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sion nécessaire; on le jette soit du bord même, soil d'un bateau, puis, sur un signal du chef, une demi-douzaine d'hommes se mettent aux cordes et baient à terre. Les poissons, sitôt pris, sont emportés, les plus grands à bras, les
Pie. 62.
La pèche au filet.
plus petits dans des paniers. On les dépose sous un hangar voisin où des saleurs les ouvrent, les vident, el après h s avoir frottés de sel, les suspendent sécher en plein air. Le procédé n'est point des plus efficaces. Le poisson qu'on prépare de la sorte a toujours un arrière-goût désagré ib!e ; il exhale une odeur forte et se gâ(e vite. Les gens du ; n'y regardent pas de si près; c'est [unir eux un régal qu'on ne leur offre pas tous les jours, el les riches eux-mêmes ne dédaignent pas d'y goûter à l'occasion.
Les filets qu'on emploie à chasser les oiseaux sont de dimensions assez grandes (fig. 63). On les mont-' sur un
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La chasse au lilet.
cadre en bois hexagonal, qui s'ouvre en deux au moyen de charnières. On choisit pour les tendre une eau à peu près libre, entre deux taillis de roseaux On attache l'engin, tout
ouvert, par une corde assez courte, à un pieu fiché dans la vase, et trois ou quatre hommes s'attellent à une seconde corde fort longue, disposée de façon à le refermer quand on la tire. Cependant !e chef des chasseurs jette l'appât, quelques poignées de grain ou des croûtes de pain émiettées, et, se dissimulant de son mieux, observe les mouvements des oiseaux. Dès qu'il les trouve en bonne position, il lance ses dernières instructions à voix basse. ((Attention à bien marcher, cela va bien, le gibier est propre ! » 11 se lève brusquement en déployant une bande de linge, les hommes tirent sur la corde, les deux nappes retombent avec un bruit sec. Une demi-douzaine d'oies qui n'étaient pas à portée s'envolent, une trentaine demeurent prisonnières. Prestement les chasseurs mettent en cage les jeunes qu'on espère apprivoiser, et lient les autres par les pattes en paquets de trois ou quatre. Un premier aide tord le cou et plume le gibier, un second lui tranche la tète et le vide, un troisième l'empote avec du sel, sans le fumer (fig. 64). On traite ainsi non seulement les oies et les canards, mais la menue volaille, comme la caille et la perdrix. On trempe ces conserves dans l'eau pure pendant quelques heures avant de s'en servir, et, quand on les juge suffisamment dessalées, on les met crues sur la table, ou on les accommode en ragoût : bien préparées, c'est un manger, sinon délicat, du moins préférable au poisson pour le goût.
La chasse au désert était à l'origine non-seulement un plaisir, mais une nécessité. Elle avait deux objets également importants : recruter les troupeaux, détruire les bêtes féroces. La plupart des animaux qu'on voit aujourd'hui clans les fermes n'étaient pas encore entièrement asservis à l'homme. Le mouton, la chèvre, l'âne peut-être, étaient domestiques, mais le porc restait à l'état demi-sauvage dans les bourbiers du Delta, et le bœuf lui-même, à peine apprivoisé, ne se laissait prendre qu'au lasso. On allait le
relancer sur ces terrains indécis qui s'étendent entre les derniers canaux détachés du Nil et le pied des montagnes.; puis on s'attaquait aux gazelles, aux oryx, au mouflon, à l'ibex, qui descendaient boire dans la plaine, et on les poursuivait jusque dans les gorges ou sur les plateaux déserts où ils vivaient. Des meutes incohérentes, où le chacal et le chien hyénoïde figuraient à côté du chien loup et du lévrier efflanqué, dépistaient et rabattaient pour le maître la
Fig. 64. — Fabrication des conserves d'oiseaux.
proie qu'il perçait de ses flèches. Parfois un petit suivait le chasseur qui avait tué sa mère et qui emportait le cadavre, parfois une gazelle blessée légèrement était traînée au village et guérissait. Ces prisonniers se familiarisaient au conlact journalier de l'homme, et formaient autour de son logis des sortes de bardes disparates, que l'on gardait un peu par amusement, beaucoup pour le profit qu'on en retirait : c'était, en cas de besoin, une provision de viande sur pied. Les chasses sans cesse renouvelées les entretenaient : quelques-unes d'entre elles se comptaient par centaines. Le temps enseigna à distinguer parmi les espèces
celles dont on pouvait tirer bon parti, et celles que leur na turel farouche rend rebelles à la domestication : aujourd'hui l'on voit encore çà et là, dans la maison des grands, quelques gazelles privées qui font la joie des enfants et des femmes, mais on a renoncé à en avoir des troupeaux complets, et, quand on chasse, c'est une distraction qu'on se donne, non pas une corvée utile qu'on s'impose.
La plupart des principautés ou des nomes ont leurs gardechasse réguliers, placés sous les ordres d'un Chef des chasseurs. Habitués à battre sans cesse la montagne, ils finissent par la connaître jusque dans ses moindres replis. 11 n'y a sentier qu'ils n'aient parcouru, source ou puits dont ils n'aient relevé la position, ravin qu'ils n'aient exploré d'un bout à l'autre; ils sont comme l'avant-garde de l'Egypte en face des Bédouins, et leur vigilance a sauvé plus dune fois les cantons et les villes les plus riches de la vallée, contre les incursions des Tahonou, des Anou, des Qahaq et des au Ires tribus à demi barbares qui rôdent à l'orient et ta l'occident. Nakhtmînou a chargé Bakourro, actuellement Chef des chasseurs, de tout préparer pour une battuede deux ou trois jours dans l.i direction du lac des Gazelles : le rendez-vous général est fixé à l'entrée du Val d'Apou, sous la Roche Écrite, entre neuf et dix heures du matin.
Quelques minutes de marche le long du canal, puis on tourne brusquement à l'est et l'on arrive à l'entrée de la vallée. C'est un lit de torrent desséché, fond de sable fin, semé de longues traînées de pierres roulées. Les parois sont taillées à pic, mais l'action du soleil a détruit la crête et les couches supérieures, et la roche désagrégée s'est écroulée en longs talus de décombres (fig. 05). A chaque tournant, ces talus se déplai ent et changent de côté : les eaux les minent pendant l'hiver, aux endroits où le courant appuie le plus fort, puis les emportent bloc à bloc et les rejettent plus bas vers la plaine. La gorge, assez large d'abord, s'étréeit
bientôt. Elle est coupée en bix endroits par des bancs de pierre dure et compacte, que les eaux n'ont pas réussi à user complètement : ce sont comme six gradins superposés, d'où six cascades retombent au temps des pluies. Chaque fois qu'on passe de l'un à l'autre, on doit escalader la muraille par de petits sentiers étroits et abrupts, remplis de cailloux croulants. L'intervalle entre le quatrième
Fïg. 65. — La vallée d'Apou.
et le cinquième est un plateau uni, large de deux cents mètres, et coupé, par le milieu, d'un ravin étroit. Les eaux refont là, en petit, le travail qu'elles ont exécuté en grand pour créer la vallée. Elles ont creusé une tranchée profonde de six à huit mètres, large de trois ou quatre, et obstruée de galets et de blocs énormes qu'elles délogent et charrient un peu plus loin chaque année. Une végétation vigoureuse s'y développe et s'y maintient, à l'ombre des rochers, longtemps encore après que les chaleurs de l'été ont tout desséché à l'entour. Une variété de câprier à fleur violette,
LECT. UIST.