Gaston de Béarn. Cf. p
5. Pour engager le combat avant la charge des chevaliers, tactique courante du xi* au xv* siècle.
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PUGNA AD ASCALONEM
bebat vasculum pendens collo ex quibus potarent persequentes nos^ sed illis non licuit gratia Dei.
Cornes autem de Nortmannia® cernens admiralii* standarum habentem^' quoddam pomum aureum in summitate haste, que erat cooperta argento» vehementer ruit super ilium qui hune ferebat*^ eumque vulne* ravit usque ad mortem**. Ex alia parte cornes Flandrensis nimis acriter invasit illos^. Tancredus vero-^ împetum fecit per medium tentorium eorum; quod vidantes pagani, continuo inierunt fugam, quorum^ multitudo erat innumerabilis numerumque eorum nemo scit nisi solus Deus; bella vero erant immensa, sed virtus divina comitabatur nobiscum tam magna, tam for* tis, quod statim superavimus illos.
Stabant autem inimici Dei excecati et stupefacti ac videntes Christi milites apertis oculis nil videbant et contra christianos erigere se non audebant, vinute Dei tremefacti, Pre nimio timoré ascendebant in arbores in quibus putabant se abscondere*, sed nostri sagiitando et cum lanceis et ensibus occidendo eos ad terram precipitabanf*; alii autem jactabant^ se in terram non audentes se erigere contra nos. Nostri igitur illos detruncabant sicut aliquis detruncat animalia ad macellum. Cornes Sancti Egidii juxta mare occidit ex eis sine numéro; alii vero se precipitabant in mare, alii fugiebani hue illucque.
Venions itaque admiralius^ ante civitatem*, dolens et
a. incomparabilis itaque miles scilicet domnus Rotbertus cornes Normannie CS C*. — b. ammiravisi B. — c. stan-
tarum habere A^y B; siantartum R. — d. qui hune ferebat omis dans A^j 5, C. — e. quem viriliter prosternens vulneravit A^; prosternens cum eodem standaro letaliter vulneravit CS C*. — /. igitur ^S — §■' paganorum multitudo A^y B. — h. pu-
tantes ibi se posse later C*. — i. precipitabant illos ad terram CS C‘^. — k. civitatem Ascalonam A®, O, C®; ante Âscalon R.
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BATAILLE d’aSCALON {l2aOÛt IO99) 21 5
due au cou, ce qui leur permettait de boire tout en nous poursuivant^, mais ils n’en eurent pas le temps, grâce à Dieu.
Le comte de Normandie, apercevant l’étendard de l’amiral orné d’une pomme d’or au sommet d’une lance argentée, s’élança violemment sur son porteur et le blessa mortellement^. D’autre part, le comte de Flandre les attaqua vigoureusement^. Tancrède, de son côté, fit irruption dans leur camp, ce que voyant les païens prirent aussitôt la fuite. Leur multitude était innombrable, et nul n’en sait le nombre, excepté Dieu. La bataille était acharnée, mais une force divine nous accompagnait, si grande, si puissante que, en un rien de temps, nous les vainquîmes.
Les ennemis de Dieu étaient aveuglés et stupéfaits : ils voyaient bien, les yeux ouverts, les chevaliers du Christ, mais c’était comme s’ils ne voyaient rien et ils n’osaient plus s’élever contre les chrétiens, car la puissance divine les terrifiait. Dans leur épouvante, ils grimpaient aux arbres pour s’y cacher, mais les nôtres, à coups de flèches, de lances et d’épées, les massacraient en les précipitant à terre*. D’autres se couchaient sur le sol, n’osant plus se dresser contre nous, et les nôtres les décapitaient comme on découpe des animaux au marché. Près de la mer, le comte de Saint-Gilles en tua un nombre incalculable; quelques-uns se jetaient à la mer, d’autres fuyaient çà et là.
L’amiral*, arrivé devant la cité dans l’affliction et la dou-
1. Détail précis et pittoresque particulier à l'Anonyme et à ses remanieurs.
2. Cet exploit de Robert Courie-Heuse est mentionné aussi par Albert d’Aix, VI, 5o, p. 497. La scène fut représentée par ordre de Suger sur le vitrail de la croisade, à Saint-Denis (1142) avec l’inscription : « R[otbertu8] dux Normannorum Partum prosternit » (reproduit dans Montfaucon, Monuments de la monarchie françoise^ t. I, pl. LUI, p. 384).
3. Un autre compartiment du vitrail mentionné à la note précédente représentait ce combat sous le titre : « Duellum Parti et Roberti Flandrensis comitis » (Montfaucon, op. cïf., pl. LIV).
4. Mêmes détails dans la lettre de Daimbert {Episîulae et chartae^ p. 171), dans Foucher de Chartres (I, 3i, p. 363), Albert d’Aix (VI, 47, p. 495).