DU MAHOMÉTISME
Les Arabes descendent d'Ismaël dont l'ange du Sei-
gneur avait dit: Cet enfant sera un homme terrible, il lèvera la main contre tous, et tous lèveront la main contre lui, et il dressera ses tentes vis-à-vis de tous ses frères.
Du temps de Mahor:et, l'Arabie qui avait toujours conservé une espèce d'indépendance, était le refuge des hommes persécutés ou compromis des pays environnants. Juifs, Chaldéens, Perses, catholiques et hérétiques s'y trouvaient mêlés. La plupart des Arabes rendaient un
culte aux astres ; celui des idoles n’y était pas fort répandu.
Mahomet est né à la Mecque en 570. Il était de la tribu des Coraïschites, la plus illustre parmi les Arabes qui possédaient depuis cinq générations, la souveraineté de la Mecque et l'intendance de la Caaba, temple de 4 murailles de pierres non cimentées, hauteur des murs 6 pieds environ, l'enceinte forme 200 pieds. La Caaba est comme le panthéon des autres tribus. 11 perdit son père à l'âge de deux ans et sa mère à huit ans. Il fut élevé par son oncle Abou-Taleb, qui le forma au commerce, mais ne lui fit pas apprendre à lire et à écrire. Dans sa jeunesse, il fit connaissance, à Bosra, avec un moine nestorien, qui
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lui donna des notions chrétiennes, mais mêlées de beaucoup d'erreurs.
À vingt-quatre ans, il fit un voyage en Syrie avec l'homme d’affaires d'une riche veuve, nommée Cadija, laquelle, à son retour, ayant su apprécier ses qualités, l’épousa. Par ce mariage, Mahomet se trouva un des plus riches habitants de la Mecque, et s’acquit une grande influence.
Cinq ans après, les Coraïschites ayant rebâti la Caaba, une contestation s’éleva sur la prééminence entre les diverses tribus Arabes, quand il fallut placer la pierre \1) mystérieuse conservée dans ce temple. On convint de s’en rapporter à l'arbitrage de celui qui entrerait le premier par la porte du temple. Mahomet se présente, fait déposer la pierre sur un manteau, dit à chaque chef de tribu de ia soutenir, puis lui-même avec un air inspiré met la pierre à la place qui lui est destinée. Dès lors, il commence à en imposer, et cette circonstance achève d’éveiller en lui l’idée de fonder un empire religieux et politique, qui fit de sa nation un corps uni et puissant.
Pour s’insinuer dans les esprits, et faire croire à une mission divine, pendant dix ans, il se retire chaque année durant un mois dans une caverne du mont Hérat, près de la Mecque. Il murit son plan, compose son système, et appelle sur lui l'attention publique.
A l’âge de quarante ans, il commence à se dire le prophète de Dieu : il se prétend appelé et instruit par l'ange Gabriel. Sa femme croit la première à sa parole, puis Varaia, chrétien apostat, Zaïd son esclave, Ali son cousin, et un homme fort considéré, Abou-bècre, se font ses prosélytes.
Pendant trois ans, Mahomet ne dogmatise qu’en secret ; il n’a point la maladresse d'annoncer une religion nouvelle ; celle qu'il prêche n'est que la religion d’Abraham et d'Ismaël ramenée à sa pureté primitive: il n'est au reste que l'interprète de l’ange Gabriel.
Lorsqu'il crut les esprits préparés, il parut en homme inspiré, il prélude à sa prédication dans un repas où il réunit les quarante personnages les plus distingués de sa famille, mais on se rit de lui. Il ne se décourage pas et il
(1; Grosse pierre noire,aujourd'hui brisée en une dizaine de morceaux.
trouve le moyen de s'attacher quelques hommes puissants entre autres le fameux Omar. Mais sa propre tribu, celle des Coraïschites se soulève contre lui avec force, lorsqu'elle l'entend prêcher contre l'idolâtrie. Cependant il gagne six juifs de la ville de Yatreb, ceux-ci font connaître la doctrine du prophète, et comme la ville de Yatreb était depuis longtemps rivale de la Mecque, elle se trouva disposée à adopter l’enseignement que la Mecque rejetait, et elle fit offrir à Mahomet son secours contre les ennemis.
Les Coraïschites, à cette nouvelle, veulent se défaire de Mahomet, ils cernent sa maison ; il parvient à s'échapper et se retire à Yatreb, où il est reçu en triomphe. Ceci se passait en 622.
C'est de cette année que les Musulmans datent leur ère, leur hégire, qui veut dire fuite. La ville d'Yatreb changea son nom en celui de Médine, qui veut dire, ville du prophète. Mahomet ayant perdu sa femme Cadidija, épousa la fille d'Abou-Bekr, Aicha, âgée de neuf ans, et bientôt il prit quinze à vingt autres femmes.
De Médine, il prépara son plan de propagation. Il publia de nouvelles révélations de l'ange Gabriel, et son voyage extraordinaire dans fe ciel. Il annonça que ceux qui mourraient pour sa cause iraient droit en paradis, puis il commença la guerre contre ses ennemis.
