LE DIRECTOIRE ET LE CONSULAT
Batailles et victoires sont devenues l'unique préoccupation de la France. L'apaisement se fait à l'intérieur, bientôt le Directoire va, avec ses allures de carnaval grec, ramener le luxe et l'éclat dans Paris; mais vers les armées, par delà la frontière s'envolent les pensées.
Odes ou impromptus s'abattent autour de Bonaparte, son nom inspire poètes ou rimeurs, dont les journaux accueillent à l'envi les improvisations.
Animé, lui aussi, par l'enthousiasme guerrier, Chénier, dans son rapport à la Convention, insistait sur ce point que « de l'Ecole de musique étaient partis ceux qui, parleurs accents belliqueux, animaient l'intrépide courage de nos armées », et un crédit de 240,000 fr. avait assuré l'existence du Conservatoire.
Enrécompense de nombreux services rendus à l'art, Sarrette était nommé commissaire chargé de l'organisation. A Gossec, Grétry, Lesueur, Méhul, Cherubini on confiait l'inspection de l'enseignement, et quatre professeurs leur étaient adjoints pour les aider dans l'administration du Conservatoire.
Une collection complète des partitions et ouvrages relatifs à la musique, une réunion d'instruments antiques et modernes formaient
la Bibliothèque, remise aux mains de Frédéric Eler.
Le nombre des professeurs est ainsi fixé : le solfège a 14 titulaires, la clarinette 19; 6 pour la flûte, 4 pour le hautbois. Le basson en possède 12, le premier cor 6; même nombre pour le second cor. Moins favorisés sont le serpent avec 4 maîtres, l6S trompettes avec 2 seulement. Un pour les buccines, et 1 pour les timbales. Huit au violon, 4 à la basse, 1 à la contrebasse. Six artistes d'élite guideront les études des clavecinistes. Ceux-là qui aspirent à la succession de Lays ou de la Saint- Huberty auront 3 maîtres de vocalisation, 4 pour le chant simple, 2 pour le chant déclamé. — Pour terminer la liste, 7 professeurs de composition, 13 d'accompagnement, 1 organiste. — L'étude de la harpe est admise, mais les élèves entretiendront l'instrument confié à leurs soins.
D'après le règlement du 15 Messidor an IV, les membres du Conservatoire doivent contribuer à l'exécution des fêtes, assurer le service de la musique auprès du Corps législatif.
Quatre leçons par décade sont assurées aux élèves, pour lesquels un examen d'admission est établi chaque trimestre.
Dans les deux mois qui suivirent la publication de la loi, les inscriptions se multiplièrent. La Seine envoya 131 concurrents; Seine-et-Oise, la Seine-Inférieure, la Gironde, les Ardennes, la Marne, l'Oise, le Jura se distinguent à sa suite.
Les amis de la musique attendent avec impatience l'ouverture de la nouvelle École et déjà ils escomptent ses résultats. C'est en elle qu'ils mettent leur espoir, c'est ù elle
qu'ils demandent de leur rendre les œuvres des grands maîtres, « car bientôt, pour en prendre une idée, il faudra les lire et renoncer à les entendre. »
« Dans quel spectacle nous est venue cette réflexion?... A TOpéra. On ne reconnaît plus rien aux morceaux... L'orchestre non plus n'est pas irréprochable. Quand Rey le conduit, la pièce finit une demi-heure plus tôt que quand c'est Rochefort. Lequel des deux a le mouvement juste? ou le mouvement vrai est-il entre l'un et l'autre?... » — {Journal de Paris.)
Le premier brumaire an V (samedi 22 octobre), inauguration solennelle du Conservatoire.
