LA "BARRIÈRE T>E SAINT-MANDÉ
Ce n'était pas une barrière, — - c'était une solitude. Encore aujourd'iiui^ c'eft la porte d'une verte oasis, V Avenue du Bel- Air ^ où se réfugient, dans la belle saison, les bourgeois & les bourgeoises riches de Paris, — que doit cependant effaroucher un peu^ maintenant^ ce diable de chemin de fer de Ceinture^ qui coupe en deux l'Avenue & mêle de fâcheux sifflements de locomotives aux pépiements des moineaux francs cachés sous les ramures.
Mais, en dépit du chemin de fer^ il n'en refte pas moins là, de l'ancienne barrière, à la porte du bois de Saint-Mandé, une avenue égayée par une double bordure de maisonnettes d'une tranquillité & d'une poésie à vous donner envie d'être rentier pour pouvoir dépenser là le reftant de vos jours, — & même davantage.
194 ^^s barrières de Taris
Dans l'une de ces maisonnettes^ ]a quatrième ou cinquième à droite, la plus smiple mais non la moins pittoresque, a demeure' — & demeure peut-être encore — une des plus jeunes & des plus jolies pensionnaires du Théâtre-Français.
Du talent? Ma foi, je l"ignore, Ne connaissant rien à cela. Mais de la grâce, & puis encore Un esprit du diable.. . Voilà !