‹ Histoire ancienneChapitre 55 sur 116 · PERSES · texte numérisé non relu

PERSES

Position de leur emmure. —Leurs mœurs. — Leur gouveruement. ^ Leur» lois et leur culte. — 'Le Zend, livre de Zoroastre. — Productions de la Perse. — Premiers lomps de «• pays,— Ciijuinaroth, premier roi.— Ses successeurs jusqu'à GymiB^^ Ciri^us,— Sonéducatioiu -«.- Ses premières arnies. -«• Traits de sa maguammilé« — Sa guerre avec Crésus. — Crésus est prisonnier — Le nom de Solon lui sauve la vie. — Siège et prise de Babylone par Cyrus. — La main mystérieuse. -«-GouiremaaetttdeCynM, -* Fia de son règne glorieux. ^ Son histoire se* Ion Hérodote. — Cakbysi. — Porte h guerre en Egypte. — Son stratagème pour prendre Pélose. — Défait Psamménits. — Massacre de hérauts. — Désastre dan» l^rmëe de Cambyie. — Retour de ce roi. — Mort du bœuf Apis, — BâS9f6$e du f^wri Prexapç. — FaWirwr une érteraude, — Retour dç Carabyse de Berse. — Sa mort. — Smkrdis. — Fausseté de son nom. — Son gouTernemcnt. —

47i PBUPUBS D'ASIE, [Av. J.^. 657-55».]

• Son imposliire déeooTcrte. — Sa mort. — Htinacra des mages. — Daiiijs I. — Délibération sur la forme du gooTerneraent des Perses. — Élection de Darius par la rase de son écnyer. — Cause des guerres entre la Perse et la Gréée. — Siège deBabyloae. — Prise de cette yille; dérouement de Zopire. — Marche de Darius contre lêi Scythes. ~ Détresse de sou armée. <— Sa retraite. — Autres entreprises de Darius. ^- Ses hérauts en Grèce. — Défaite des Perses. — Mort de Darius. — Xsaxi».

— Son aTénemcnt — Naissance d*Hérodote. — Projet de guerre contre la Grèce. — Réalisation de ce projet — EitraTagance de Xerxès. — Dénombrement de son armée. — Combat aux Thermopyles. -^ Bataille navale à Salamine. ~ Défaite de la flotte perse. — Betoor de Xenès en Asie. — Mort de Mardonius à la bataille de Platée. «^ Destruction de son armée. ~ Atrocités de la reine Amestris. — Mort de Xerxès.— AnTAxancx LoNom-MAiir. — Son entrevue avec Thémistocle.— Ses victoires.

— Peste dans TAttique. — Mort d*Artaierce. — Xiaxis H. — Règne de quarante-cinq jours.-»SooDnH. —Sa tyraimie.— Sa mort par le sopiilice des cendres.

— DAaivs Nonvs. — Révoltes contre lui. — Couronnement dé son fils. — AavAxnci MHiwoN. — Son sacre. — Révolte de son frère Cyrus. — Ses préparatifs de gnerre. «* Bataille entre les deux frères. — Défaite et mort de Cyrus — Fameuse retraite des dix mille.. -^ Tengeanée de la nière du roi. — Son exil. — Autres entreprises d*Artaxerce, — Fin de son règne. -~ Mortde ses cinquante fils. — Mort du roi. — OcHUS. -pSon astuce. — Ses cruautés. —Sa guerre en Egypte. — Sa mort » Atrocité de son favori Bagoas. — Dauii» Codomaii . — Mort de Bagoas. — Règne heureux de Darius. — Époque d* Alexandre le Grand. -^ Sa descente en Asie.

— Bataille duOraniqne. — Défaite des Perses. — Nœud Gordien. — Darius à la tète de ses troupes. —Maladie d'Alexandre. —Marche de Tannée de Darius. — Bataille d*lssus. — Défaite ef fuite de Darius. — Siège et prise de Tyr par Alexandre. — Son reispect pour Jérusalem. — Détresse'de soii armée près de Memphis.

