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SECOND AGE DE LA GRÈCE

(An do monde 2820-2483. — Ayant Jésus-Christ 1181-521.)

NouYei^tt gouTernement de la Grèce. — Première république. ~ Partage do Pélopouèse entre les Héraclides. — Origine de Lycurgue. — Sa maguanimité, -^ Naissance de Chanlaiis. — Voyage de Lycurgue. — Révolte à Sparte. — Mort de Cbarilaus. — Retour de Lycurgue.

Après avoir fait connaître les temps fabuleux et héroïques de la Grèce, temps qui ^nt été plutôt chantés qu'écrits^ et sur lesquels la poésie nous a transmis^ plus de Iut mière que la philosophie et Thistoire, le hl des événements semble tout à coup interrompu : la civilisation des Grecs s'avance dans le- silence et dans Tobscurité; iious n'avons que des relations incertaines sur . tou§ les ^^îlfenements dont la Grèce fut le théâtre pendant quatrB cents ana.

Un petit^ nombre de noms célèbres, de faits miarquants^ échappés à Toubli et transmis par les écrivains de l'antiquité, nous apprennent seulement que les Héraclides, quatre-vingts ans après la guerre de Troie, chassèrent les Pélqpides de la presqu'île, et forcèrent les lorffens et ies Achéens à s'exiler et à passer en Asie, où ils fondèrent de nombreuses colonies., ■ .

Toutes les villes, tous les peuples jj^ la Grèce étaient -gouvernés dans* le premier âge par des rois : on voit qu'Agameninon commanda ceu^ de^ son temps. Quatre siècles après, l'esprit républicaih se/répancjit par toute la Grèce; le gouvernement monarcbique ne se maintint que dans la Macédoine ; l'amour de la liberté devint la première des passions. La vengeance des rois avait causé la ruine de Troie ; l'amour de l'indépendance fit sentir à chaque ville sa force, "à chaque homme sa dignité :. ou discuta*T[es lois auxquelles on voulait se soumettre?; on consulta les sages de tons les pays. La lumière, dissipant les ténèbres, rem-

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plit la Grèce de législatenrs, de philosoi^es^ de poêles et d'oratenrs. .

Le désir de commander reste le même parmi les hommes, et ne fait que changer de forme; suivant les différentes espèces de gouyeiTiement«4^hez les Grecs sauvages il fallait être te pins foripour dominer : c'était le temps d'Hercule^ de Thésée et de Philoctète, etc. Sous la domination des rois^ la bravoure qui les défendait, la flatterie qui caressait leurs passions, étaient les seuls moyens d'arriver à la puissance: mais, poar parvenir au gouvernement d'un peuple libre, pour primer parmi ses égaux, il faut avoir la science qui èdaire, Téloquence qui persuade, le talent qui séduit et entraine, ou l'héroïsme qui éblouit.

Aussi Ton vit bientôt cette petite c<mtrée, que connaissaient à peine l'Afrique et l'Asie, peuplée de talents supérieurs, de génies transcendants , de guerriers célèbres, répandre lie ^lus vif éclat dans le monde. Tous ces rois ligués avaient été dix ans devant les remparts d'une seule ville : ses peuples, devenus libres, furent promptement en état de résister à toutes les forces de l'Asie, de dominer toutes les mers, et de porter leurs armes eu Sicile, en A£ri)|ne et jusqu'aux bornes de l'hide, - '•

Il aurait été aussi curieux qu'injportant de suivre avec dêfail les causes de cette grande révolution qui chiangea la face de la Grèce, et les degrés par lesquels on .parvint à l'opérer; mais comme elle commença peu de temps après la prise de Troie, à cette époque obscure du passage de la fable à l'histoire, lés-anciens ne nous ont transmis à cet égard que des notions vau:ucs. . - , . '

Ce qu'on sait positivement, c'«\stqui^^ dans yoi-i^in»», Ifs Grecs, ainsi que l'observe Platon, s'étaient tous soumis aii gouvernement monarchique, le plus ancien, le plus universellement répandu, le plus propre à entretenir la paix, et dont l'autorité paternelle avait donné l'idée et le modèle.

Peu à. pou les passions des courtisans, la corruption des monarques, leurs injustices, la violence des usurpateurs

^4 HI8T01BE Si LA CDdCOB. [At* h^ liSA-Sll«]

qttl s%nparaient de la puissaneoi fli^éiit dégénérer la mo^ nàrchie en despotisme. Les premiers rois avaient un poîl- Yôir bdmé;, cottsultaient leur nation et lié gôtltemaient gtte pour elle t l'habitude et rivress> dtl pouvoir leur persuadèrent que leur Volonté devait tenir liéii de loi; et que UuH peXIples ne devaient être qUe les iûstrtiments de îeiiW pàiàions. On petit juger, par les crimes dont le palais des Atrides ftit le théâtre, des désordres qui régnèrent alors dans toutes lei cours de la Grèce.

Un peuple à demi éivilisé, conservant la vigueur de la barbarie, ne pouvait supporter tranquillement une telle servitude ; Téloignement des rois grées pendant dix années avait accoutumé les nations à leur absence; un désir violent de liberté s'établit partout, excepté dans la Macédoine. Les peuples se donnèrent un gouvernement républicain, mai» varié suivant leuf génie et leiu* caractère.

n resta cependanf toujours quelques partisads du régime monarchique } de temps, en temps, on vit des citoyens ambitieux se rendre momentanément maîtres de leur patrie; quelques guerriers heureux,"quelques hommes opulents, méprisant les lois et n'écoutant que leur ambition, s'élevë* rent au pouvoir suprême par trahison ou par violence.

N'ayant pour eux ni le droit de naissance ni celui djélection, ils vivaient dans les alarmes ; pour maintenir leiff usurpation, ils sacrifiaient â leur sûreté tous ceux dont ils redoutaient le.mérite; le rang, l'opulence et le patriotisme. Cette conduite inhumaine, qui finisisait presque toujours par les jM*écipitcr du trône, fit détester aux Grecs non-seulement l'autorité, mais le nom de tyran, qui signifiait alors ffyi,

-La haine attachée à cette odieuse dénomination s'est conservéd jusqu'à nos jours. On peut encore, je crois, attribuer la révolution arrivée en Grèce à une autre cause ; la monarchie convient aux grands États, et la république aux petits : la Gi-èce était trop divisée pour conserver longtemps cette foulp de princes, dont l'ambitioû, ]es dépenses.

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