‹ Histoire anecdotique des barrières de ParisChapitre 29 sur 61 · LA "BARRIÈRE "DE LA SANTÉ · texte numérisé non relu

LA "BARRIÈRE "DE LA SANTÉ

Je ne connais pas à Paris de quartier plus désert, malgré son nom fort engageant. Ou les Parisiens connaissent l'antiphrase, & savent que les Furies s'appelaient Euménides, ou ils dédaignent les occasions qui leur sont offertes de se bien porter. Ah! il y a de l'espace, de llair, de la solitude par là, entre le Champ des Capucins & le boulevard Saint-Jacques! Eh bien! nous n'irons pas ! nous préférons nous entasser, comme harengs en caque, dans les quartiers bruyants & dans les rues malsaines !

A cela il n'y a rien à objeiler : les Parisiens sont libres, — du moins ils ont fait trois ou quatre révolutions pour l'être.

La rue de la Santé eft donc une rue déserte, & la Barrière de la Santé, située à Textrémité de cette rue, était donc une barrière peu fréquentée, sinon par les

244 ^s ^Barrières de 'Paris

parents ou amis des pensionnaires de VHospice Sainte-AnnCy — & les pauvres n'ont presque pas de parents & pas du tout d'amis.

Il eil inutile d'ajouter que cette humble & mélancolique barrière n'était décorée d'aucune architefture à la LeDoux. A quoi bon^ en effet? Une grille suffisait : elle avait une grille^ mais voilà tout.

Page 1