— Construction de la ville d'Alexandrie. — Soumission de Darius rejetéé^par Alexandre. — Bataille d*Arbelles. — Défaite et fuite de Darius. — Rntrée triomphante d'Alexandre dans Babylcme. — Prise de PersépoUs. — Incendie du palais de Xer-

. lès. — Mort de Darius. — ALxxAicras. — Suite desesconquêtes. —Contraste dans son caractère. — Mort de ParméuîMi et de Philotas, son fils. — Discours des ambassadeurs scythes.— Mort de Clytus tné par Alexandre. — Remords d'Alexandre pour ce meurtre. — Sa guerre dans Tlnde. — Sa victoire sur les Indiens, -r Porus est prisonnier. — Constemadon parmi les Macédoniens. — Leur retraite. — Trait de courage d'Alexandre. — Yèngeanee d» Bagou envers Orsine. — Festin de neuf mille personnes. — Mort d*ftphestion. — Dépense de trente-six milHons pottr ses funérailles. — Jfort d'Alexandre.

les Perses, que rÉcriture appelle les ËlamiW, occupaient en Asie une contrée qui ne comptait que cent vingt BiUle habitants partagés en douze tribus. Ils furent subjugués par les Assyriens, et restèrent cinq cent vingt-cinq ans sous leur domination. Après avoir recouvré leur indépendance, Nabuchodonosor les soumit de nouveau; et depuis, la fortune ayant favorisé les armes des Mèdes, les Perses devinrent tributaires de Ta Médie, jusqu'au moment

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OÙ Gyrus conquit l'Asie^ hérita des trônes de Persépolis et d'Ëcbatané, régifà dans Babykme et fonda l'empire des Perses qui domina l'Orient^ sitibjuguarÉgypte et ravagea la Grèce.

Cet empire s'étendait depuis Tlndus jusqu'à la mer Io« nienne, et de la mer Caspienne à l'Océan,

Avant Cyrus, les auteurs de l'antiquité ne nous apprennent rien de positif sur les anciens Perses, dont la puissance devait avoir été cependant assez étendue, puisque, au temps d'Abraham, on voit que le roi de Sodome et quatre autres rois du pays de Ghanaan étaient tributaires des Ëlamites, qui devaient leur origine à.ËIam, petit-fils de Sem.

La célèbre législation des Perses dut son éclat à Cyrus. La reUgion des mages ne reçut sa puissance et sa célébrité que de Zoroastre, qui naquit du temps de Cyrus et publia ses lois sous le règne de Darius, fijs d'Hystaspe, Cepen* dant^ on doit croire que Cyrus et Zoroastre n'avaient fait que réformer et perfectionner les lois civiles ^t religieuses des anciens Perses. Hérodote n'entre dans aucun détail relativement aux rois de Perse qui avaient précédé le fonfïâteur de l'empire ; mais tout ce qu'il rapporte de l'éducation de Cyrus et des usages auxquels il fut obligé de se conformer avant de parvenir au commandement des armées et au gouvernement du pays prouve que la plupart des sages lois de l'empire existaient dans l'ancien royaume des Perses, et que le culte des mages y fut professé de tout temps, ainsi que dans la Médie, qu'on regardait comme son berce^ku. Quelques auteurs ont prétendu qu'il avait existé plusieurs Zoroastre. Nous ne chercherons point à pénétrer dans ces ténèbres, pi^isque nous ne trouvons aucune lumière sûre pour nous y conduire. Ainsi, ce que nous dirons de& lois, des mœurs et de la religion des Perses, se rapporte également aux temps anciens où ces institutions prirent naissance, et à l'époque où Cyrus et Zoroastre les pérfeQtionuèrent. Cette législation, simpïfe dans

