Sur ces expressions, voir p. iio-iii, n
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l5o DE TURCORUM RESPONSO
mus? Revertimini ergo quantocius et dicite vestris senioribus quia si per omnia cupiunt effici Turci et Deum vestrum, quem vos inclini* colitis, abnegare volunt et leges vestras spernere, nos illis banc et satis plus dabimus de terra et civitates et castella, adhuc autem quod nemo vestrorum remanebit pedes*, sed erunt omnes milites, sicut et nos sumus, et habebimus semper eos in summa amicicia; sin autem, sciant se per omnia capitalem subire sentenciam aut deducti*^ in vinculis Corrozanam in captivitate perpertua, servient nobis nostrisque infantibus per sempiterna tempora. »
Nuncii vero nostri velociter reversi sunt retrorsum referentes omnia que respondisset eis gens crudelissima. Fertur* Herluinus utramque scisse linguam fuitque interpres Petro Heremite. Interea exercitus noster in utraque tremefactus parte ignorabat quid faceret : ex una enim parte coangustabat eos cruciabilis famés, in alia constringebat timor Turcorum.
[29.] Tandem triduanis expletis jejuniis etprocessionibus celebratis ab una ecclesia in aliam, de peccatis suis confessi sunt et absoluti fideliterque corpori et sanguini Christi communicaverunt datisque eleemosinis fecerunt celebrari missas*.
Deinde stabilité sunt vi acies^ ex eis intra civitatem. In prima vero acie, in primo videlicet capite fuit Hugo Magnus cum Francigenis et Flandrensi comité; in seconda dux Godefridus cum suo exercitu; intercia vero
a. Sic dans tous les manuscrits. — b. pedestris C‘^. — c. deduci O.
1. Cette expression montre que le chapitre a été écrit quelque temps après les événements, et c’est ce qui explique l’erreur de chronologie signalée plus haut (p. 149, n. i).
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RÉPONSE DES TURCS l5l
Voulez-vous connaître notre réponse? Retournez au plus vite et dites à vos seigneurs que, s’ils veulent se faire Turcs et renier votre Dieu que vous adorez à genoux, ainsi que mépriser vos lois, nous leur donnerons cette terre et plus encore et des cités et des châteaux, au point que nul des vôtres ne restera piéton, mais tous seront chevaliers comme nous le sommes et nous les aurons toujours en grande amitié; sinon, qu’ils sachent qu’ils subiront la peine de mort ou seront emmenés enchaînés dans le Khorassan en captivité perpétuelle et qu’ils seront nos esclaves et ceux de nos enfants dans tous les siècles. »
Nos envoyés revinrent rapidement et nous rapportèrent tout ce que leur avait répondu cette gent très cruelle. On raconte ^ que Herlouin, qui connaissait les deux langues, servit d’interprète à Pierre l’Ermite. Pendant ce temps, notre armée subissait deux épouvantes et ne savait que faire : d’un côté, en effet, nous étions minés par une famine atroce, de l’autre la crainte des Turcs nous obsédait.
[29.] Enfin, après avoir, pendant trois jours, accompli des jeûnes et suivi des processions d’une église à l’autre, tous confessèrent leurs péchés et, une fois absous, communièrent fidèlement au corps et au sang du Christ, distribuèrent des aumônes et firent célébrer des messes^.
Puis, six corps de bataille® furent établis à l’intérieur de la ville. Dans le premier qui marchait en tête se trouvait Hugue le Mainsné avec les Français et le comte de Flandre; dans le second le duc Godefroi avec sa troupe; dans le troi-
2. Tous les textes indiquent que ce triduum précéda immédiatement la bataille. Il eut donc lieu les 26, 27, 28 juin. Voir les lettres du clergé et du peuple de Lucques {Epistulae et chartae, p. 167), d’Anselme de Ribemont [Ibid.^ p. 160), Raimond d’Agui- 1ers, II, p. 259, Foucher de Chartres, 20, p. 346. La mention de la communion sous les deux espèces est un détail intéressant.
3. Les textes ne concordent pas sur le nombre de ces divisions. Raimond d’Aguilers (12, p. 269) et Foucher de Chartres (I, 23, p. 349) en indiquent quatre; Albert dWix (IV, 47, p. 421-422) en donne dix.
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ACIEM FRANCI INSTRUUNT
fuit Rotbertus Nonmannus cum sui militibus"; in quarta fuit Podiensis episcopus, portans secum lanceam Salvatoris*, cum sua gente et cum exercitu Raimundi comitis Sancti Egidii, qui remansit sursum custodire castellum pro timoré Turcorum, ne descenderent in civitatem* ; in quinta acie fuit Tancredus, marchisi filius, cum sua gente; in sexta etenim fuit vir sapiens Boamundus cum sua milicia. Episcopi nostri et presbiteri et clerici ac monachi, sacris vestibus induti, nobiscum exierunt cum crucibus, orantes et deprecantes Dominum* ut nos salvos faceret et custodiret et ab omnibus malis eriperet. AHi stabant super murum porte, tenentes sacras cruces in manibus suis signando et benedicendo*^ nos®. Ita nos ordinati** et signo crucis protecti, exivimus per portam que est ante Machumariam^.
Postquam Curbaram vidit Francorum acies tam pulchre ordinate exire unam post aliam, dixit : « Sinite eos exire ut melius eos habeamus in potestate nostra*. » Postquam vero fuerunt foris de urbe« viditque Curbaram ingentem Francorum gentem, valde timuit®. Mox mandavit suo amiralio, qui omnia habebat in custodia ut, si illevideret ignem accensum in capite hostis, pro-
a. electis militibus C>, C^. — b. Deum et Dominum AK — c. signantes ac benedicentes C*, C^. — d. signati C®. — e. fuerunt omnes foras urbem C‘, C-.
1. En fait, la sainte Lance était portée par le chroniqueur Raimond d’Aguilers, chapelain du comte de Toulouse (Raimond d’Aguilers, 12, p. 261 : « J’ai vu moi-même ce que je raconte et j’y portais la lance du Seigneur »). Robert le Moine (VU, 17, p. 834) nous montre Adémar de Monteil portant le heaume et le haubert comme l’évêque Eude sur la tapisserie de Bayeux.
2. L’évêque du Puy commandait sa propre bande et celle du comte de Toulouse, malade depuis quelques jours, et qui se
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