‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 106 sur 140 · RAPPORTS DE ST GRÉGOIRE AVEC LES SOU- VERAINS D'EUROPE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE ST GRÉGOIRE AVEC LES SOU- VERAINS D'EUROPE

Les droits que réclame St Grégoire, à l'égard des princes temporels, s'expliquent par l’état où se trouvait la société, à cette époque. Le St Siège était devenu suzerain; plusieurs rois s'étaient faits vassaux du Souverain Pontife. Leur intérêt, leur autorité sur leurs sujets étaient plus respectés ; ils étaient assurés d'avoir un défenseur, si leurs droits étaient blessés par d’autres princes. Leurs sujets aimaient cet ordre de choses qui leur permettait d'espérer que leurs plaintes seraient écoutées contre un prince tyrannique et cruel. Le St Siège avait dû accepter cette suzeraineté, dans l'intérêt général de la société, et dans celui de la religion. Pour faire cesser les maux qui désolaient alors l'Eglise, il fallait alors une grande force, il fallait ne pas rencontrer d'obstacles de la part des princes temporels. L'autorité que ceux-ci reconnaissaient aux Souverains Pontifes, leur donnait les moyens d'agir avec efficacité pour la réforme de l'Eglise. D'après le droit reconnu alors, le souverain pouvait déposer le vassal félon, et s'emparer de ses biens. Les papes ont rarement usé de leur autorité suprême contre les princes délinquants. Ils ne se sont point emparés de leurs domaines, et quand ils ont cru devoir les déposer, ils ont disposé de leurs états en faveur

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d'un étranger. Le droit de suzeraineté a toujours été donné aux papes par les princes eux-mêmes. Ainsi, Grégoire VII n'a jamais réclamé que des droits appuyés sur une coutume ancienne et reconnue des souverains eux-mêmes. Grégoire VIT n'eut qu'à se louer de ses rapports avec l’Espagne et les souverains du Nord de l'Europe. L'Angleterre avait dû sa foi et sa civilisation au St Siège. En 780, Ina, roi des Anglo-Saxons, rendit son pays tributaire ; en 794, Orfa, roi des Merciens, renouvela cette soumission et Guillaume le Conquérant avait promis à Alexandre II de tenir le royaume, dont il projetait la conquête, comme vicaire du St Siège et du pape. Plus tard, Guillaume voulut mettre des entraves à la liberté du clergé.

Grégoire demanda, à cette occasion, le tribut anciennement accordé par les rois d'Angleterre, et la reconnaissance de la suzeraineté du St Siège. Guillaume refusa ce dernier point, il accorda le tribut, et il parait qu’il s'accordait avec le Pape, relativement à la liberté du clergé : car ils continuèrent l’un et l’autre d'entretenir une correspondance amicale. La France était alors gouvernée par Philippe I, prince débauché, injuste, ne cherchant qu’à extorquer de l'argent. Il s’opposait aux mesures que le pape voulait prendre pour rétablir la discipline dans le clergé ; la France allait tomber dans l’abaissement moral et l’asservissement, à la tyrannie, si Grégoire ne l'avait ranimée de l'esprit chrétien ; mais, le pape n'accomplit cette œuvre qu'au milieu des difficultés les plus graves. Après avoir averti Philippe et l'avoir traité avec indulgence, il le menaça de l'excommunication et de la déposition, qui, d’après les idées d'alors, était une conséquence de l’excommunication. Il parait, qu'en dernier lieu, Philippe ne mit plus, du moins ouvertement, obstacle à la réforme du clergé, car l’'excommunication ne fut pas mise à effet.

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