‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 65 sur 140 · DR IS RE RAD PEER ADN LPS PSE VA AC RE APE · texte numérisé non relu

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le pécheur du supplice éternel qui est sans remède. S. Hilaire de Poitiers s'écriait : ‘‘I1 faut gémir de la misère ‘et de l’erreur de notre temps où l’on croit que Dieu a ‘“ besoin de la protection des hommes,et où l’on recherche ‘ la puissance du siècle pour défendre l'Eglise de Jésus- ‘ Christ. ” (In. aux 3.)

St-Martin s’éleva avec la plus grande énergie contre Idace et Ithace, deux évêques qui avaient demandé à l’empereur Maxime la condamnation de Priscillien et de ses disciples, et quand ces sectaires eurent été mis à mort, il n’y eut qu’un cri d'horreur dans l'Eglise d'Occident contre les évêques persécuteurs, et un concile tenu à Milan les dégrada et déposa solennellement. (Cours de droit criminel. Université Catholique T. 20, p. 252.)

Ces fait divers montrent l'esprit de tolérance qui anime l’Eglise,si l’on voit quelquefois des Evêques d'Afrique demander l'intervention de la force armée contre les Donatistes, c’est que ceux-ci exerçaient contre eux les plus grandes violences. Les Evêques catholiques n'étaient pas obligés de tendre le cou et de livrer leurs peuples au pillage et au meurtre de ces fanatiques.

Justinien voulant faire insérer dans son code une constitution dogmatique, la présenta auparavant à l’approbation du Pape Jean IT, qu’il appelait le chef de toutes les saintes églises, par le siège duquel toutes les hérésies, en quelque partie de la terre qu’elles se soient montrées, ont été comprimées. (Code I. 1, no 7). Le Pape confirma la constitution et recommanda à l’empereur l'indulgence envers les hérétiques.

Le code Justinien confirme les dispositions du code Théodosien relativement à la subordination des Evêques envers le Pape. Il était dit dans celui-ci, que les Evêques sont obligés d'obéir au Pape, et de ne rien entreprendre sans son approbation ; que si un évêque appelé devant son tribunal refuse d’obéir, il doit y être contraint par le gouverneur de la Province. (Code Théod. Nat. 1. 1. titr. 24.)

Ceci fait voir que ce ne sont pas les fausses décrétales qui ont donné les premiers titres à l’autorité des Papes.

Justinien avait beaucoup fait pour l'Eglise, mais si le pouvoir civil offre d’une main, il prend bien vite le double de l’autre. Justinien attribua par une loi à l’empereur

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le droit de confirmation pour le Pape et les Evêques des principaux sièges. Odoacre avait déjà émis cette prétention. Théodoric l'avait renouvelée : les successeurs de celui-ci, Athalaric et Théodat se mêlèrent aussi des élections pontificales ; mais ces princes éprouvèrent toujours de la résistance de la part de l'Eglise. On ne voit point de réclamation à la prétention de Justinien : peut-être fut-elle l'effet d'un concordat. Quoiqu'il en soit, les Papes paraissent s’y être soumis, même S. Grégoire-le-Grand. En 584 Constantin Pagonat déclara la franchise de l'élection papale.

Au reste, l'élection se faisait toujours par le clergé et le peuple, mais on avait soin de ne choisir qu’un homme agréable à l’empereur. Cet état de chose pouvait avoir les plus grands inconvénients, mais l'Eglise en y consentant, la légitimait.

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