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ne saurait être un bien pour la société. Elle renfermerait l'idée que l'erreur n'est pas nuisible en soi. D'après ce principe, le dogme et la morale catholique n'auraient aucune importance pour l’ordre temporel et la religion établie pour sauver les hommes ne pourrait avoir aucun résultat pour le bien de la société. Que le pape soit le vicaire du Christ ou un homme usurpant un pouvoir monsi:ueux exercé sur la plus grande société du monde; que la polygamie ou le divorce défendus par l'Eglise s'établissent ou non dans la société; que le polythéisme revienne avec tous les dieux de l’'Olympe ; ou que le Christ réclame l'empire du monde ; que les querelles les plus acharnées produites par les discussions de l'Eglise, aient lieu ou que la paix règne sous l'influence de la vraie religion adoptée par tous les esprits, la société ne peut rien avoir à souffrir de la réunion de ces deux ordres de choses. Voilà les conséquences absurdes du principe de l’indépendance politique en matière de religion.
On dit: Un gouvernement ne peut pas s'occuper de doctrines religieuses. Il y a dans la société des idées suffisantes du juste et de l’injuste qui suffisent avec la puissance du glaive au maintien de l'ordre civil. —Rép.— Ces idées ne suffisent pas. L'expérience nous montre que l'immoralité, l'injustice, la violence furent le résultat immédiat de l’incrédulité, que, sans la religion, les hommes n’ont d’autres modèles que les intérêts si opposés entre eux, que les plus grandes perturbations sociales ont lieu chez les peuples où l’hérésie domine.
On objecte encore que l'intolérance a été la cause d'un grand nombre de guerres religieuses.
Cette objection est la preuve péremptoire que la tolérance est un mal digne d’être souverainement déploré. Si, en effet, dans un pays où la religion catholique était universellement pratiquée, on eût arrêté les premières prédications de l'erreur, elle ne se serait pas répandue, les partisans n'eussent pas été assez forts pour prendre les armes et troubler la société.