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LA RESTAURATION

« Vous devez, monsieur, quitter sans délai l'appartement que vous occupez, et vous regarder dès ce moment comme n'ayant plus la direction du Conservatoire. » — Transmise à la rue Bergère, le 26 décembre 1814, celte révocation peu déguisée inaugurait les rapports officiels de Sarrette avec la Restauration.

Les Cent jours ne devaient pas apaiser l'hostilité de Louis XVIIL et, le 17 no-

vembre 1815, un nouveau décret arrachait le directeur à Técole qu'il avait gouvernée durant vingt-six ans.

Les mots « Conservatoire de Musique », gravés à l'entrée de la rue Bergère, font place à l'inscription « Intendance des Menus-Plaisirs du Roi. » Faubourg Poissonnière, des lettres d'or indiquent au passant la porte des « Magasins des Menus-Plaisirs. »

Pour rendre la transformation . plus complète, on annonce que l'Ecole sera probablement transportée au petit hôtel Labriffe, rue de Bourbon, faubourg Saint-Germain.

Désormais les journaux ne s'occupent plus de la maison, jadis sujet de tant de copie. Une ligne pour citer quelque projet de réorganisation, pour discuter un budget. Et quand, le 1'"^ avril, l'Ecole royale de chant et de décla-

mation ressuscite avec une allocation de 80,000 francs, bientôt réduite, la nouvelle cause peu d'émotion.

Perne, nommé administrateur et inspecteur général, n'était pas un inconnu pour les musiciens. Choriste, puis contrebassiste à l'Opéra, professeur adjoint au Conservatoire impérial, auteur d'une messe de Sainte-Cécile, il était renommé pour son savoir, une érudition telle qu'il avait eu cette étrange fantaisie de transcrire Iphigénie en Tauride avec la notation grecque.

Nommés aux classes de composition : Cherubini et Méhul ; fugue et contrepoint : Eler ; harmonie : Dourlen ; accompagnement pratique : Daussoigne. — Au chant : Garât, Blangini, Martin et Guichard ; Halévy, professeur adjoint de solfège.

Piano : Pradher, Louis Adam, Zimmermann et mademoiselle Michu. Violon : Kreut-

zer et Baillot, ayant pour survivanciers Kreutzer jeune et Habeneck. — Titulaires de la déclamation : Saint-Prix, Fleury, Baptiste aîné, Michelot.

L'Ecole, où le pensionnat est aboli, dépend de Papillon de la Ferté, intendant de Targenterie. Menus Plaisirs et affaires de la chambre du Pioi.

L'Hôtel de la rue Bergère, la grande salle des exercices serviront souvent à des exhibitions variées. — Le 3 juin, la famille royale y visite la corbeille de noces de la duchesse de Berry et passe deux heures « dans ce lieu enchanté ! » — Au mois d'août, pour inaugurer le buste de Louis XVIIl, grande solennité, pièce allégorique de Désaugiers, ornée de force couplets dont la prosodie sonne étrangement sous les lambris du Conserva-

toire. Témoin cette strophe, chantée sur l'air du « Parnasse des Dames » :

Sous quelque forme qu'il paraisse.

Dans tout pays on trouvera Qu' l'esprit, la bonté, la sagesse Sont la monnaie de ce Louis-là.

Ballet par les élèves de l'Académie, bouquets offerts aux dames et nombreux rafraîchissements.

Une simple meation pour Forchestre des élèves dans la distribution des prix de l'Institut.

Même disette l'année suivante.

Appelé pour une fête de charité, Munito triomphe, rue Bergère. Le célèbre caniche joue aux dominos, distingue les couleurs, additionne et multiplie : son succès surpasse celui des artistes du Théâtre-italien.

Le 19 mai, un concours est ouvert pour les admissions à l'Ecole primaire de chant fondée

par Choron et regardée comme classe de l'École royale, « Dix élèves, de 7 à 15 ans, y seront élevés, éduqués, logés et nourris aux frais du Roi. Les parents, en présentant leurs enfants, souscriront un acte d'apprentissage. »

Exercices musicaux des jeunes aveugles.

