ORDRE DE BATAILLE DES FRANCS
sième Robert de Normandie avec ses chevaliers; le quatrième était commandé par l’évêque du Puy, qui portait avec lui la lance du Sauveur ^ ; il avait avec lui sa gent et la bande de Raimond, comte de Saint-Gilles, qui demeura en haut à la garde du château, par crainte des Turcs, pour les empêcher de descendre dans la ville le cinquième corps comprenait Tancrède, fils du marquis, avec sa gent; le sixième le prud’homme Bohémond et sa chevalerie. Nos évêques, prêtres, clercs et moines, revêtus des ornements sacrés, sortirent avec nous en portant des croix, priant et suppliant le Seigneur de nous sauver et de nous garder de tout mal. D’autres, montés au haut de la porte, la croix sainte dans leurs mains, faisaient sur nous le signe de la croix et nous bénissaient^. Disposés ainsi et protégés du signe de la croix, nous sortîmes par la porte située devant la Mahomerie**.
Lorsque Courbaram vit les corps de bataille des Francs si bien ordonnés sortir l’un après l’autre, il dit : « Laissez-les sortir, nous ne les aurons que mieux en notre pouvoit-*. » Mais, lorsqu’ils eurent franchi les portes et que Courbaram vit l’immense armée des Francs, il fut saisi de crainte*». Surle-champ, il manda à son amiral chargé de la surveillance générale^ que, s’il voyait un feu allumé sur le front de l’ar-
chargea de tenir en respect la garnison turque de la citadelle (Raimond d’Aguilers, 12, p. 259) avec deux cents hommes.