‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 34 sur 140 · SI · texte numérisé non relu

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qui connaissait déjà ses erreurs, condamna solennellement sa doctrine, et ordonna à St-Cvrille d'anathématiser Nestorius, si dix jours après notification, il ne se retractait pas. L'Empereur Théodose 11, à la demande de Nestorius et d'une partie du clergé de Constantinople, voulut assembler

“oncile, il fut convoqué à Ephèse, Le Pape chargea

vrille et trois autres légats, de maintenir sa décision au concile. Jean d'Antioche et quelques évêques d'Orient, amis de Nestorius, tardèrent à se rendre au concile pour mettre des obstacles à sa réunion. Nestorius ne voulut pas s'y rendre, malgré trois citations dans les formes. Le concile ouvrit néanmoins sa session, et il anathématisa l'hérésiarque et sa doctrine.

Les Pères prononcent la condamnation, contraints, disent-ils, par les saints canons et la, lettre de notre Saint Père Célestin V, évêque de l'Eglise Romaine. Le peuple manifesta la plus grande joie de cette décision, et rendit les plus grands honneurs aux Pères à leur sortie de l'Eglise.

Le général Candidien, ami de Nestorius, chargé par l'mpereur de le représenter auprès du concile, fit tenir à

d'Antioche un conciliabule qui anathématisa Saint- .. ae Candidien voulut interdire la messe à ce saint Evèque et à tous les Pères du concile. Ceux-ci, dans d'autres séances, procédèrent contre Jean d'Antioche et les Nestoriens, et envoyèrent des Jettreé à l'Empereur. Ces lettres furent interceptées 5 @ ficile l'ayant su, chargea un mendiant d'en porter jüYelles dans le creux de son bâton. La condamnatiün dé Néstorius ayant été ainsi connue à Constantinople dan flieu à une manifestation de joie extraordinaire de ta Bad du peuple. L'Empereur, détromié, se déclara pour les catholiques et exila Nestorius. Celui-ci mourut assez longtemps après, ayant le corps pourri et la langue mangée par les vers.

Eutychès, abbé d'un monastère de Constantinople, avait combattu avec zèle le nestorianisme, mais il tomba

‘dans l'erreur opposée, il avait alors 70 ans. Il soutint qu'il

n'y avait qu'une nature en Jésus-Christ, ce qui était attribuer les souffrances de Jésus-Christ à la divinité, ce qui est absurde, ou prétendre que Jésus-Christ n'avait souffert qu'en apparence. Eutychès fut dénoncé par son ami Eusèbe, évêque de Dorylée, qui avait, étant simple laïc, contredit la doctrine de Nestorius, dans l'Eglise de Constanti-

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nople. St-Flavien, évêque de cette ville, dans un concile qu’il y rassembla, força Eutychès de répondre sur sa doctrine : elle y fut condamnée. Eutychès en appela au Pape St-Léon, et protesta qu'il suivrait en tout son jugement.

L' Empereur Théodose IT, écrivit en mème temps au Pape pour l'informer de 1 affaire. Le Pape demanda à St-Flavien information de ce qui s’était passé au concile de Constantinople ; ce qui fut fait. Eutychès était l'ami de l’'eunuque Chrysaphe, tout puissant à la cour de Théodose, et de Dioscore, Patriarche d'Alexandrie, prélat plein de vices et dévoré d'ambition. Ceux-ci demandèrent à l'Empereur la convocation d'un concile. Théodose le convoqua à Ephèse, après en avoir écrit au pape. St-Léon, en envoyant ses légats, donna une lettre adressée à St-Flavien, qu'il enjoignit de regarder comme la doctrine de l'Eglise ; le concile ne pouvait, d’après lui, avoir d'autre but que d'éclairer et de ramener Eutychès.

Le concile s’assembla à Ephèse,les évèques étaient au nombre de 130. Dioscore s'empara de la présidence ; on ne voulut point reconnaître le droit des légats. Bientôt, Dioscore,soutenu par les agents de l’'Empereur,exerça une autorité despotique sur le concile. Par ruse, par intrigue, et surtout par intimidation, il engagea les évêques à approuver Eutychès et à déposer St-Flavien. Un certain nombre faisant quelque opposition, il appela les soldats, qui se tenaient auprès, et qui entrèrent avec des chaînes, des épées et des bâtons. Sais june lâche frayeur, les évêques souscrivirent. aix Aéeisil ons.formulées par Dioscore ; seuls, les légats.dn EL protestèrent. St-Flavien en ayant appelé au Pape; Diéscore, plein de rage,le frappa à coups de poing et à coups de pied : il mourut peu de temps après, des suites de ces mauvais traitements. Ce concile est connu sous le nom de ‘‘Brigandage d'Ephèse.”

St-Léon tenait un concile à Rome, lorsqu'il apprit ce qui s'était passé à Ephèse ; il y donna une entière réprobation, puis il écrivit à Théodose, au clergé et au peuple de Constantinople pour protester contre le faux concile. I] voulut d’abord convoquer un concile général en Occident, mais les troubles de l'empire ne le permettant pas, il consentit à ce qu’il y en eût üun en Orient, non, dit-il, expressément pour décider sur la foi, mais pour décider à qui on doit pardonner de ceux qui reconnaissent leur faute.

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Marcien, successeur de T'iéodose, fit assembler le concile à Nicée, d'abord ; mais bientôt après, il fut transféré à Chalcédoine. Il y eut près de six cents évêques, deux seulement d'Occident, outre les légats du Pape, qui présidèrent: Paschasin, Lucentin et le prêtre Boniface. Les évêques ayant pris siège, Paschasin, au nom du Pape, demanda que Dioscore quittât sa place pour paraître comme accusé, ce qui fut exécuté. Les évêques qui avaient siégé avec lui, rejetèrent leur prévarication sur ses violences, et demandèrent pardon. Dioscore et quelquesuns des plus coupables évèques, furent anathématisés. On s'écria d’une voix unanime qu’on adoptait la doctrine contenue dans la lettre du Pape : ‘* Pierre a parlé par la bouche de Léon,” ce fut ie cri de tous. Le concile, après l’anathème prononcé contre Eutychès et ses adhérents, fit plusieurs canons de discipline: il demanda la confirmation du Pape, qui approuva tout ce cui avait été fait à Chalcédoine, excepté le canon qui donnait au siège de Constan:. tinople un droit patriarchal.

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