CONDAMNATION DE JEAN HUSS
Jean Huss est un célèbre hérésiarque, brûlé vif en 1415 et condamné par le concile de Constance.
1°. L'hérésie de Jean Huss soutenait que l'autorité ecclésiastique et divine se perd par le péché, et sapait la religion et la société par sa base.
2°. De fait, Huss et ses partisans avaient soulevé la Bohême, des violences avaient été commises. Les deux autorités pouvaient forcer le novateur à un jugement. D'ailleurs, lui-même en avait appelé à un concile.
3. Le sauf-conduit de Sigismond n'était que pour le voyage. Le texte le prouve, autrement, le procès eut été illusoire, et l'empereur aurait empiété sur les droits de l'Eglise, qui n'aurait pas été tenue d'accomplir une promesse faite contre son autorité.
4°. Huss a été traité avec égard, il a pu se défendre, ce n’a été qu'après une rétraction de sa soumission et des tentatives pour répandre de nouveau ses erreurs, qu'il a été condamné et livré au bras séculier. Le supplice qu’il a subi était en usage depuis des siècles, l’odieux n’en tombe pas moins sur le concile.
DE L'INTOLÉRANCE REPROCHÉE A L'ÉGLISE RÉFLEXIONS GÉNÉRALES Pour beaucoup d’esyrits préjugés, le mot catholicisme
est synonyme d’intolérance. Cela vient de ce que l’on a considéré la conduite de l'Eglise vis-à-vis les hérétiques,
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que sous un point de vue. On a mis de côté l'esprit des temps, des circonstances particulières, un ordre de choses entièrement différent du nôtre, ou présenté dans un seul tableau, et d'une part, exagéré, des rigueurs exercées au nom de l'Eglise, mais qui n'ont eu lieu que pendant le cours de peu de siècles ; on ne dit rien de l'intolérance pratiquée aux mêmes époques, et d’une manière bien plus sévère par le protestantisme et l’on s’habitue à regarder le catholicisme comme une religion de tyrannie et de sang. Serait-on admis à opprimer de la même manière la monarchie, la démocratie, la science, la civilisation même, car tout cela aussi à son mauvais côté.
La tolérance est plus propre aux hommes religieux qu'aux autres, car elle a, chez les premiers, pour principe, la charité et l'humanité, vertus qui manquent aux hommes qui ne sont pas chrétiens, ou qui ne le sont que de nom. Les hommes anti-religieux, par principe ou par passion, sont les plus intolérants des hommes. Ils ne peuvent supporter la religion qui les condamne, ils abhorrent et persécutent ceux qui la professent. C’est ce que l’on voit dans Voltaire et son ecole. Chez les hommes qui n’ont point de religion, par indifférence, la tolérance s'explique par ce que, ne sentant pas la vérité et ses avantages, ils ne voient pas ce qu'il y a de funeste dans les doctrines anti-religieuses. Quand, dans une société, des croyances diverses se trouvent, pour la première fois, face à face, il y a un choix inévitable, mais la lassitude des combats, le besoin de la paix fait qu’on se supporte les uns les autres. Les philosophes modernes ont prétendu que la tolérance, dont la société actuelle reconnaît l'empire, est due à leurs principes. Ces principes n’ont produit que l'indifférence. La tolérance n’est pas le fait des principes nouveaux, elle est un fait lentement consommé par la force même des choses.