Détail confirmé par Raimond d’Aguilers, 12, p
4. La porte de la Mahomerie, au nord-ouest de la ville (cf. p. 89, n. 2).
5. « Nous étions si peu nombreux », lit-on dans la lettre des princes à Urbain 11, « qu’ils affirmaient que nous ne combattrions pas et que nous nous enfuirions » {Epistulae et chartae^ p. i63).
6. Détail des plus suspects. D’après le chroniqueur arabe Ibnel-Athir, fils d’un gouverneur de Mossoul du début du xni' siècle, mais bien renseigné, la situation de Kerbôga était affaiblie par le mécontentement des émirs turcs, qui l’abandonnèrent en pleine bataille {Recueil des historiens des croisades; historiens orientaux, t. 1).
7. Il avait le rôle d’un grand prévôt et avait le commandement du camp turc, comme on peut le voir un peu plus loin.
Première croisade. i3
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i54 adversus curbaram franci pugnant
tinus preconari faceret omnem exercitum redire, sciens Turcos amisisse bellum.
Continuo Curbaram cepit paulatim redire" rétro contra montaneam^ nostrique paulatim persequebantur illos. Denique divisi sunt Turci : una pars ivit contra mare et alii steterunt illic, putantes nostros includere inter se®, Videntes hoc nostri, fecerunt similiter. Illic fuit ordinata acies septena ex acie ducis Godefridi etcomitis Nortmannie et caput illius fuit Reinaldus*®. Hanc miserunt obviam Turcis qui veniebant a mari, Turci autem preliati sunt cum illis et sagiitando multos occiderunt ex nostris; ordinate sunt autem alie*^ turme a flumine usque ad montaneam quod distat per Il milliaria.
Ceperunt vero turme ex utraque parie exire nostrosque undique circumcingere jaculando, sagitiando, vulnerando^. Exibani quoque de montaneis innumerabiles exercitus, habentes equos albos, quorum vexilla omnia erant alba. Videntes itaque nostri hune exercitum, ignorabant peniius quid hoc esset et qui essent, donec cognoverunt esse adjutorium Christi, cujusduclores fuerunt sancti Georgius, Mercurius et Demetrius, Haec verba credenda sunt quia plures ex nostris viderunt*^.
a. rétro cedere C>, C®. — b. extitit Reinaldus de Belvaco C*. — c. aliae vero (autem fi, C®) turmae ordinaverunt C (ordinatae sunt fi, C3).
1. L’armée chrétienne étant sortie par la porte du Pont, les Turcs battent en retraite vers les montagnes situées au nord d’Antioche.
2. Cette division turque est chargée d’attaquer les croisés sur leur tlanc gauche.
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BATAILLE CONTRE KERBOGA (28 juill IO98)
mée, il fît sonner la retraite, car, dans ce cas, les Turcs auraient perdu la bataille.
Aussitôt, Gourbaram commença à reculer lentement vers la montagne ^ et les nôtres les poursuivaient du même pas. Puis les Turcs se divisèrent : une partie se dirigea vers la mer, tandis que les autres restaient sur place dans Pespoir de nous cerner entre eux^. Les nôtres s’en aperçurent et firent de même. Un septième corps de bataille fut ordonné avec des troupes du duc Godefroi et du comte de Normandie et placé sous le commandement de Rainaud^. On l’envoya à la rencontre des Turcs qui arrivaient de la mer. Les Turcs engagèrent le combat avec eux et tuèrent beaucoup des nôtres à coup de flèches. D’autres bataillons furent disposés depuis le fleuve jusqu’à la montagne sur un espace de deux milles.
Ces bataillons commencèrent à s’avancer des deux côtés et enveloppèrent les nôtres en les blessant à coups de javelots et de flèches^. On voyait aussi sortir de la montagne des troupes innombrables, montées sur des chevaux blancs, et blancs aussi étaient leurs étendards. A la vue de cette armée, les nôtres ne savaient ce qui arrivait ni quels étaient ces soldats, puis ils reconnurent que c’était un secours du Christ, dont les chefs étaient les saints Georges, Mercure et Démétrius. Ce témoignage doit être cru, car plusieurs des nôtres virent ces choses ^
3. Dans ces dispositions si sages, on devine l’action de Bohémond. Rainaud, d’après Guillaume de Tyr (VI, 17), est un chevalier lorrain de Toul; le manuscrit {voir p. 154, variante b) le donne comme originaire de Beauvais.
