrir.
Ariarathe X, son frère, lui succéda. Archélaiis était alors grand prêtre de Bellone, à Comane ; il descendait du
fameux Archélaûs qui avaît commande les armées de Mîthridate contre Sylla, et avait ensuite trahi son roi pour embrasser le parti des Romains^ Depuis, son pêrô ayant épousé Bérénice, reine d'Egypte (av. J.*G. 44), il tint le pontiScat de la main de Pompée. Le grand prêtre épousa Glaphyra, remarquable par sa beauté. Il en eut deux fils, Sisinna et Archéliiûs; Sisinna disputa le trôneàAriarathe. Miiâfc-Antoine, choisi pour juge de ce différend, et séduit par la beauté de Glaphyra, prononça en faveur de Sisinna.
Cependant Ariarathe triompha de son rival et remonta sur le trône. (Av. J.-C. 36.) Mais cinq ans après, Antoine Ten chassa, pour mettre à sa place Archélaiis, second fils de Glaphyra. Archélaûs, affermi sur le trône, étendît ses Étatsparla protection d'Antoine, et lui prouva sa reconnaissance en amenant une armée à la bataille d'Actium. (Av. J.-G. 31 .) Assez adroit pour se concilier lafaveurd'Auguste après la défaite d'Antoine, il gagna si bien Tamitié ^c Tibère, que ce prince plaida lui-même sa cause à Rome contre les Çappadociens, quil'avaient accusé devantle sénat. (Av. J.-C. 20.) Le règne d'Archélaûs fut longtemps heureux; mais si la reconnaissance avait fait sa fortune, ringratitude la détruisit. Tibère, jaloux du crédit qu'Auguste accordait à ses neveux, fils d'Agrippa, s'était retiré-, à Rhodes. (Av. J.4]l. 16.) On le croyait généralement en disgrâce. Archélaûs, oubliant les bienfaits de Tibère, crut son amitié dangereuse et ne lui rendit aucun honneur (av. J.-C. 2) ; il accueillit même avec empressement son rival Caïus, envoyé par Auguste en Arménie.
Tibère conserva dans son cœur un profond ressentiment de cette conduite. Dès qu'il fut parvenu à Tempire, il accusa Archélaûs d'avoir excité des troubbles dans les provinces voisines de ses États. Trompé par Livie, ce prince vint à Rome pôfer se justifier ; on le mit en prison. (Av. J.-G. 46.) Le sénat ne prononça point contre lui; mais, abreuvé de mépris, il n'y put résister et mourut de chagrin.
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Son ràgne avait ànti oin^ante ans. Après sa mort, la Gappadoee fut réduîia en provinoe romaine.