Société des Enfants d'Apollon, points d'orgue de madame Catalani et autres annonces de concerts emplissent les journaux ; mais nous ne retrouvons le Conservatoire qu'à l'Institut, où il exécute une symphonie du comte Lacépède, amateur, puis, le 21 octobre, à Saint- Vincent-de-Paul, où il est représenté aux obsèques de Méhul. — Extrait de l'oraison funèbre prononcée ce jour-là, par Bouilly, de l'Académie française, s'adressant aux jeunes compositeurs : « Quand il déposait sur vos fronts modestes les lauriers du premier triomphe, oh ! retracez -nous bien Tivresse qui

se peignait sur tous ses traits, les pleurs délicieux qui s'échappaient de ses yeux pleins de flammes. »

Silence complet autour des élèves, durant les sept premiers mois de 1818. Vers la fin d'août seulement, au rétablissement de la statue d'Henri IV, ils paraissent sur le Pont- Neuf, et, dirigés par Berton, jouent des airs nationaux « et autres morceaux analogues à la fête. »

Le 8 septembre, exercice rue Bergère : son résultat est fort médiocre. Salle presque vide ; au programme, deux actes de la Vestale, fragments d'Orphée, de Didon, du Rossignol, choisis parmi les plus difficiles, faiblement interprétés par mademoiselle Kaiffer et Dupont. L'orchestre joue trop vite et on attribue cet allegro ininterrompu au feu de la jeu-

nesse. Le succès de la séance va à la harpe de M. Pruraier.

Depuis trois ans, les concours étaient supprimés ; novembre voit leur résurrection ; mais les prix ne sont distribués que le 14 janvier 1819, sous la présidence de M. de Pradel, directeur général de la maison du Roi. Un discours retrace l'histoire de l'Ecole à sa création, glisse rapidement sur l'intérim de l'Empire et chante les nombreuses faveurs accordées à la musique par Louis XVIIL

Les variations composées et exécutées par le jeune Herz obtiennent tous les suffrages.

Les marques de la sympathie royale n'abondent pas durant l'année. Un exercice, le 4 avril, puis le calme le plus complet. — Annonce de la prochaine construction du Gymnase Dramatique, qui s'attachera les élèves de l'Ecole et deviendra une pépinière pour le Théâtre-Français et les scènes lyriques.

Le prix de Rome décerné à Halévy, le Barbier de Rossini alternant avec celui de Paisiello, la visite de Choron et de Plantade à l'Ecole de musique de Lille, dont le budget a été porté à 4,000 francs, tels sont les principaux événements de 1819, couronnés le 2 décembre par la distribution des prix. Toute fière du succès de Tilmant, qu'elle pensionnait à Paris, la ville de Valenciennes lui fait remettre une médaille.

1820. On désire vivement que le fils de Mozart, qui étonne l'Allemagne par ses compositions, vienne à Paris, où les concerts vont être nombreux. Mais l'assassinat du duc de Berry éteint tous les bruits de fête.

Relâche de neuf jours dans les théâtres. La

Comédie-Française et Feydeau reçoivent

30,000 francs d'indemnité, l'Odéon, 20,000,

les autres scènes 15,000. Etant à la charge de la liste civile, l'Opéra et les Italiens n'ont pas part aux largesses.

Egaré certain soir d'août dans les jardins de Tivoli, un journaliste y aperçoit Choron escorté de ses vingt élèves, et le désigne aux promeneurs. Entouré, supplié, le maître consent à organiser un concert dans lequel « ses intéressants virtuoses » font merveille.

Des troubles éclatent en province : des explosions jettent la terreur dans les Tuileries ; au milieu du calme le plus profond^ l'École poursuit sa monotone existence.

L'Hôtel de Ville fête, le 2 mai 1821, le baptême du duc de Bordeaux ; l'Opéra et rOpéra-Comique font seuls les frais de Tinter-

mède musical. Si les exercices reprennent, nul ne songe à s'en inquiéter et, aux concours, force est d'avouer que jamais les études n'ont été plus faibles. On ne trouve à citer que le jeune Alkan, lauréat de solfège, à peine âgé de huit ans. Les classes de chant ont été désespérantes. Quant à la fugue, elle inspire cette réflexion à un critique : « Pourquoi former des compositeurs dans un pays où la composition ne mène à rien ? »

