‹ Histoire anonyme de la première croisade éditée et traduiteChapitre 107 sur 188 · La Romanie désigne ici l’Asie Mineure. Voir p. g · texte numérisé non relu

La Romanie désigne ici l’Asie Mineure. Voir p. g

3. Le fond même de ce dialogue est tout à fait vraisemblable et a pu être connu des croisés par des espions.

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URBEM CURBARAM OBSIDET

Tercia vero die postquam intravimus civitatem*, eorum precursores ante urbem precurrerunt, exercitus autem illorum ad pontem Farreum^ castrametatus est et expugnaverunt turrim® et occiderunt omnes quos illic invenerunt et nemo evasit vîvus, nisi dominus illorum, quem invenimus ligatum in vinculis ferreis, facto majore bello^

Grastina vero die®, moto exercitu paganorum, appropinquaverunt urbi et castrametati sunt inter duoflumina*® steteruntque ibi per duos dies^. Recepto itaque Castro®, Curbaram convocavit unum ammiralium ex suis, quem sciebat veracem, mitem et pacificum, et ait illi : a Volo ut intres in fidelitatem meam custodire hoc castrum, quoniam ex longissimo tempore scio te fidelissimum, ideoque precor te ut summa cautela hoc serves oppidum*. » Gui ait ammiralius : « Tibi unquam de tali nollem obedire officio, sed tamen* hoc faciam

1110 tenore ut, si Franci ejecerint vos de mortali prelio et vicerint, eis continuo tradam hoc castrum » ; dixitque

1111 Gurbaram : « Tarn honestum et prudentem te cognosco, ut omne quicquid boni vis agere, ego consenliam. »

Reversus est itaque Gurbaram ad suum exercitum et protinusTurci^,deludentes Francorum collegium,detulerunt ante conspectum Gurbaram quendam vilissimum ensem rubigine tectum et teterrimum arcum ligneum et lanceam nimis inutilem, que abstulerant nuper pau-

a. A la suite de ce mot, B ajoute : adhuc namque quod scio te in opéré prudentissimum, nullum magis veracem et fortissimum hic modo reperire possum. Même texte dans Tudebode, p. 6ij et V a Hist. bellisacri »,p. Jg8. — b. Xdimen omis dans , B; après ce mot, B ajoute : priusquam me tuo arguas stimule {texte qu'on retrouve dans Tudebode, p. 6i, et V « Hist. belli sacri », p. igS). — c. Turci omis dans A''-, B.

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RERBOGA ASSIÈGE LA VILLE (5 juin IO98) IlS

Le troisième jour après notre entrée dans la ville leurs éclaireurs parurent sous les murs et leur armée campa au pont du Far*. Ils prirent d’assaut une tour® et massacrèrent tous ceux qu’ils y trouvèrent, et personne d’entre eux n’échappa à la mort, sauf leur chef, que nous trouvâmes chargé de chaînes après la grande bataille^.

Le lendemain*, l’armée païenne, s’étant ébranlée, approcha de la ville et vint camper entre les deux fleuves®, où elle resta deux jours^. Puis, ayant reçu livraison de la citadelle®, Courbaram appela un amiral de sa suite, qu’il savait sincère, doux et pacifique, et lui dit : « Je veux que tu entres dans ma fidélité pour garder cette citadelle, car je connais ta fidélité de longue date et je t’adjure de garder cette citadelle avec soin. » L’amiral lui répondit ; « Je préférerais n’obéir jamais à un pareil ordre; cependant je le ferai, à cette condition que, si les Francs vous repoussent par un combat meurtrier, je leur livrerai immédiatement ce château. » Courbaram lui répondit : « Je connais assez ton honnêteté et ta prudence pour consentir à tout ce que tu jugeras bon de faire. »

Courbaram revint à son armée, et les Turcs, voulant se moquer des Francs, apportèrent en sa présence une épée de peu de prix, toute couverte de rouille, un arc noirci et une lance hors d’usage qu’ils venaient d’enlever à de pauvres

1. Le 5 juin. Cf. la lettre des princes à Urbain 11 {Epistulae et chartae, p. 162) : « Qui iii“ die nos obsederunt. » Anselme de Ribemont {Ibid. y p. iSg) et Albert d’Aix (IV, 27, p. 407) donnent, au contraire, le 4 juin.

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