A dix heures du matin, le ministre de l'intérieur arrive rue Bergère, suivi d'une dépu-
tation de Tlnstitut National. On y vante à Tenvi l'organisation de TÉcole, « d'où seront bannis et le dévergondage des innovations et la tyrannie des routines, où on maintiendra le respect dû aux œuvres des maîtres, sans refuser un bon accueil aux hardiesses du génie. »
Viennent ensuite un interminable discours de Sarrette et un manifeste de Gossec, qui a oublié déjà et l'École Royale et les bienfaits de Louis XVI. — « Mes collègues, s'écrie-t-il, une honorable carrière est ouverte et c'est nous qui sommes appelés à la parcourir, nous qui avons su conserver notre art avili par le despotisme en le vouant au triomphe de la Liberté. »
Première apparition en publié, le 26 messidor. On fête l'anniversaire du 14 juillet et
ne estrade est élevée pour le Conservatoire lans la petite cour du Palais directorial (le Luxembourg), aux côtés des ministres et du îorps diplomatique.
Le chœur inévitable de Chénier et Gossec, )uis le Chant du départ sont au programme.
(f Cinquante jeunes filles de douze à dix-huit ms, vêtues de blanc, la plupart couronnées ie fleurs et annonçant par leur maintien la lécence et la pudeur, écrit un témoin de la îérémonie, ont paru, accompagnées de leurs Darents, au milieu des professeurs du Conser- «ratoire dont elles sont élèves; derrière elles était un égal nombre de jeunes garçons à peu près dumêmeâge. Il est difficile d'exprimer la sensation que la réunion de ces voix fraîches et pures, accompagnées par leurs habiles professeurs, a produite sur l'auditoire; elle rappelait ces chœurs divins que les Grecs employaient dans leurs fêtes, et qui sont décrits
avec tant de charme par l'auteur du Voyage d'Anacharsis. »
La première semaine de l'an VI revoit les mêmes robes blanches agrémentées cette fois d'une ceinture de crêpe, à la cérémonie funèbre de Hoche.
Après avoir brillamment contribué à l'éclat des fêtes politiques, après s'être promené des Tuileries à l'Ecole Militaire, des Menus-Plaisirs au Luxembourg, le Conservatoire se chante lui-même, convie Paris à son apothéose, à la distribution des prix, célébrée le 3 brumaire dans la salle de POdéon.
Le Directoire et le Corps diplomatique occupent une vaste tribune construite pour la circonstance; les loges environnantes sont distribuées à l'Institut, aux autorités constituées.
(( Le reste de la salle est rempli par une grande quantité de femmes, dont la beauté et la parure ajoutaient au spectacle, et par une affluence considérable qui éclate en applaudissements quand les directeurs apparaissent, précédés de leur cortège. On se rappelait les services rendus à la Révolution par le Conservatoire et on était touché de la reconnaissance du Gouvernement. »
Sur la scène, ornée de colonnes reliées entre elles par des guirlandes de fleurs, prennent place les professeurs et les meilleurs élèves, au nombre de cent cinquante.
L'ouverture du Jeune Henri commence le concert. La citoyenne Chevalier, premier prix de chant, se fait acclamer dans un air d'Elisa de Cherubini, accompagnée par le hautbois du citoyen Laurent. Grand succès aussi dans Alceste, pour la citoyenne Moreau. Cinquante jeunes filles attaquent le chœur des Danaïdes,
soulèvent les mêmes transports et, quand le ministre a terminé la distribution des prix et achevé son discours, on ne se lasse pas d'entendre les airs civiques entonnés par les ensembles.
La séance a duré quatre heures et demie.
Après une semblable ovation, le Conservatoire aurait mauvaise grâce à résister au Corps Législatif, qui le réclame pour embellir de ses accents la fête offerte au vainqueur de ritalie.
Paris est tout entier à Bonaparte, qui ne peut sortir sans être entouré ; si bien qu'il se dissimule au théâtre il est reconnu, et cette adoration grandira encore après le 9 thermidor, qui vit l'entrée triomphale des objets d'art recueillis en Italie.
Vingt -neuf chars s'avancent lentement,
escortés de toute une armée, suivis d'un peuple entier. Les premiers portent des plantes étrangères, des blocs de cristal, des lions, des dromadaires, des manuscrits et des livres rares.
La poésie contribue à l'éclat du cortège, comme en témoigne le distique brodé sur une bannière :
La Grèce les céda ; Rome les a perdus ;
Leur sort changea deux fois, il ne changera plus.