La note gaie de l'année nous est fournie par le Journal des Deux-Sèvres. En novembre, paraît une annonce dont se sont inspirés, par la suite, les dentistes en villégiature : « Choron va passer à Niort le 21. Ceux qui ont de la voix peuvent se faire inscrire à la mairie. Qualités requises : extérieur agréable, très belle voix, grandes dispositions, intelligence, goût, âme, sagesse, docilité, principes moraux et relierieux. »

Musique partout, sauf au Conservatoire, en 1822. Chez les aveugles, dans les lycées, au cercle des Arts, les séances sont innombrables ; le Gymnase lui-même donne des concerts spirituels, « dans lesquels reparaîtra une artiste aimée, après une absence justifiée par le titre d'épouse ». Les comédiens anglais sont hués à l'Ambigu par une salle qui ne peut supporter ce langage barbare.

La retraite de Perne, remplacé par Cherubini, rappelle l'attention sur l'Ecole royale. Le nouveau directeur veut rétablir le pensionnat, en ayant soin que les élèves des deux sexes n'aient de communication qu'à l'heure des cours et ne voient les externes que dans les classes. Des inspections journalières rétabliront la discipline.

Le jeune Alkan, qui a commencé le piano

il y a dix mois seulement, est jugé digne d'un accessit.

Voyant que le Conservatoire suit une route nouvelle, les redresseurs d'abus s'attaquent aux théâtres. — « L'Académie royale de musique ne tombe plus; elle s'écroule... On ne devrait pas pousser l'imprudence jusqu'à admettre les étrangers aux représentations actuelles; il est des choses qu'il faut faire en famille. » On propose de graver au fronton de l'Opéra : « C'est le paradis des yeux et l'enfer des oreilles. »

Pour les exercices de l'année 1823, la rue Bergère reprend le système inauguré par l'Empire : musique alternant avec la déclamation. Le nom d'Auber figure sur plusieurs programmes.

Lays quitte la scène après quarante-trois

ans de service; Garât meurt; mademoiselle Mézeray s'éteint ; le jeune Massart, de Liège, qui compte dix printemps, donne un concert au Vaux-Hall.

Signalée vers la fin de l'année, Tinvention de M. Sudre, une langue musicale, s'appliquant à tous les instruments. Plusieurs virtuoses soutiennent une longue conversation restée fort mystérieuse pour les invités.

Faisant suite au défilé des petits prodiges, Liszt vient étonner Paris (mars 1824). La pianiste de l'impératrice de Ptussie riposte par un concert auquel l'orchestre de l'École prête son concours ; c'est alors la Lyre harmonique qui convoque les amateurs à ses séances. Enfin, pour couronner cette orgie musicale, les concours de piano sont si brillants qu'il faut décerner six premiers prix : deux

à la classe d'Adam; quatre à celle de Zimmermann.

12 septembre. — Louis XVIII agonise; par ordre du ministre de l'intérieur, tous les théâtres du royaume font relâche. La Bourse, les musées demeurent fermés jusqu'au 24.

Tandis que Monsieur est salué du nom de Charles X, que Victor Hugo consacre une ode enthousiaste à la mémoire du feu roi, des messes solennelles s'organisent de toutes parts, dans lesquelles la musique n'est pas oubliée.

Orchestre et artistes del'Odéon exécutent à Saint-Sulpice le Requiem de Vergne, élève de Reicha; la messe de Desvignes est chantée à Notre-Dame, et les frais sont payés par les loueurs de voitures de place. Les agents de change font célébrer un service aux Petits- Pères, musique de Plantade et de Lesueur. Le roi décore Sébastien Erard, Cherubini

compose la messe des funérailles, Spontini écrit plusieurs morceaux pour les prières dites à Berlin.

Entraînés par l'exemple, les élèves de l'Ecole royale, auxquels se joignent les artistes les plus connus, donnent à Saint-Sulpice, le 19 septembre, le Requiem de Mozart, mais seulement en mémoire des condisciples récemment décédés.

Huit jours plus tard, le secrétaire chargé du département des beaux-arts déclare en son discours que « ce bel établissement doit être de nouveau l'admiration des étrangers et l'orgueil de la France. » Barbereau reçoit le premier prix de composition ; le second est décerné à Le Couppey, élève de Pradher. Dans le concert qui clôt la cérémonie, on admire la magnifique voix de Serda, et Beauvallet est applaudi dans le rôle d'IIamlet.