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son enfance, forte dans sa maturité^ se soutint pendant les premiei*s règnes dea successeurs de Cyrus, et se cor-* rompit ensuite promptemeut par l'excès du luxe ^\jie la puissance, qui amène toujours la perte des mœurs et la ohute des empires,

Les mœurs des Perses étaient pures et leurs lois très-s(v Tères, L'édùca^tion formait la partie principale de la législation, L'Ëtat se chargeait des jeunes gens : on les èle-* yait en commun : nourriture, études, châtiments, la loi rôgl$dt tout lia viraient de pain, de cresson et d':eau. Dans les écoles, on s'occupait plus de leur cœur que de leur esprit ;ei, comme on voulait fowner des hommes et non des savants, ils apprenaient plus la morale que les lottres.La justice était regardée comme la première vertu, l-ingratitude comme le plus grand des vices. On exerçait leur corps à toutes les fatigues, et Jeur âme à toutes les vei*tus. Ils sortaient de.la classe des enfants à dix*sept ans«

La jeunesse apprenait à tirer de l'arc, à lancer le jave* lot. Les jeunes gens consacraient leurs journées à ces exercices ou à la chasse, et veillaient une partie des nuits dans le^'corps de garde. A vingt-cinq ans, ils entraient dans la classe des hommes : là, ils apprenaient à remplir les devoirs d'officiels et de eoa»nandants. A cinquante, on les exemptait du service militaire, et ils pouvaient prétendre aux places de judicature et d'administration. Chacun, suivant son mériteet sans distinction de naissanpe^ parvenait aux emplois, mais devait passer successivement par tous les grades.

- Leur gouvernement était monarchique : le roi désignait parmi ses enfants cçlui qui ^fevaît lui succéder. Les princes étaient élevés dans l^ur enfance par des eunuques; on leur donnait ensuite pour gouverneurs dçs officiers expérimentés. Oi|.confiait leur instruction à quatre maîtres : l'un leur enseignait la magie ou le culte des dieux et les prindpes du gouvernement ; le second leur apprenait les . règles de k vérité et de la ju&tice^; le troisième é^^ chargé

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de les garantir de Tatteinte des voluptés ; le quatrième •• les exerçait à braver les périls et à s'aflfi'ancliir de toute espèce de crainte.

L'autorité du roi devait être limitée par un conseil da sept magistrats puissants et respectés, que l'État nommait» et sans lequel le monarque ne pouvait rien décider. On gardait dans des archives les registres et les amiales : on inscrivait sur les premiers tous les arrêts rendus, toutes les grâces accordées; les annales, dépôts des lois, contenaient le récit dés événements les plus remarquables.

On voit dans TÉcriture qu'Assuérus se ftiièait lire ses registres et ses annales, qui lui rappelèrent le service que Mardochée lui avait rendu. On exigeait des juges une austère intégrité.

Le droit de juger les hommes ne s'accordait qu*à la vieillesse : les rois surveillaient la conduite des tribunaux, et punissaient sévèrement les magistrats qui s'écartaient . de leurs devoirs. Ils rendaient quelquefois la justice eux- ^ mêmes. Cambyse condamna à mort un juge convaincu d'iniquité : on Técorcha; et le fils, qui remplaçait son malheareux père, fut obligé de s'asseoir sur la peau du juge prévaricateur.

Les lois n'appliquaient la peine de mort qu'à la récidive. On admettait, dans le jugement, les services rendus à l'État et les bonnes actions, en compensation des crimes commis. La délation étsût punie ^land elle se trouvait calomnieuse. On avait divisé l'empire en cent vingtsept gouvernements confiés à des satrapes, qui administraient sous les ordres de trois ministres. Un officier de la couronne était chargé de réveiller tous les matins le monarque et de lui dire : « Levez-vous, et songez à bien . a remplir les fonctions et les devoirs qi^'Oroma^ze vous a « imposés en vous plaçautsurle trône. »

^au%c le prince ne pouvait surveiller lui-n:i.4me toutes les parties d'un si vaste gouvernement, il envoyait dans le» provinces des commissaires qv^on nommait les yeux

I7Ç PEUPLES p'AflEB. [Av. I.-C. e57<p559.]

et les oreilles dii roi. L'agriculture recevait des encouragements ; on avait fait de sages règlements pour diriger ses travaux : il existait une loi qui promettait des récom* penses à l'activité, et qui punissait la paresse. Cyrus, pour honorer Tagriculture^ laboura lui-même des champs, et planta beaucoup d'arbres de sa main.

