On objecte les martyrs des autres cultes
Rép.—Un martyr, c’est celui qui souffre la mort plutôt que de renoncer à ce qu'il croit être la vraie religion, et qui peut racheter sa vie par une simple dénégation.
1°. Le nombre des prétendus martyrs opposés est très petit, celui des chrétiens est immense ; il y a eu des martyrs pendant trois siècles consécutifs, durant ces siècles, on ne pouvait être chrétien qu’en s’exposant à la mort la plus cruelle, ce qui ne peut se dire des sectes anti-catholiques.
2. Les martyrs opposés sont morts pour la défense d'opinions particulières et diverses. Les martyrs chrétiens sont tous morts pour la même foi.
3 Parmi ceux qu'on oppose, les Donatistes furent punis pour leurs crimes, les Anabaptistes pour les violences et les bouleversements de l’ordre social dont ils se rendaient coupables, les Protestants en France et en Allemagne pour leur révolte contre l'autorité politique ; tous ces martyrs se défendaient les armes à la main.
Les femmes indiennes qni se brûlent sur les tombeaux de leurs maris ne meurent pas pour la défense de leur foi, mais pour céder à un préjugé enraciné dans les mœurs de leur pays et éviter l'infamie attachée à celles qui ne le font pas.
5. Conséquences. —FJésus-Christ avait prouvé sa mission divine par des faits. Il charge les apôtres de les attester, en disant erifis mihitestes. Act. I. Les apôtres versèrent leur sang pour attester ces faits. Les fidèles convertis par les apôtres mouraient pour attester ce qu'ils avaient appris de ceux-ci et les miracles qu'ils leur avaient vu faire. .
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Ceux qui sont venus dans la suite mouraient pour une religion qu'ils savaient prouvée par des faits incontestables, confessée par une tradition qu'ils ne pouvaient nier et par des prodiges qu ‘ils voyaient se renouveler tous les jours. Or, l'attestation de ces faits par les martyrs est une preuve de leur vérité, et par conséquence de la divinité de la religion. J'en crois, dit Pascal, des témoins qui se font égorger.
De plus, il est moralement impossible qu'un si grand courage, une si grande tranquillité d'esprit, une si grande patience au milieu des plus cruels supplices, dans un si grand nombre de personnes, de tout âge, de tout sexe, de toute condition, et pendant un si long temps, soit attribué à une cause humaine et naturelle : il est impossible que les hommes n'eussent pas été détournés d’embrasser une religion exposant à de tels tourments, s'ils n’y avaient pas été portés par une impulsion divine. Si à ces considérations on ajoute celles des éminentes vertus de tout genre qui brillaient dans les martyrs, des miracles qui souvent accompagnaient leur mort, il ne peut rester de doute que la cause de tout cela, ne soit une intervention divine, et par conséquent, il faut reconnaître la vérité du Christianisme. Autrement, il faudrait admettre que l'erreur pouvait s'attribuer le caractère le plus frappant de la vérité, c’est-àdire, le principe de ce qu’il y a jamais eu de plus grand, de plus héroïque, de plus sublime dans l’homme.