‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 96 sur 140 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

1’. Causes du schisme.—Les Grecs accusent l'Eglise romaine d’erreur sur la procession du St Esprit et d'avoir ajouté Ærhioque aux conciles de Nicée et de Constantinople. Mais il est prouvé, par les témoignages des Pères de l'église grecque, que la procession du St Esprit de la part du Fils, a toujours été admise. Dans les conciles susdits on dit seulement que le St Esprit procédait du Père, parce que c'était là la doctrine niée par Arius, Macédonius et les Platoniciens. On ne parla pas de la procession 7% jilio, parce qu'elle était admise, quoique dans un sens erroné, par les hérétiques. Plus tard, il devient nécessaire d'ajouter au symbole l'expression fliogue, pour fixer la croyance catholique.

Depuis que les Latins eurent commencé à s'en servir, on célèbra trois conciles généraux, dont deux à Constantinople même, et il n’y eut pas de réclamation de la part des Orientaux. Au reste, suivant beaucoup d'auteurs, quoique les Grecs se servent d'une expression différente et moins juste, Per Filium, ils auraient, avec les Latins, la même croyance sur le fond du dogme. Quoiqu'il en soit, l'accusation d'innovation dans la doctrine, portée contre l'Eglise par Photius, n'était qu’un prétexte allégué par celui-ci pour rendre Rome odieuse. (De Maistre, du pape, liv. IV, c. IV).

2°. Les Grecs font un reproche à l'Eglise de consacrer avec du pain azyme, et ils disent que l’azyme n'est pas du pain. Mais il est prouvé, par le texte même de l'Ecriture, que J.-C. fit la cène le premier jour des azymes, et que, par conséquent, il prit du pain sans levain. D'ailleurs, dans l'acception universelle, le pain fermenté ou non fermenté, est toujours du pain. Il suit que la différence

d'usage des grecs et des latins, sous ce rapport, n’était qu'une différence de discipline, qui ne pouvait amener une rupture.

Les autres reproches faits par les Grecs aux Latins sont si futiles qu’on voit évidemment qu'on cherchait toutes sortes de prétextes pour colorer le schisme, mais la cause véritable de la séparation est la jalousie des patriarches de Constantinople contre le pape. Et, d’ailleurs, la nation grecque, avec son esprit subtil, fourbe, sophistique, toujours ami du trouble et de la division, et le clergé oriental, plein de servilité et d’attachement aux richesses, étaient depuis longtemps préparés à un schisme complet.

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