Les chevaux de la place Saint-Marc, le Gladiateur mourant, la Vénus du Capitole, l'Antinous, l'Apollon du Belvédère suivent l'oriflamme.
Second étendard et troisième vers :
Artistes accourez! Vos maîtres sont ici ! Voici la « Transfiguration de Raphaël »,
des toiles du Titien, de Véronèse, enfin le buste de Brutus.
Au Champ-de-Mars, où tous les chars se réunissent, le Conservatoire exécute le Poème séculaire d'Horace, musique de Philidor, puis rode de Lesueur.
Le lendemain, pour la continuation de la cérémonie, Invocation à la Liberté, Symphonie, deuxième audition du Poème séculaire, tandis que les Directeurs entassent des lauriers devant le buste de Brutus ; enfin le Chant du départ, au moment oii un magaifique aérostat s'élève au-dessus de l'autel.
L'an VI a fini sur la première Exposition des produits de l'Industrie. Mars semble disp osé à partager le sceptre de la France avec Apollon; on voit renaître les concerts olympiques, où les symphonies d'Haydn obtlen-
lient les suffrages des véritables amateurs. Foule aux portes de FOpéra, le 14 friaire; c'est la seconde distribution des prix ux élèves du Conservatoire, qui ouvrent la éance « par le chant sublime des combats «. « Comme l'a si élégamment observé le îitoyen François (de Neufchateau), écrit le Courrier des spectacles, cet hymne, pour avoir Hé chanté quelquefois par des bouches im- )ures et sanglantes, n'en est pas moins un chef-d'œuvre, et les accents d'Apollon furent lOujours des accents divins après que Néron eut touché la lyre. »
Piccinni, rentré la veille à Paris, se cachait modestement dans la foule; il est reconnu, conduit sur la scène où on l'acclame. L'ex-rival de Gluck voit renaître ses jours de popularité à en juger parla réception solennelle qui lui est faite aux Menus-Plaisirs, le 9 nivôse suivant.
Pendant que Méhul, Cherubini, Lesueur vont à sa rencontre, Sarrette réunit les élèves dans la cour, leur retrace en quelques phrases la carrière du compositeur, son œuvre prodigieuse, ses cent quarante partitions. Des fanfares annoncent l'approche de Piccinni. Membres des deux conseils, délégation de l'Institut, musiciens célèbres l'attendent dans une salle ornée d'emblèmes; banquet, concert improvisé, échange de paroles émues, rien ne manque au programme.
Le secrétariat de la rue Bergère n'enregistre pas seulement les demandes d'admission aux classes de l'Ecole; il inscrit égal ment tous ceux qui aspirent à faire partie tic l'Opéra. Il communique aux journaux la noie demandant : « Une femme pour remplir les rôles d'enfants, tel que l'Amour dans
Orphée. » Il fait savoir que le théâtre de la République et des Arts est à la recherche d'un ténor; qu'une place est vacante dans l'orchestre.
Le Conservatoire nomme les j ares qui décideront le concours. « On voit ainsi se réaliser cette époque tant désirée où le talent, en obtenant tout de lui-même, ferme la porte à l'intrigue, à l'ignorance et aux caprices de l'homme puissant. »
« Que les Beaux-Arts soient médiateurs entre les factions ! Que la lyre d'Apollon fléchisse le cœur des Euménides I que le génie, la beauté, les vertus, les talents environnent enfin la République! » C'est en ces termes choisis que Lucien Bonaparte, ministre de l'intérieur, terminait son discours aux élèves du Conservatoire, le 29 nivôse de l'an VIII.
Le frère du premier Consul se livrait ce jour-là à un singulier gaspillage d'éloquence, et tout lui était matière à quelque phrase heureusement trouvée. Une scène de Médée ayant valu un triomphe à la citoyenne Chevalier, il lui remet en récompense les tragiques français et accompagne le prix de ces paroles chaleureusement applaudies : « Corneille à Médée vindicative, Racine à Médée suppliante ».