Rossini est le dieu des Parisiens; inter-

prêtés par Pasta, Mombelli, Cinti, par Zuchelli et Bordogni, ses ouvrages se succèdent à rOpéra-Italien. A l'Ecole royale, Habeneck, nommé directeur honoraire, renonce à son titre devant les réclamations, les mauvaises volontés, les dissentiments auxquels il ouvrirait carrière.

18'25. L'année du sacre. — On est tout aux apprêts de la solennité : les ambassadeurs extraordinaires arrivent, les Franconi sont appelés à Reims; aux Menus-Plaisirs, exposition des ornements sacerdotaux; dernières répétitions par les musiciens du roi de la messe de Lesueur, de celle du sacre de Cherubini, du Te deum de Plantade.

Charles X rentre à Paris, et les spectacles de circonstance de pleuvoir : cantate de Soumet et Lesueur, à l'Hôtel de Ville; Pha-

ramondf à l'Opéra, et, remarqué entre tous, il Viaggo a Reims, de Rossini, chanté par madame Pasta et toutes les gloires du Théâtre- Italien. L'Ecole royale reste muette.

La retraite de madame Branchu, qui paraît une dernière fois sur la scène de l'Opéra, entourée de Talma, de Lays, de mademoiselle Mars, de Vestris; le succès de fanatisme de la Dame blanche; l'incendie du Cirque Olympique, au bénéfice duquel tous les théâtres vont jouer; Mai^guerite d'Anjou, de Meyerbeer, à l'Odéon ; des concerts « en faveur des malheureux Grecs », voilà le bilan de 1826.

Une élève de l'École, mademoiselle Bibre, admise à débuter à l'Opéra, n'ajoute rien à la gloire de la rue Bergère, puisqu' « elle n'est remarquable que par les avantages physiques ».

Pour la première fois cependant, depuis plusieurs années, les classes de chant sont jugées dignes de premiers et de seconds prix, mais cette décision semble dictée au jury par le désir de cacher au profane la décadence de l'École. Le nom de Chevillard, dans la classe de violoncelle, surnage seul parmi des flots de lauréats ignorés.

Aussi la faveur publique va à l'Institution royale de Musique religieuse, où les élèves de Choron font merveille, où les abonnements aux six exercices sont rapidement souscrits.

Les examens de 1827 sont un désastre.

« La décadence du Conservatoire ne laisse aucun espoir pour l'avenir. Le dernier concours a fait connaître l'affreux déficit des classes de chant. »

Le vol des diamants de mademoiselle Mars arrive à point pour fournir aux journaux d'autres variations.

Un coup d'État inaugure l'année 1828; le Moniteur l'annonce en ces termes :

« Depuis longtemps, on critiquait le mode d'enseignement de la déclamation. On Ta séparée de rétablissement pour la rattacher au Théâtre-Français et la placer sous la direction du Commissaire royal près ce théâtre. Par ce moyen, les élèves seront appelés aux représentations publiques, à proportion de leur intelligence et de leurs progrès, et la pratique deviendra la base du nouvel enseignement. »

Les classes de déclamation lyrique conservées Faubourg-Poissonnière, sont confiées à

Adolphe Nourrit et à Michelot : le piano, considéré comme « une source de misère plutôt qu'un bienfait », a ses cours réduits de moitié. Parmi les professeurs admis à la retraite : Saint-Prix, Plantade, Blangini, Bertou fils, Pradher.

Le Corsaire, journal des théâtres, blâme fort le gouvernement d'avoir sacrifié le Conservatoire à une économie de 15,000 francs, «tandisqu'onpaye30,000francsàM. Rossinile titre ridicule d'inspecteur du chant en France. » Mais la vogue du maestro est sans égale; le Siège de Corinthe, Othello, la Donna ciel Lago, Moïse, Sémiramide, le Barbier, Tancredi, la Gazza Ladra, Cenerentola, Vllaliana in Algeri, alternent dans l'espace d'un mois sur les affiches de l'Opéra et du Théâtre- Italien. Dans un bal masqué, il arrive sous le costume d'Orphée et le déguisement semble tout naturel.