Voulant ouvrir une prompte cpmmunication entre tou^ tes les branches de Fadministration, il établit des postes et des courriers qui portaient avec rapidité les dépêches aux extrémités de Tempire; on verra que le dernier Darius avait eu dans sa jeunesse la surintendance des postes. Les rois levaient des impôts en argent et en nature : la satrapie d'Aiinénie fournissait vingt mille chevaux. Hérodote estimait les revenus de l'État à cent quarante millions, dont le tiers provenait du seul gouvernement de Babylone. On avait affecté des cantons aux dépenses de l'habillement de la reine; l'un s'appelait canton de la eein' turCy l'autre camion du voile de la reine.

Quand Thémistocle se réfugia en Perse, le roi lui assigna quatre villes pour sa subsistance : Tune lui fournissait son vin, l'autre son pain, la troisième ses viandes, la quatrième ses habits et ses meubles.

La garde du roi se composait de dix mille hommes 4'^lite qu'on appelait les immortels. Les Perses avaient pour armes le sabre, le poignard, le javejot, l'arc et les flèches. 'Ils couvraient leur tête d'un bonnet qu'on ncmmiait tiare. Hérodote, en rapportant l'expédition de Cambyse, dit qu'on examina les morts sur Un champ de bataille, et qu'on trouva les crânes des Perses beaucoup moins durs que ceux des Égyptiens. On attribua cette différence à l'habitude qu'avaient les Perses de couvrir leur tête, tandis qlie celle des Égyptiens était ordinairement nue. Les Perses poftaient pour armes défensives des cuirasses, des brassards et des boucliers d'airain. Leiu*s chevaux épient bardés de fer. On voyait dans leiu* armée une grande ^ quantité de. chariots armés de fau^c et attelés de quatre

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chevaux. Soumis à une sévère discipline, on exigeait d'eux un travail continuel. Lorsqu'ils campaient, fût-ce pour un jour, ils fortifiaient leur camp par des fossés et des palissades. Cyrus, comme on le verra dans la suite, perfectionna beaucoup leur tactiqife. Us avaient fait de grands progrès dans les arts, dans les sciences, et surtout dans Taçtronomie^ qu'ils avaient apprise des Chaldéens. Ils croyaient à Tastrologie, et jugeaient de la destinée des hommes par l'aspect des planètes au moment de leur naissance. On croît vulgairement, d'après les fables de quelques auteurs grecs, que les Perses adoraient le soleil, les astres, le feu et les éléments ; mais leur culte était beaucoup plus épuré. Les Élamites, dignes enfants de Sem, avaient conservé et transmis la croyance d'un Dieu unique : ils honoraient le soleil comme son trône, le feu comme son image, les astres comme ses ministres, les éléments comme ses agents animés. Dieu avait créé la lumière et les ténèbres sous le nom d'Oromaze^ principe du biep, et d'Arimane, principe du mal. Ils appelaient le soleil Mithras. Il est vrai que, dans la décadence de l'empire, sous la domination des Grecs et des Parthes, la religion dès mages s'altéra; on en vit même quelques-uns sacrifier aux divinités des fleuves, des bois, et adorer Vénus sous le nom de Mithra. Mais, lorsque Ârtaxare, dit aussi Ardshir, affranchissant aussi sa patrie, releva l'empire des Perses, deux cent vingt-six ans après Jésus- C^trist, le culte des mages se dégagea des liens du sa- |ïêfeiM.et de l'idolâtrie, que les Grecs et les Parthes avaient laiti^^èr cinq cents ans dans leur pays, et reprit tout à coup âon ancienne puissance et son premier éclat. Sapor rasembla un concile de mages qui rétablit la doctrine. Le zèle pour les lois de Zoroastre redoubla de ferveur : on vit des fanatiques s'exposer à l'épreuve du feu pour prouver la vérité de leur religion: cet ancien culte, qui résista depuis aux- armes des mahométans et à la rigueur de leurs lois, n'a jamais pu être entièrement détruit; il