Suivant Tusage récemment établi, tout élève couronné est conduit par son professeur jusqu'à l'estrade occupée par le ministre sur la scène de l'Opéra; « ainsi le maître prend sa part d'une gloire dont il est le premier auteur. »
Deux musiciens disparaissent à quelques jours de distance : Délia Maria, enlevé au
début d'une carrière marquée dès son aurore par l'éclatant succès du Prisonnier ; Piccinni, s'éteignant après des alternatives de triomphe et d'oubli, d'éclat et de misère.
Dès le lendemain du 18 Brumaire, Bonaparte avait créé, pour l'auteur de Roland, une sixième place d'inspecteur au Conservatoire. C'était, sous les dehors d'une récompense nationale, un don de 5,000 francs qui venaient adoucir ses derniers instants.
L'an VIII assiste à une nouvelle organisation du Conservatoire, gouverné désormais par un directeur, cinq inspecteurs de l'enseignement (Méhul, Lesueur, Cherubini, Martini, Monsigny). On leur adjoint un secrétaire et un bibliothécaire (Langlé).
Trente professeurs de première classe, quarante-quatre de la seconde guident dans
les sentiers d'Apollon quatre cents élèves pris en nombre égal dans chaque département.
Catel et Berton sont titulaires de l'harmonie, Garât figure au nombre des maîtres de chant, Dugazon enseigne la déclamation. Piano : Boieldieu, Jadin, Ladurner. — Violon: Rode, Baillot, Kreutzer. — Flûte : Devienne, etc.
Les professeurs sont nommés à la suite d'un concours public passé devant le jury nommé par le ministre de l'intérieur. Déchiffrage dans toutes les clefs, exécution d'un morceau choisi par le candidat, interrogatoire sur la marche des accords, tel est le programme habituel de l'examen.
Le règlement intérieur a une certaine couleur militaire : les parents des élèves femmes exclus des classes, sauf de celles où la réunion des deux sexes est autorisée; les délits punis par l'inscription sur le registre de police, dont
un extrait, affiché durant dix jours, est adressé à la famille des coupables. Quatre absences inexpliquées dans le mois entraînent le bannissement ; la même peine est infligée aux élèves qui manifesteraient des sentiments antirépublicains.
Dans le cours de Tannée suivante, le Conservatoire se signale par les fréquentes auditions de ses élèves.
Le 16 brumaire, en présence du premier Consul, accompagné de madame Bonaparte, dont chaque jour accroît la popularité, exécution du Miserere de Léo. Le Journal de Paris termine par une réflexion le compte rendu de la séance : « On a reproché au Conservatoire d'admettre les enfants des riches de préférence à ceux des pauvres. 8'il était
vrai que les riches briguassent pour leurs enfants les places de notre Conservatoire, ce serait faire le plus bel éloge de l'enseignement qu'on y reçoit, ainsi que de la noblesse et de la bonne tenue de cet établissement. »
Nouveau concert le 23 nivôse ; on y remarque le « citoyen Kalkbrenner, dont la Décade vanterait la grande supériorité si elle ne craignait d'ôter à cet intéressant élève ridée qu'il peut s'élever encore plus haut. »
Le Conservatoire prête ses meilleurs élèves au Théâtre -Français pour les représentations du Bourgeois gentilhomme, mais le public ne se lasse pas de les entendre et accourt en foule, le 23 germinal, à leur troisième exercice.
Cette fois, le succès est pour le basson du citoyen Judas et le ministre de l'intérieur, adressant un ordre du jour aux jeunes gens artistes, fait don au triomphateur d'un instru-
ment « pour le dédommager de celui qu'il avait perdu à Marengo ».
En thermidor enfin, l'Ecole fête l'anniversaire de sa fondation et la pose de la première pierre de la Bibliothèque. Après le concert, un diner très brillant réunit musiciens et fonctionnaires publics, dont le ravissement est porté à son comble quand Dugazon improvise des couplets que l'assistance répète en chœur. Pour couronner la soirée, bal dans les jardins du Conservatoire.
