Guillaume, seigneur de Sabran (Gard
7. L’émir de Babylone (Le Caire) qui prépare une expédition, contre les croisés et a envoyé des troupes en reconnaissance.
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198 DE AQUAE VICTUUMQUE INOPIA
occiderunt Achardum de Mommellou* et pauperes homines pedites.
Cum autem tenerent nostros jam incluses, qui omnes putabant mori, venit alius* quidam nuncius, dicens Raimundo Pileto : « Quid hic astas*^ cum his militibus? Ecce omnes nostri in nimia*' districtione Arabum et Turcorum et Saracenorum sunt et forsiian in hac hora omnes mortui sunt : succurrite ergo illis, succurrite! » Audientes nostri hec, statim cucurrerunt celeri cursu et festinanter j>ervenerunt usque ad illos preliando. Paganorum vero gens®, videns Christi milites, divisit se-^ et fecerunt duo agmina. Nostri autem, invocato Christi nomine, tam acriterinvaserunt illos incrédules^ ut quisque miles prosterneret suum. Videntes vero illi quod non possent stare ante Francorum fortitudinem, timoré nimio perterriti, verterunt scapulas rétro; quos nostri persequentes fere per spacia iv milium, occiderunt multos ex eis unumque retinuerunt vivum, qui nova eis per ordinem diceret; retinuerunt quoque cm equos^
In eadem obsidione tanta oppressione sitis fuimus gravati, ut sueremus coria boum et bufalorum in quibus deferebamus aquas* fere perspacium vi miliariorum^ ; ex illis quippe vasculis fetida utebamur aqua et quantum ex olida aqua et hordeaceo^ pane in nimia districtione et afflictione eramus cotidie. Saraceni namque in cunctis fontibus et aquis latentes* insidiabantur nostris eosque ubique occidebant et dilaniabant; animalia quoque secum in suas cavernas et speluncas deducebant®.
a. Montemerlo O. — 6. aliis A^. — c. stas A^, A^, C. — d. magna A^y .43. — e. pagani vero C. — /. diviserunt se C. — g. incrédules omis dans C. — h. aquam C*, O. — i. hordacio C^; ordeacio A^; hordeicio A^, Ô; ordeicio C*. — k. latenter A^.
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DISETTE d’eau ET d’aLIMENTS I99
entourèrent de tous côtés et tuèrent Achard de Montmerle, ainsi que de pauvres piétons.
Les nôtres étaient déjà cernés et s’attendaient à la mort, lorsqu’un autre messager vint dire à Raimond Pilet : « Que fais-tu là avec ces chevaliers? Voici que les nôtres sont aux prises avec des Arabes, des Turcs et des Sarrasins ; peutêtre à cette heure sont-ils tous tués; secourez-les, secourezles donc! j> A cette nouvelle, les nôtres s’empressèrent d’accourir et parvinrent à la hâte jusqu’à eux, tout en combattant. Apercevant les chevaliers du Christ, la gent païenne se divisa et forma deux colonnes. Mais les nôtres, après avoir invoqué le nom du Christ, chargèrent sur ces incrédules avec un tel élan que chaque chevalier abattit son ennemi. Comprenant alors qu’ils ne pourraient tenir devant la valeur des Francs, frappés d’une grande terreur, ils tournèrent le dos; les nôtres les poursuivirent pendant quatre milles environ, en tuèrent un grand nombre, en prirent un vivant, afin d’avoir par lui des renseignements, et s’emparèrent de cent trois chevauxL
Pendant ce siège, nous endurâmes le tourment de la soif à un point tel que nous cousions des peaux de bœufs et de buffles dans lesquelles nous apportions de l’eau pendant l’espace de six milles*. L’eau que nous fournissaient de pareils récipients était infecte et, autant que cette eau fétide, le pain d’orge était pour nous un sujet quotidien de gêne et d’affliction. Les Sarrasins, en effet, tendaient secrètement des pièges aux nôtres en infectant les fontaines et les sources ; ils tuaient et mettaient en pièces tous ceux qu’ils trouvaient et cachaient leurs bestiaux dans des cavernes et des grottes*.
1. Ce combat eut lieu le lendemain de l’arrivée du message de la flotte, le 18 juin. Voir Raimond d’Aguilers, 20, p. 294-295, et Albert d’Aix, VI, 4, p. 468.
2. Foucher de Chartres (I, 27, p. 358) reproduit le même détail, mais en termes plus clairs : « Ils allaient chercher de l’eau au loin, à quatre ou cinq milles, et la rapportaient chaque jour dans leurs outres. »
3. Cf. Raimond d’Aguilers, 20, p. 294; Albert d’Aix, VI, 6, p. 469-470. L’Anonyme omet le combat malheureux livré à la
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MACHINAMENTA FRANCI CONSTRUÜNT
[38.] Tune seniores nostri ordinaverunt quomodo ingeniare possent civitatem, ut ad adorandum nostri Salvatoris intrarent Sepulcrum, feceruntque duo lignea castra et alia plura machinamenta^ Dux Godefridus suum fecit castrum cum machinis et Raimundus® cornes* similiter, quibus^ de longinquis terris attrahebant** ligna*. Saraceni igitur*, videntes nostros facientes bas machinas, mirabiliter muniebant-^ civitatem et turres nocte accrescebant.
Videntes autem nostri seniores ex qua parte esset civitas magis languida, illuc in quadam nocte sabbati^* deportaverunt nostram machinam et ligneum castrum in orientalem partem^. Summo autem diluculo erexerunt ea* et aptaverunt et ornaverunt castrum in et II* et III* feria®. Cornes^ namque S[ancti] Egidii a meridiana plaga reficiebat suam machinam. Interea in tanta pressura sitis fuimus districti*, ut unus homo non posset pro uno denario® ad sufficenciam habere aquam aut exstinguere sitim suam.
Nocte vero ac die, in iv* et v* feria"^, mirabiliter^ aggredimur civitatem"* ex omni parte"; sed, antequam invaderemus eam, ordinaverunt episcopi et sacerdotes, predicando et commonendo omnes, ut processionem
a. Raimundus omis dans C. — b. cornes S. Egidii C. — c. ad quorum opus C. — d. attrahebantur C. — e. porro Saraceni videntes C. — /. munire ceperunt C*, O; ceperunt munire C’. — g. sabati A*. — h. eam — i. cornes namque . suam ma¬
chinam omis dans C^. — k. district! omis dans C. — l. mirabiliter omis dans — m. urbem C. — n. ex omni parte omis dans C.
Hotte égyptienne par les Génois qui durent abandonner leurs navires et partirent pour Jérusalem le 19 juin (Raimond d’Âgui- 1ers, 20, p. 295).
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