‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 94 sur 140 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

1°. Pendant le 10e siècle et la moitié du rre, le Siège de St-Pierre vit souvent des intrigues, des troubles sanglants : cela est dû aux rivalités politiques : l'Eglise n’y fut pour rien. Elle chercha toujours l'indépendance et la liberté des élections. Elle a beaucoup souffert,à cette époque, mais chaque fois qu’elle put élever la voix, elle protesta contre la violence. |

2°. Sur 36 papes qui parurent pendant la durée de

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3”. Aucune hérésie ne s'éleva pendant cette période. La foi ne reçut aucune atteinte, l'autorité pontificale fut toujours respectée, ce qui montre combien Dieu, en permettant cette épreuve de l'Eglise, veillait néanmoins à la conservation du dépôt de la foi.

4°. Les papes les plus vicieux ont rempli leurs devoirs comme pontifes. Ils ont maintenu l'enseignement dogmatique et moral dans toute sa pureté. Si l'Eglise eût été d'institution humaine, l'austérité de sa morale eût été altérée par les passions de ses chefs. 11 résulte de cette épreuve que l'Eglise a eue à subir, qu'elle a été manifestement protégée par la Providence.

5. L'autorité des ministres de l'Eglise ne dépend pas de leur sainteté personnelle. Cependant la sainteté qui est un des caractères de la vraie Eglise doit se manifester dans ses chefs. Mais cela s'entend d'une manière générale. Or, la succession des papes montre dans sa généralité,une suite d'hommes vertueux, éclairés, dignes de leur haute position. Les exceptions sont peu nombreuses, et l'horreur qui s’est attachée à la mémoire des mauvais papes, l'animosité avec laquelle les ennemis de l'Eglise ont calomnié certains pontifes et exagéré les vices des autres, ne font que confirmer le principe : l'existence de quelques mauvais papes ne peut pas infirmer l’objection que l’on tire contre les protestants de l'immoralité des chefs de leurs sectes. On sent que la sainteté doit paraître dans ceux que Dieu destine à être les réformateurs de son Eglise ou les apôtres d’une doctrine sainte ; mais on comprend qu'il n’est pas nécessaire que tous les chefs d’une Eglise constituée et établie

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soient tous, pendant une longue succession, des hommes de sainteté.

6°. Dieu n’a jamais abandonné son Eglise, et pas plus au 10e siècle qu'à d’autres époques. Ce siècle, surnommé le siècle de fer, mériterait cette appellation au plus pour l'Italie. L'ignorance n'y fut ni générale, ni profonde. Le nombre des écrivains dont on a encore les ouvrages, les actes des nombreux conciles, les savantes discussions qui eurent lieu au siècle suivant, lors de l’hérésie de Bérenger, montrent qu'il y avait encore de bonnes études, et que c'est improprement qu’on l’a appelé un âge de barbarie.

Quant à la corruption, on ne peut pas dire non plus qu'elle ait été générale. Il y eut un très grand nombre de saints qui eurent une grande influence. L'abbaye de Cluny présente les plus beaux modèles de vertu : une multitude de saints évêques ou religieux ont joué à cette époque un rôle puissant et glorieux.—V. G. St Romuald, St Pierre Damien, St. Dunstan de Cantorbéry, St Brunon de Cologne, St Udailric d’'Ausbourg, St Adalbert de Magdebourg, St Adalbert de Prague.

Jamais on ne vit plus de saints sur les trônes. St Henri, empereur d'Allemagne, et les impératrices Cunégonde, Mathilde, Adélaïde, St Edouard d'Angleterre, St Harold de Danemark, St Olaüs de Norvège, St Etienne de Hongrie et son fils St Eméric, le pieux Robert de France, et plusieurs autres souverains, qui, sans être mis par l'Eglise au rombre des saints, ont, par leur exemple et leur autorité, exercé une influence salutaire sur leurs nations.

Si les mœurs chrétiennes s'affaiblirent dans une partie de l'Europe, la religion fit en même temps d'immenses conquêtes en Dariemark, en Suède, en Russie, en Pologne et en Hongrie. Ainsi, malgré les épreuves qu'elle eut à subir, l'Eglise montra encore à cette époque la sainteté, la force et cette puissance d’action, pour le bonheur de l'humanité, qui font son glorieux caractère.

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