L'an IX a été marqué d'une pierre blanche par les amis des Arts, et quand l'opéra fait entendre la Création du Monde, un gazetier, transporté par l'œuvre de Haydn, n'hésite pas à écrire : « Trois faits à jamais mémorables auront illustré la fin du dix-huitième siècle : le passage des Alpes, Tinauguration de l'Apollon du Belvédère et l'oratorio exécuté sur le théâtre de la République. »
Si grande est la foule, le 10 nivôse suivant àTOpéra, que le représentant du Journal des Débats ne peut y trouver place, malgré les cinq billets dont il s'était prudemment muni.
A 6 heures et demie, des applaudissements enthousiastes saluent l'entrée du premier Consul dans la grande loge sur le théâtre : le commandant de sa garde et trois aides de camp l'accompagnent. Un peu plus loin, madame Bonaparte, avec sa famille et plusieurs généraux. L'ambassadeur ottoman et le prince de Nassau sont à peine remarqués.
Chaptal, ministre de l'intérieur, commence par les louanges de la paix le traditionnel discours ; mais sauf un éloge du cor, l'illustre chimiste fait dans son allocution la part trèsmince à la musique; il en explique le motif: « Je craindrais d'affaiblir les douces impres-
sions qu'ont laissées dans vos cœurs enivrés les sons harmonieux de la flûte, du hautbois, du basson, de la harpe, si j'essayais de vous en retracer le souvenir. »
Nicolas Roland, un Ardennais qui a triomphé à la classe de Garât, débute bientôt après dans la Sémiramis de Catel, à l'Opéra. On signale au même théâtre l'apparition du comédien Bonnet, qui chantait la haute-contre au Vaudeville pour gagner sa vie et la bassetaille au Conservatoire pour suivre sa vocation. Enfin, un autre élève est enlevé à coups de roubles par la Russie : c'est le premier hommage rendu à l'Ecole par l'étranger.
Mais le Conservatoire va connaître l'adversité. L'horizon se charge de nuées mena- --çantes; le gouvernement songe « qu'il a encore plus besoin de flottes que de concerts,
que notre marine importe plus que la musique au bonheur de tous », et Tan XI voit l'Ecole bien amoindrie.
Sarrette, qui en conserve la direction, n'a plus auprès de lui que trois inspecteurs : Gossec, Méhul et Cherubini. Le nombre des élèves est réduit à 300, celui des professeurs à 35, et encore faut-il, pour atteindre ce dernier chifTre, compter deux surveillants et le conservateur de la musique. Plus de classe de serpent; le trombone et la trompette sont délaissés.
Le Journal des Débats s'abandonne au désespoir et, entraîné par l'indignation, l'écrivain se risque sur un terrain brûlant. « Si les anciennes maîtrises ont fourni des élèves de talent, c'est que les enfants de chœur, élevés à l'ombre du sanctuaire, se formaient une bonne constitution en même temps qu'ils recevaient de bons principes. Aujourd'hui, les
élèves du Conservatoire jetés au milieu d'une immense capitale avec une liberté dont, à leur âge, on ne sait encore qu'abuser, pourront devenir des musiciens, mais non pas des chanteurs » Après cette conclusion qu'ils sont
de grands hommes à seize ans, des vieillards et des imbéciles à quarante, le moraliste, peu conséquent avec sa péroraison, se plaint que les plus vieux serviteurs aient été renvoyés.
Silence complet autour du Conservatoire en 1803. — L'année suivante ne nous fournit plus d'anecdotes. — Puis vient le 18 mai, qui confère au premier Consul la dignité impériale ; la France entière suit les préparatifs du sacre, les journaux content, étape par étape, le voyage du souverain pontife.
Le 2 décembre, quand, dans Notre-Dame, l'Empereur reçoit la consécration du Pape, la
musique n'est pas oubliée. Trois cents artistes, dirigés par Rey et Persuis, exécutent les œuvres de Paisiello et de Lesueur. Aux côtés de Lais, de TOpéra, Kreutzer et Baillot, attachés à la chapelle impériale, représentent le Conservatoire.