‹ Histoire ancienneChapitre 56 sur 116 · M. I.-C.1 PERSES · texte numérisé non relu

M. I.-C.1 PERSES

On cite de lui cette maxime : fja porte du prince ne doit jamais être fermée. .

Lorsque Omaï accoucha, les devins consultés prédirent que son enfant serait le fléau de sa patrie. Sa mort fut décidée; mais la reine, ne pouvant se résoudre au sacrifice de son fils, ordonna qu'on exposât sur la rivière le berceau qui le renfermait. On avait eu soin d'y placer d^^ bijoux précieux. Un teinturier qui lavait sa laine aperçoit le berceau et le porte à sa femme. L'enfant, élevé par eux, grandit, embrassa le métier des armes, acquit une grande renommée par ses exploits, et se fit reconnaître par sa mère, qui lui céda le trône, sur lequel il monta sous le nom de Darah P'.

Omaî ne fit pas de conquêtes comme Sémiramis ; mais elle fit construire, comme eUe, des palais magnifiques et des monuments superbes. Guztaspe avait commencé à bôtir Persépolis ; Omaï l'agrandit et l'embellit. La prédiction des devins faisait redouter le règne de DaraL ; Tévt'^nement prouva la fausseté de leur. science, car le règne de ce prince fut heureux et pacifique.

Darah II était le fils de Darius Godoman, dont les écrivains grecs ont écrit la vie : mais les Persefî, loin de représenter ce roi comme bon et juste , disent qu'il fut cni&l etpersécutéur,et que le mécontentement despeuples appela en Asie Alexandre le Grand, dont ils racontent les exploits en les dénaturant et en les mêlant de fables. An reste, selon leur récit, comme dans l'histoire grecque, Darah périt victime de la trahison d'un de ses sujets* Quoique les historiens persans prétendent avoir tiré leurs narrations des anciennes annales de la Perse, ils ne peuvent inspirer la moindre confiance. Cette histoire ne parait qu'un tissu de fables fondées sur une fausse tradition populaire.

Nous avons déjà vu que les Grecs ne nous ofii*ent rien ^ de plus certain sur les temps anciens de cette monarchie. Eschyle , dans la tragédie des Perses y cite les noms des deux rois qui avaient régné avant Cyrus. Hérodote, en ,

186 PEUPLES D*ASIE. [Av. J.-C- 5M-529.]

parlant de Cambyse, père de ce monarque, ne lui accorde pas Ih titre de roi, mais le compte au nombre des hommes les plus riches et les plus puissants de cette contrée. Selon cet historien, lorsque Cyrus, s^étant échappé d'Ecbatane, fiit arrivé en Perse, Harpage, qui l*avait sauvé de la mort dans son enfance, lui écrivit pour l'engager à soulever îôs Perses. Cyrus, profitant de ses conseils et de ses secours, rassemibla les tribus de ce royaume, et leur persuada de s'armer pour secouer le joug du roi des Mèdes, qu^il combattit et défit complètement.

Xerxès se faisait honneur de descendre d'Achéménèç, père de Cambyse et aïeul de Cyrus»

D'autres historiens assurent que plusieurs rois gouvernèrent les Perses, dans les temps même où ils. étaient soumis aux Assyriens et aux Mèdes : ils citent les noms de Perses, le permier de Ces rois ; d'Achéménôs, qu'on disait avoir été nourri par im aigle ; de Darius, son. fils, père de Cyrus I^' ; de Cambyse, qui lui succéda et donna naissance au grand Cyrus. '

Nous ne chercherons pas plus longtemps à percer ces obscurités, et nous allons commencer Thistoire de i*empire des Perses par le règne de Cyrus, en suivant le récit de Xénoplion , dont les lumières et la philosophie nous font regarder Topinion comme préférable à celle d'Hérodote.

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