compte, encore aiqourd'bui, dans TOrient, un assez grand nombre de sectateurs qu'on nomme guèbres, et qui sont l'objet du mépris et de la calomnie des disciples de MaliomçL

Le plus connu et* le seul peut-être qui ait existé dea qug-tre Zoroastre dont parlent les auteurs do l'antiquité naquit dans la Médie, à peu près à la même épqquc que Cyrus : son père s'appelait Parschap, et sa mère Doghdu. Il vécut dans le temps où la science d'Ësdras et la sain^ teté de Daniel étaient en honneur dans l'Orient. Envoyé très-jeune en Judée, les prophètes qu'il servait soignèrent son éducation ; il étudia la sagesse dans les livres de Moïse et de Salomon. . Revenu en Médie, dans la province d'Aderbijan, sa patrie, il commença à prophétiser, et, pour se livrer sans distraction à l'étude, il se retira dans une caverne où il resta longtemps. Il en orna les murs d'hiéroglyphes et de caractères symboliques. Candémir, partageant les préventions des musulmans contre les mages, prétend que Zoroastre invoquait, dans cette caverne, le démon, qui lui apparaissait au milieu des flammes et lui imprimait sur le corps des marques lumineuses. Ce qui paraît certain, c'est que ce fut dans cette soUtu'de qu'il composa et qu'il écrivit sur des peaux l'ouvrage qui contenait sa doctrine et qu'on appelait Zend ou Zend-Avcsta. A l'âge de trente ans, il vint en Bac^iane, s'arrêta à Balch, et y jouit d'im si grand crédit, que quelques au» leurs Tont cru roi de cette contrée* U fit un assez long voyage dans les Indes, et revint communiquer aux mages tout ce qu'il avait appris de la religion des brames.

U présenta son livre à Dariu»^ fils d'Hystaspe, qui adopta son culte, et l'établit à Balch comme archimage, luîlaissant exercer dans l'empire une autorité spirituelle égale à l'autorité temporelle des rois.

Sa religion, comme toutes les autres, devint persécu*^ trice dès qu'elle fut dominante ; elle proscrivit le sabéisme, c'est-^à<Hlire le culte des faux dieux et des idoles.

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Zoroastrc voulait établir ses lois eii Scythle et y faire une révolution religieuse. Darius seconda ses projets; mais Argaspe, roi des Scythes, zélé sabéen, entra enBactriane, battit les Perses, s'empara de Balch, égorgea quatre-vingts mages, et tua Zoroastre sur les débris de son temple. Les auteurs arabes racontent différemment ce fait. Le roi de Touran, disent-ils, apprenant que tous les hommes de guerre étaient sortis de Balch pour se rendre à l^armée du roi Guztaspe, attaqua, avec quatre mille hommes, cette ville sans défense, et fit mourir quatrevingts mages, dont le sang éteignit le feu sacré. D'autres disent seulement que Zoroastre mourut d'une mort \iolente«

Le Zend-Avesta, composé par cet homme célèbre, renferme les principes d'une haute sagesse et de la plus pure morale. On y reconnaît l'existence d'un seul Dieu créatêiu* de l'univers : il annonce un jugement dernier, qui distribuera aux bons et aux méchants des récompenses et des châtiments. Dieu pèsera dans ses balances les actions des hommes : si le bien l'emporte, ils iront dans le cielj et ils tomberont dans l'enfer, si le poids du mal est plus considérable. La fqi délivre l'homme de la puissance de Satan ou Arimane.