Une date célèbre : le 9 mars, qui voit la première réunion de la Société des concerts. On a voulu rendre à l'Ecole son ancienne splendeur, et grands et petits, maîtres ou élèves, ont rivalisé d'ardeur.

Le rédacteur des Débats ne peut maîtriser son enthousiasme au sortir de la séance consacrée à Tapothéose de Beethoven : « Après un trop. long interrègne, Euterpe a ressaisi le sceptre de l'harmonie ; sa maison de plaisance est toujours dans la rue Bergère... »

Le cor à ventilles, admirablement joué par Meifred, un concerto de Rode interprété par Sauzay, et surtout la Symphonie héroïque, que conduisait Habeneck, ont été acclamés.

A la même époque, ouverture de la classe de déclamation dirigée, rue Chantereine, par Cartigny, sociétaire du Théâtre-Français;

exercices publics, représentations fréquentes auxquelles la presse prend grand intérêt. Nous lisons que madame Jules a devant elle un avenir brillant ; qu'il faut beaucoup attendre de mademoiselle Amélie, de MM. Henry et Auguste ; c'est un défilé complet du calendrier.

L'année 1828 est aux innovations. Après les grandes séances qui ramènent la foule à l'hôtel des Menus-Plaisirs, voici les concerts d'émulation (19 juin) qui mettent en ligne tous les jeunes élèves. Chef d'orchestre, solistes, instrumentistes et choristes font partie de l'école; au pupitre, conduisant deux ouvertures de Thys et de Prévost, Elwart, qui, avec La Couppey, a eu la première idée de ces concerts.

A la veille du quatrième, interdiction faite aux élèves-femmes de prendre part aux exercices; leurs rôles seront confiés aux « ténors aigus ».

Cette méthode inattendue donne d'assez piètres résultats, et le concours de chant n'est pas moins lamentable que les années précédentes.

A la distribution des prix, le violon d'honneur est partagé entre Artot et Milault. On les a vigoureusement applaudis, mais, de l'avis de tous, ils sont loin d'égaler le jeune Sivori et le jeune Massart, dont les concerts ont fait fureur dans le courant de l'hiver.

La vogue croissante des séances de musique inspire à M. Paston, professeur d'harmonie, de guitare, de violon, etc., l'idée d'une école destinée aux amateurs. Le Conservatoire de la lyre harmonique promet monts et merveilles dans son installation de la galerie Vivienne.

1829. — Le torrent musical est déchaîné. A

l'Opéra, à l'Opéra-Comique et au Théâtre- Italien, vient se joindre une troupe allemande qui donne Fidelio, die Zanherfiote, Freisch iXtz; déjà on parle de la prochaine apparition de Guillaume Tell. Représentations ii béné- Hce, exercices de musique religieuse, Enfants d'Apollon, Gymnasemusical battent leur plein; et, dans cet encombrement, il est place encore pour les concerts d'émulation. Les amateurs restent fidèles aux séances de la rue Bergère : ils se plaisent à encourager dans ces fêtes de famille le talent naissant de Barroilhet.

Les programmes y sont moins pompeux qu'à la société ; certain jour « Tolbecque a excité l'hilarité dans une chansonnette de '^éva.ugQv y V Aveugle de Bagnolet, en imitant la vielle sur son violon ».

Parmi les élèves de l'École, Berhoz choisira ses premiers interprètes, leur confiera le concert des Elfes (sextuor de Faust) exécuté

à son audition du premier novembre, entre l'ouverture des Francs Juges eile Resujn^exit.

La lutte romantique est vive quand s'ouvre 1830. Hernani au Théâtre-Français, à l'Odéon Stockholm et Fontainebleau; Victor Hugo et Alexandre Dumas se maintiennent sur l'affiche, malgré les attaques les plus violentes. Madame Schrœder-Devrient brille à l'Opéra allemand; miss Smithson est l'étoile du théâtre anglais.

La Société des concerts retrouve le succès de l'année précédente. La duchesse de Berry est parmi les plus transportées, et tous les dilettanti partagent si bien son enthousiasme, qu'à la séance du 30 mai deux couronnes géantes sont offertes à Hanebeck : sur Fune, le nom de Beethoven; l'autre est un hommage au vaillant orchestre.

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