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comme ceux de Nicolas I. On assembla un concile, et sous prétexte que les évêques n'entendaient pas le latin, on demanda aux légats de livrer leurs lettres pour qu'elles fussent traduites. Tout fut falsifié dans la traduction ; on n'y mit que l'approbation la plus complète de Photius : ce concile fut un vrai triomphe pour celui-ci. Il y fit cesser tout ce qui avait été fait contre lui, même par le 8 concile général. — Les légats disent à Rome que la paix est rétablie à Constantinople : : le pape les croit : cependant il manifeste à Photius quelque mécontentement sur ce qu'il n'avait pas demandé pardon dans le concile. Photius répond fièrement à ce reproche. Le pape soupçonne alors qu'ila été trompé. Il envoie à Constantinople le diacre Main, homme plein d'énergie, pour s'assurer des faits. Main, rendu sur les lieux, annulle les actes du concile de Photius ; on le met dans les fers pour son audace. Bientôt cependant, on lui rend la liberté. Le pape, instruit par son rapport, excommunie Photius et les légats prévaricateurs. Il meurt peu après: Main le remplace et renouvelle la condamnation.
Photius,cependant, qui avait reconnu l'autorité pontificale dans la personne de Jean VIII, lorsqu'elle lui paraissait favorable, commença de nouveau à s’insurger contre cette autorité, dès qu'il se vit condamné. Il écrit une lettre en Occident pour accuser l'Eglise romaine d’hérésie, mais cette lettre n'eut pas le moindre effet.
D'un autre côté, Photius voyait d’un œil inquiet Léon, fils de Basile, héritier présomptif de l'empire, qu'il savait ne pas lui être favorable. Par le moyen de Santabaren, il persuada à l'empereur que son fils voulait lui ôter la vie. Basile, sur son conseil, lui aurait fait crever les yeux,si le sénat n'avait demandé grâce pour lui. Alors Photius voyant que la pitié était pour Te jeune prince, se déclara son intercesseur. Basile,cependant,retint son fils en prison, jusqu'à ce que,entendant dans un festin son prénom prononcé avec un ton plaintif par un perroquet, il fut touché, et lui rendit ses bonnes grâces. [Il reconnut la perfidie de Santabaren, mais Photius trouva moyen de le fléchir en faveur de ce scélérat. — Peu après Basile mourut. Léon monta sur le trône. Photius et Santabaren conspirent contre lui: ils sont découverts. Léon fait crever les veux à Santabaren, arrache Photius à son Eglise et le condamne à l'exil.
Photius vécut 5 ans dans son exil. L'histoire n'a rien rapporté de ses dernières années. (Rohrbacher,-XIT, 428).
Des diverses circonstances du Schisme de Photius résultent plusieurs conséquences importantes.
1. Une passion voluptueuse fut la première cause du Schisme. Toutes les hérésies, tous les schismes ont toujours eu pour origine quelque passion violente.
2°. Photius fut un monstre sacrilège et hypocrite. — Ses adhérents,des hommes mûs par l'intérêt et l'ambition. Tous ceux qui se sont montrés les adversaires de l'Eglise ont été des hommes vicieux, on reconnait en quelque sorte une origine satanique dans les auteurs des hérésies et des schismes. Les moyens employés par les ennemis de l'Eglise sont toujours la fraude et la violence. Une défection ne s'opère jamais dans l'Eglise sans des moyens semblables. Cette considération si humiliante pour les sectes séparées est bien glorieuse pour l'Eglise.
3. Cet asservissement des évêques grecs à l'autorité civile, cette facilité à passer d’une opinion à l’autre, qui les fait tantôt condamner tantôt approuver Photius, fait voir avec quelle raison l'Eglise veille à l'indépendance de ses membres, et combien elle doit s'opposer à l'influence du pouvoir civil sur ses ministres.
4°. Les souverains pontifes maintiennent toujours le bon droit, et malgré la défection de leurs légats, ils savent reconnaître et défendre la justice : on sent qu'il. y a en eux une sagesse et une force qui viennent d'en haut. Mais comment auraient-ils exercé le jugement suprême, s'ils n'avaient été indépendants, si eux aussi eussent été au pouvoir des empereurs. On voit clairement que pour que le pape exerce librement son autorité, il faut qu'il soit indépendant de tout pouvoir civil.
3 Photius, comme tous les hérétiques, a reconnu d'abord et à plusieurs reprises le pouvoir pontifical. Tant qu'il espère en être soutenu, il se soumet à ses décisions, parce que ce pouvoir était universellement reconnu. Photius ne l'attaque que lorsqu'il se voit condamné. C'est alors seulement qu'il trouve des erreurs dans l'Eglise romaine, mais il est clair que ces erreurs prétendues ne sont pas la cause du Schisme. On n'accuse l'Eglise qu'après avoir été condamné. C'est l'histoire de toutes les hérésies, de tous les Schismes.
marrer ma
rs ancrée