‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 11 sur 140 · CONVERSION DE CONSTANTIN · texte numérisé non relu

CONVERSION DE CONSTANTIN

Jésus-Christ avait prouvé que l'Eglise qu'il avait fondée était d'institution divine. Il l'avait soumise pendant trois siècles aux plus terribles épreuves et elle était demeurée victorieuse de toutes les puissances de la terre et de l'enfer. Il fallait que la prophétie qui assurait que les Rois la serviraient et qu'elle dominerait sur les nations s'’occomplit. Ps., 2.— Isaie, 49 et 52. (1)

Dix ans après l’édit de la grande persécution, peu de temps après que Dioclétien et Maximien se furent glorifiés d'avoir détruit le nom chrétien, le chef de l'Empire se convertit, et le Christianisme fut triomphant. Constantin avait

(1) Rohrbacher, Hist. de l'Eglise, J.-C. p.153.

été disposé favorablement à l'égard de la foi chrétienne par sa mère l'impératrice Hélène, Une vision miraculeuse, dans cette circonstance solennelle, détermina sa conversion. Il était sur le point de livrer bataille à Maxence, il implore le secours du Dieu des chrétiens en lui demandant de se faire connaître à lui. 11 aperçut bientôt une croix de lumière avec une inscription en traits de flamme, portant : Tu vaincras par ce signe. La nuit suivante Jésus lui apparait en songe avec le même signe et lui ordonne de faire une image de la croix pour enseigne de ses armées. Constantin confesse la divinité du Christ, et livre la bataille à son ennnmi et remporte une éclatante victoire (28 octobre 312, près du pont Milvius). Maxence périt dans le Tibre, on dit qu'il avait fait consulter les livres Sybillins qui avaient déclaré que ce jour-là l'ennemi des Romains devait périr.

Bientôt après sa victoire, Constantin donne un édit de tolérance envers les chrétiens, et leur permet de rester en pouvoir de leurs églises et de leurs biens. (2)

On a dit que Constantin s’est converti par politique. Cela prouverait que les Chrétiens dominaient dans l’'Empire et que par conséquent, le Christianisme n'a pas dû son principal accroissement à la protection de l'Empereur, comme des adversaires de la religion l'ont avancé.

Le fait de la vision de Constantin est incontestable. Il est attesté par Eusèbe de Césarée, qui dit le tenir de Constantin lui-même, et qui a écrit cela dans un temps où un grand nombre de témoins du fait vivaient encore. Lactance,dans son traité de la mort des Persécuteurs, rapporte le songe de Constantin, avec une allusion manifeste à l'apparition de la croix.

Tous les historiens de ce siècle et du suivant rapportent ce fait, et on le trouve mentionné par deux auteurs payens dans les panégyriques de ce prince.

On le prouve de plus par l’arc de triomphe de Constantin encore subsistant, sur lequel on lit : ‘* Poussé par la divinité, il a vengé la république ”, et par la statue d’or où il était représenté une longue croix à la main avec cette

(2) Rohrbacher. J.-C. p. 144.

SR EN Arc 2e LE Ré

ss

RE Vi NT

tienne par raculeuse, onversion.

il implore dant de se roix de luportant :

sus lui apne de faire ses. Cons- \ bataille à 28 octobre s le Tibre, billins qui mains de-

un édit de rester en

- politique.

dans l’'Emn’a pas dû Empereur, cé.

ontestable.

e tenir de temps où icore. Lacs,rapporte este à l'ap-

nt rapporx auteurs

e de Cons- Poussé par statue d'or avec cette

A NE tee

in

DT O7 Ne IR

Ho

inscription : Par ce signe salutaire, j'ai délivré votre cité joug de latyrannie. (3)

La sincérité de la conversion de Constantin se prouve par le zèle extraordinaire et constant qu'il déploya pour les intérêts de l'Eglise, et par les lois inspirées par l'esprit du Christianisme. (4) (5)

On a reproché divers faits odieux à Constantin.

La religion chrétienne n’en est pas resporsable, elle n’a pu dompter entièrement la violence naturelle du caractère de Constantin ; mais il a dû à son influence tout ce qui fait honneur à sa mémoire, et surtout une admirable réforme de la législation.

Au reste, les faits reprochés sont susceptibles de justification ou ce qu'ils offrent de répréhensible peut être atténué. La mort de Maximin, arrivée avant la conversion de Constantin, s'explique par sa trahison. (Constantin avait pardonné trois fois à Licinius, il ne le condamna à mort qu'après qu’il eût appris de nouvelles intrigues de sa part. Le crime de Fausta, méritait la mort, quoiqu'on puisse reprocher à Constantin trop de précipitation dans la sentence. La mort de Crispus est un crime, parce que Constantin a jugé trop légèrement, mais il le croyait coupable et cela atténue l'odieux de cet acte. (6)

Il est faux qu'il ait jamais été Arien, il n’a consenti au bannissement de St-Athanase que parce qu'il croyait que cela produirait la paix, mais il n’a pas donné le tort à cet évêque, il n’a pas voulu qu’on lui donnât un successeur.

Le fait du baptême de Constantin, ses grandes et belles actions, inspirées par le Christianisme, la réforme de la législation, sont des faits qui tournent à la gloire de la religion et en confirment la vérité.

Le fait du baptême de Constantin à Nicomédie,dans les derniers jours de sa vie, peut être contesté ; il y a de fortes raisons de croire que ce prince a été baptisé à Rome par ie Pape St-Sylvestre. (7)

j al 3) Univers, 8 février 1857. Palma prælectiones historiæ ecclesiastice. .-C., ch. 37.

(4) Palma, ch. 38. G) Gerbet,Rome Chrétienne. Tom. L., p. 259-276. (6) Bergier, dict. théologique, art. Constantin.

(7) Univers, 5 avril, 19 avril, 3 mai 1857.

Page 1