Voici les principaux préceptes du Zend : « Honore tes parents. Marie-toi jeune pour que ton fils a te suive et ne laisse point interrompre la chaîne des « êtres. Fais le bien, évite le mal. Dans le doute, abstiens- (( toi. Que les hommes vertueux soient les seuls objets (( de tes libéralités ; mais 'donne le nécessaire à tout le « monde, même aux chiens. Songe (Ju'il faut être pur « pour prêcher. Évite tout mensonge, toute injustice, a toute débauche. Ne commets point d'adultère ni de vol. « Ta main, ta langue, ton cœur doivent être purs. Monc( tre à Dieu ta résignation dans le malheur, et ta recon- « naissance dans la prospérité. Fais du bien jour et nuit, a car la vie est courte, »

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Les mages conservaient le feu sacré que Zoroastrè avait apporté à Kis en Médie, et qu'il disait avoir reçu du ciel. Pour entretenir ce feu, on se servait d'un bois sans tache. Les mages n'en approchaient qu'avec un linge sur la bouche, dans la crainte de le souiller par leur baleine. La pureté du code moral et religieux de Zoroastrè était ternie par sa tolérance pour l'inceste; la religion des mages approuvait le mariage des frères et des sœurs; on prétend même qu'ils avaient porté leur coupable erreur jusqu'à ' préférer, pour les hautes dignités sacerdotales, l'homme né de l'inceste du fils et de la mère; mais rien ne prouve la vérité de cette accusation. Ce qui parait probable^ c'est que Zoroastrè^ en promulguant sa loi, ne se crut pas assez fort pour détruire la coutume établie de tout temps en Perse, en Médie, comme en Egypte, qui avait consacré le mariage entre frères et sœurs, et qu'il craignait, s'il Tentreprenait, de voir tous ses prosélytes abandonner son culte pour embrasser une reUgion plus conforme à leurs habitudes.

La capitale de la Perse, dans les anciens temps, était la ville de Persépolis, située dans une plaine arrosée par l'Araxe. Tous les voyageurs ont vanté la beauté dTe ce pays, fertile en riz, en froment, en fruits, en vins excellents. On y trouve des mines d'or, d'argent et de fer. Le golfe Persique fournit les plus belles perles de FOrient. La terre est jonchée de tulipes, d'anémones, de jasmins, de tubéreuses, qui croissent sans culture. On y mange les dattes les plus sucrées, les pèches les jdus savoureuses ; on y recueille le meilleur opium. Les chevaux persans ne le cèdent en vitesse qu'aux chevaux arabes.

Les Grecs, indifférents sur les événements qui s'étaient passés en Asie avant les conquêtes de Gyrus, nous ont laissés dans l'ignorance sur le règne et même sur l'existence de ses prédécesseurs. Mais, avant de faire connaître le peu de lumières qu'ils nous ont transmises sur la famille de ce grand monarque, nous croyons devoir rap-

porter ce que les Perses ont ôciit sur les premiers temps de rhistoire de leur pays.

Suivant les fastes héroïques des Arabes, Cajumarofh , dont le nom signifie en persan juge équitable , fut le premier roi des Perses. Il disait qu'un roi doit toujours sar^ erifier son bonheur à celui de son peuple ; et comme il se conforma constamment à cette maxime, pendant un règne long et glorieux, sa mémoire fut toujours révérée en Orient. Son fils vécut dans la retraite et s'adonna aùi sciences.

Cajumaroth avait abdiqué pour laisser le trône ft son petit-fils ; mais ce jeune prince ayant été tué dans Une bataille, Cajumaroth reprit la couronne, civilisa les Per* ses, leur apprit à bâtir^ à filer ; et on le regarde comme le fondateur de la religion des mages.

