On ne persuade pas par la crainte
Rép. Cela est vrai, mais il ne s'en suit pas qu’on doive laisser circuler les doctrines fausses. et subversives de l'ordre moral. Du reste, si la contrainte ne persuade pas par elle-même, elle porte quelquefois à réfléchir et opère par là même des conversions.
4°. Il n’est pas permis de poursuivre ceux qui attaquent la religion de l’Etat,les persécuteurs des chrétiens.
Rép. Les prédicateurs du christianisme n'ont point troublé la société par des violences. La doctrine qu'ils
prêchaient, loin de nuire à l’ordre social, en était le plus sur soutien. Cette doctrine se montrait par des preuves si éclatantes, des faits si extraordinaires, qu’elle devait convaincre de leur erreur les persécuteurs. Ceux-ci, d’ailleurs, voulaient forcer de croire aux faux dieux et à leur rendre hommage. C'était une attaque directe et positive à leur créance. Les empereurs étaient dans une erreur vincible et, par là même, coupable. Les actes faits par suite d’une telle erreur, ne peuvent être excusables, l'erreur
it ce n’a pas les mêmes droits que la vérité Qu'on montre, dans la propagation des autres religions, les mêmes faits, lui les mêmes circonstances que dans l'établissement de la qu’il religion chrétienne, et on pourra ajouter qu'il est injuste s at- d'employer contre elles la violence.
orité 5. Les pères de l'Eglise ont blâmé toute persécution ais, contre la religion.
>erté Rép. Les pères de l'Eglise ont constamment enseigné é dé- qu'il ne faut pas employer de moyens violents contre les hérétiques, tant qu'ils ne troublent pas l'ordre public ; qu’il t de faut les instruire avec douceur et charité, et les ramener
uniquement par la persuasion, mais les pères ont dit aussi que quand les hérétiques sont violents et séditieux, ils doivent être réprimés par le bras séculier. Ils ont applaudi aux lois portées contre les Ariens et les Donatistes. St Augustin, qui avait prêché si fortement, a convenu qu'il fallait punir les sectaires turbulents. (C’est un fait prouvé par l’histoire que les catholiques n’ont usé de moyens violents contre les hérétiques que lorsque ceux-ci avaient eu recours eux-mêmes à la violence. Cela s’est vu particulièrement par rapport aux Ariens, Donatistes, Manichéens, Albigeois, Hussites, Protestants. Les Athées ont retourné contre les Protestants toutes les raisons sur lesquelles ceux-ci exigent la tolérance pour eux-mêmes, sans vouloir l’accorder aux autres. Dans l’ancienne loi, les rois étaient obligés de faire exécuter les devoirs de la religion,
Quand les princes furent chrétiens, ils se firent un devoir de défendre la foi, jusqu'à ces derniers temps, tous se sont déclarés protecteurs de l'Eglise. Et l'Eglise a approuvé, loué, béni les souverains qui se sont montrés ses défenseurs et ses soutiens. Dieu a semblé accorder des bénédictions particulières aux princes qui ont montré un grand zèle pour conserver ét propager la foi. Ces faits,
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joints aux raisons intrinsèques qui font voir que toute société doit avoir une religion, démontrent que la séparation de l'Eglise et de l'Etat ne peut pas être l'état normal de la société, quoique, dans certains lieux et dans certains temps, cette séparation soit un bien relatif.
La religion étant le premier bien des peuples, les peuples ont droit de la placer sous la même protection que les biens, l’honneur et la vie des citoyens. On r°pousse celui qui attente à la réputation et aux propriétés, pour-
quoi ne répouserait-on pas celui qui cherche à ravir la foi ?