4. Les deux divisions turques, celle qui était du côté de la mer et celle qui reculait vers la montagne, attaquent les croisés en même temps.
5. Ces trois saints, que l’iconographie chrétienne représentait en costumes de guerre, étaient les patrons des armées byzantines. Saint Georges devait devenir celui des croisés. L’Anonyme et ses remanieurs sont les seuls à parler de cette vision céleste. Ni Raimond d’Aguilers, qui assistait à la bataille, ni Albert d’Aix n’en parlent. Foucher de Chartres (I, 23, p. 349) dit que les Turcs se
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TURCI TERGA VERTUNT
Turci autem qui stabant in pane maris, videntes quod non possent sufferre amplius, miseront ignem in herbam, ut videntes illi qui erant in tentoriis fugerent^ At illi, cognoscentes illud signum, arripuerunt omnia honorabilia spolia et fugerunt. Nostri vero paulatim militabant* ubi maxima virtus eorum erat, scilicet ad tentoria illorum. Dux Godefridus et Flandrensis cornes et Hugo Magnus equitabant juxta aquam* ubi virtus illorum erat. Isti primitus, signo crucis muniti, unanimiter invaserunt illos. Videntes hoc, alie actes simili modo invaserunt illos; exclamaverunt autem Perse et Turci; nos itaque, invocantes Deum vivum et verum, equitavimus contra illos et in nomine Ihesu Christi et Sancti Sepulchri incepimus bellum et Deo juvante devicimus eos.
Turci vero tremefacti arripuerunt fugam nostrique illos persequebantur juxta tentoria; itaque milites Christi magis amabant persequi illos quam ulla spolia querere et persecuti sunt illos usque ad pontem Farreum* ac deinde usque ad castellum Tancredi^. Illi vero dimiserunt ibi papiliones suos et aurum et argentum et multa ornamenta, oves quoque et boves, equos et mulos, camelos et asinos, frumentum et vinum, farinam et alla multa que nobis erant necessaria. Hermenii et Suriani qui habitabant in illis partibus, audientes nos superasse Turcos, cucurrerunt ad montait. equitabant paulatim C>; equitabant C*. — b, Ferreum A^.
sauvèrent comme s’ils avaient été effrayés par un signe céleste. Seule la lettre du clergé et du peuple de Lucques {Epistulae et chartae, p. 167) parle de l’apparition d’une bannière immense entourée d’une multitude de guerriers.
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RETRAITE DES TURCS (28 juin IO98) iSj
Les Turcs placés du côté de la mer, voyant qu’ils ne pouvaient tenir plus longtemps, allumèrent un feu d’herbes, ahn que ceux qui étaient restés dans les tentes le vissent et prissent la fuite L Ceux-ci, de leur côté, reconnaissant le signal, s’emparèrent de tous les objets de valeur et s’enfuirent. Les nôtres s’avançaient peu à peu en combattant vers le gros de leur armée, c’est-à-dire vers leur camp. Le duc Godefroi, le comte de Flandre, Hugue le Mainsné chevauchaient le long du fleuve où se trouvait le gros de leur armée 2. Munis d’abord du signe de la croix, ils dirigèrent contre eux une attaque d’ensemble; à cette vue, les autres batailles les chargèrent de même. Les Turcs et les Perses poussaient des cris et nous, invoquant le Dieu vivant et véritable, nous chargeâmes contre eux et, au nom de Jésus- Christ et du Saint-Sépulcre, nous engageâmes le combat et, avec l’aide de Dieu, nous les vainquîmes.
Les Turcs, épouvantés, prirent la fuite et les nôtres les poursuivirent jusqu’à leurs tentes. Mais les chevaliers du Christ aimaient mieux les poursuivre que de faire du butin et ils les poursuivirent jusqu’au pont du Far, puis jusqu’au château de Tancrède^. L’ennemi abandonna ses pavillons, de l’or, de l’argent, un mobilier abondant, des brebis, des bœufs, des chevaux, des mulets, des chameaux, des ânes, du blé, du vin, de la farine et beaucoup d’autres choses qui nous étaient nécessaires. Les Arméniens et les Syriens qui habitaient dans cette région, instruits de notre victoire sur