Ifn de ses pètits-fils nommé Husang, qui lui succéda, inventa la charrue, creusa des canaux, apprit à ses sujets Tart d'exploiter des mines, et celui de fondre et de fopger des métaux. V .

Les Perses citent pc\rmi ses suecesseure Thamasrâb (on celui qui humiilie le diable). Il conquit plusieurs provinces et se fit chérir par ses vertus. Gjemschid (c'est-à-dire I0 soleil) est regardé parles écrivains arabes comme le plus célèbre dès anciens rois de Perse. Savant et législateur, on l'appelait le Salomon persan. Il réforma le calendrier partagea son peliple en trois classes, celle des guerriers, celle des laboureurs et celle des artisans. Il, établit des greniers d'abondance qui préservèrent ses sujets du fléau de la famine. Avant lui, te vin n'était qu'un remède; sou* son règne, il devint une boisson générale. Au renouvel* lement de l'année, 6e prince célébrait des fêtes qui duraient sept jours. Il accordait pendant ces solennités un grand nombre de grâces à tous ceux qui s'en étaient rendus dignes. Semblable en tout à Salomon, il se laissa, vamcre par la volupté ^ et se fit mépriser dans sa vieUleÎ9se. Ses sujets se révoltèrent sous la conduite de Déhoo.

Jjô roi votûut en vàîïi défendre son Irône* Il fut vaincu et , pris dans une bataille. Déhoc le fit scier en deux. Le nom de l'usurpateur présageait un règne tyrannique , car il signifiait la réunion des deux vices. Ce prince cruel gouverna Ja Perse avec un sceptre de fer. On prétendait qu'il était magicien et qu'il avait fait uiv pacte avec Arimane (le génie du mal) y qui lui appliqua ses lèvres sur l'épaule , et fit naître un ulcère dont on ne pouvait apai- «er la douleur qu'en le lavant avec du sang et en le cou* vrant de cervelle humaine.

Les peuples^ las de sa férocité, se soulevèrent. Un forgeron, dont le fils avait été sacrifié au tyran, se mit à la tête des révoltés, prit pour étendard son tablier de cuir, qu'il portait dans toute la Perse, en criant : Guerre m barbare^ et vengeance ! Ce généreux artisan battit l'uaurpateur, le tua, et plaça sur le trône Phrydun, l'un des fils de Gjemsclîid,. qu'il avait dérobé au poignard de Déhoc. Le règne de ce prince fut glorieux et signalé par d'importantes conquêtes. Phrydun, entraîné par sa passion pour une fiUe du meurtrier de son père, l'avait épousée ; il en eut un fils nommé Turc, qui se révolta, et lui fit la guerre. €e fils ingrat et rebelle, vaincu, banni et forcé de s'étft- Mr daï^ une province voisine, y fonda un royaume qui prit son nom. Les Arabes ont <5ru trouver dans cette histoire l'origine de la haine des Perses contre les Turcs.

Phrydun laissa son trône au second de ses fils, nommé Manujarh, dont le caractère pacifique rendit ses peuples heureux. Nùdar, son successeur, fut presque toujours en guerre avec les Turcs» Un des vizirs de ce roi, nommé Séhan, habitait le Sygistan, sur la fwmtière des Turcs. L^ fils de Séhan, qu'on appelait Zalzer, à c«use de la cou- Jeur dorée de ses cheveux, rencontra à la chasse une fille turque,nommée Roudaba.llen devint amoureux et l'épousa secrètement, malgré les périls auxquels devaient l'exposer le ressentiment de son père et celuidurôi. De ce mariage naquit Bustan, le ^léros des temps fabuleux de la Persa,