Il remporta à Bèdr une première victoire contre les Coraïschites, qui étaient plus forts en nombre. On jugea que Dieu était avec lui. Dans un autre combat à Ohah, il tombe dans la mêlée : les Musulmans mis d'abord en déroute retournent pourtant à la charge et viennent à bout de l'enlever. Ou avait conçu à cette occasion des doutes sur sa mission. Il fait alors descendre un chapitre du ciel qui disait que ce revers ne devait être attribué qu'aux péchés de plusieurs de ses partisans. On lui reprochait le sang qui se répandait pour sa cause.
Il présente une autre révélation déclarant que ceux qui étaient morts, avaient dû mourir, tous étant soumis au destin : c’est ainsi qu'il introduisit le fatalisme.
Il avait toujours une déclaration du ciel, consignée depuis dans le Coran pour tout acte extraordinaire, tout crime qu'il se permettait : ce fut par ce moyen qu'il justifia son mariage avec la fille de son fils adoptif et toute l'infamie de ses mœurs.
Cependant, il avait déclaré, qu'étant l'apôtre de Dieu, tous devaient lui obéir sous peine de mort. Il m'a été ordonné, dit-il, de tuer tous les hommes, jusqu’à ce qu’ils confessent qu'il n’y a de Dieu que Dieu et que Mahomet est son prophète, et il déclare une guerre d'extermination à tous ceux qui ne reçoivent pas sa parole. L'Arabie ne fut plus alors qu’un champ de carnage. La Mecque se soumit enfin. Il y fit son entrée solennelle en 630, fit sept fois le tour de la Caaba, baisa la pierre mystérieuse, mit en pièces 360 idoles et termina cette solennité par un discours qui fut suivi d’une abjuration générale de l’idolâtrie. Restaient plusieurs tribus infidèles. Après diverses expéditions toujours couronnées de succès, il marcha contre toutes les tribus ensemble avec 12,000 hommes. Son armée fut d'abord mise en déroute, mais il rallia les Musulmans et battit les infidèles. Bientôt l’Arabie entière marcha sous son étendard. Les Grecs formèrent contre lui une expédition redoutable. Il réunit une armée de 20,- | 000 hommes et de 10,000 chevaux, et marcha contre la pi Syrie ; il n’était qu’à moitié chemin, lorsque les Grecs se
l | retirèrent. Ce fut sa dernière expédition. {l
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I! était atteint d’une maladie de langueur causée par du poison qu'une de ses femmes lui avait administré, pour éprouver s’il était le prophète de Dieu. Il fit un pèlerinage hi solennel à la Mecque, accompagnée de 114,000 personnes. fl Il mourut quinze jours après à Médine où est encore son Le 4 tombeau. Il avait jeté les fondements d’un empire qui en M moins d'un siècle embrassa plus de contrées que les Romains avaient pu en conquérir en 8 siècles, et il avait établi une religion qui domine encore depuis le détroit de » Gibraltar jusqu’à la grande muraille de la Chine.
WF! Mahomet fut un homme d’un génie prodigieux qui HE forma un vaste système d'organisation religieuse et politi- 4 que, et vint à bout de le réaliser. Il exerça sur ses disciples, un tel ascendant, il les fanatisait au point qu'ils allaient jusqu’à boire l’eau de ses ablutions, à recueillir et à
avaler sa salive, et à se disputer ses cheveux.
Mais cet homme pour réussir employa tous les moyens. L’imposture la plus hardie, le meurtre, le pillage, la guerre, rien ne lui coûta. La corruption de ses mœurs fut portée jusqu’au plus haut degré, et il faisait intervenir le ciel pour justifier tous les dérèglements.
Si la sainteté et les bonnes œuvres sont les preuves d’une mission divine, aucun des fondateurs de religion ne fut plus dépourvu que Mahomet de ce caractère, et on ne peut se rendrg raison de l'aveuglement de quelques incrédules qui ont osé mettre celui-ci en parallèle avec le divin auteur du Christianisme. |
Mahomet a déclaré formellement dans le Coran qu'il n’était point envoyé pour faire des miracles. Cela n’a pas empèché ses sectateurs de lui en attribuer, mais presque tous sont absurdes et ridicules, comme celui de l« lune qui se fendit en deux, et eutra par une manche de son manteau et sortit par l'autre, (Rohrbacher X, 34) ; ces prodiges n'ont été mentionnés que longtemps après la mort de Mahomet ; ils ne sont confirmés par aucun monument, ils ne tiennent à aucun dogmé, à aucune pratique du Mahométisme : ils n’ont point été allégués pour engager les peuples à croire. Aujourd’hui même les Mahométans instruits désavouent les miracles de Mahomet, et se bornent à citer ses succès comme preuve de sa mission.
Quant à ses révélations, à son voyage au ciel, tout cela a été cru sur la simple parole de Mahomet, personne n’en était le témoin.
Les miracles de Jésus-Christ sont rapportés par les apôtres, qui déclarent les avoir vus, qui en appellent au témoignage de milliers de témoins. Ces miracles n’ont pas été contestés par les Juifs, ni même par les païens : ils sont tous dignes de la sagesse et de la bonté de Dieu. Ils tiennent tellement à la religion chrétienne, qu’on n’a pu l’embrasser sans les croire ; et comme ils étaient la démonstration la plus forte de la mission de Jésus-Christ, entre autre celui de la résurrection, tant de milliers d'hommes qui se sont faits chrétiens, n'ont pu le devenir qu’après s'être assurés de la vérité de ces faits miraculeux.