Zalzer fut obligé de cacher longtemps dan^ les forêt$ son existence et celle de son ffls; mafs, apprenant que. Iç roi Nudar était vivement pressé par les Turcs, il sortit de sa retraite et fit des prodiges de valeur pour défendre son prince et rapatrie. Malgré sçs efforts, le roi perdit h bataille et la vie. Zalzer le yengea par des victoires, çt couronna Zob, l'héritiçr du trône. Ce monarque, dont les Perses vantaient la sagesse et Téconomie, eut Tingratltude dQ vouloir perdre son défendeur. Zalzer, irrité, le combattit, le détrôna, et fit régner à sa plaqe Kejkobad. Ainsi fipit, par la mort de Zab, la première race des rois persans, à peu près dans le même temp§ où Josijé gouvernait les Hébreux, Le règne de Kejkobad fut avantageux pour la Perse j ce prince protégea ragriculture, encouragea le commerce, et rendit les communications plus faciles en perçant le pays de grandes routes. Zalzer le secondait dans son administration. .Le fameux Rustan, qui commandait ses troupes, remporta plusieurs victoires contre les Turcs/ et répandit au loin la gloire de ses armes.

Le roi éprouva le sort de Thésée. Sa femme, aussi coupable, que Phèdre, devint amoureuse de giavek, son beanfils, qui repoussa §es yœux criminels : elle l'accusa. Le roi, furieux, avait jnré la mort de son fils; mais il découvrit la fourberie de la reine, et voulut la faire périr. Sigivek fléchit son père et sauva la yie à cette femme impudique et cruelle.

Kejchosran, héritier de Kejkobad, combattît toute ça vie contre les Turcs. Ce fut, dit-on, sous son règne, que vécut le célèbre Lockman, TÉsope des Orientaux, et dont les fables font encore les délices des Turcs et des Perses fnoderne». On demandait un Jour à ce sage comment il était parvenu à se rendre heureux. Il répondit ; a En di- « sant toujours la vérité, en tenant constamment ma pa- « roft , et en ne me mêlant jamais de ce qui ne me regardait «r pas. » Lhoraspe régna peu de temps après. Son fils Guz-

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tftspè se rôvalta contre loi. he jeune prince, vaincu et banni, vécut longtemps ignoré dans une profonde retraite.

Suivant un usage antique, lorsque le roi de Perse vou« lait marier une de sesfiUes, il la conduisait dans une galerie où se trouvaient réunis tous les princes et tous les grands qui prétendaient à sa main, et celui d'entre eux auquel elle offrait une pomme d'or devenait son époux. Lhoraspe voulait marier sa fille. Le jeune prince Guztaspe quitta sa solitude, vint secrètement dans la ville, et, au moment de la cérémonie, se mêla parmi les prétendants. La princesse Taperçut et lui donna la pomme. Le roi fit d'^ord éclater son courroux : les larmes de ses enfants rapaisèrcnt. Il était vieux,^ dégoûté du trône ; il le quitta et y plaça son fils.

n parait que le roi Guztaâpe est le premier Darius des auteurs grecs. Les Persans prétendent que Zoroastre parut sous le règne de ce prince, et perfectionna le culte des mages. Les Arabes lui attribuent beaucoup de miracles, n transporta, dit-on, le roi Ouztaspe dans le paradis, et lui en fit admirer toutes les merveilles. Le règne de Guztaspe fut belliqueux et glorieux. Cependant, à la fin de ses jours, le roi de Toulon le battit, s'empara de Bach, égorgea quatre-vingts mages, et fit, à ce qu'on croit, périr Zoroastre.

Bahamad monta sur le trône, n employa toute sa vie à guérir les blessures que les guerres étrangères et les troubles civils avaient faites à son royaume. Tolérant pour toutes les religions, il protégeait également les sabéens et les mages , quoiqu'il penchât personnellement pour le culte de Zoroastre. Il gagna la confiance du peuple, en le consultant sur l'administration. Cette déférence apparente affermit son autorité. Son fils aine dédaigna de régner et se retira dans une solitude. Dégoûté lui-même du trône, il le céda à sa femme Omaî, qui était enceinte. Bahamad acquit la réputation do plus populaire desrois\

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