AUTRES RÉSULTATS DU SCHISME
1°. Depuis le schisme,le clergé et le peuple grecs sont tombés dans une grande ignorance, sous le rapport re'‘-
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gieux surtout. Cette nation, qui avait fourni de si éloquents et de si savants apologistes de la religion, n’a plus fourni aucun auteur d’une science remarquable, excepté Nicéphore, Blemmida et Bessarun ; mais ceux-ci se sont faits catholiques. Le clergé n’étudie pas. On prend tous les évêques chez les moines et à ceux-ci, il est défendu de se livrer aux études philosophiques. Les sciences profanes, les arts sont extrêmement négligés : le peuple, de l'aveu de tous les voyageurs, est dans une profonde ignorance, qui en fait la proie des superstitions les plus grossières.
2’. Le dérèglement des mœurs n’a fait que s’accroître. Le clergé séculier ne pratique pas le célibat. Certaines fautes morales sont regardées comme légères et sont très communes chez le peuple. Pendant tout le temps de la domination ottomane, les enfants des deux sexes, remarquables par leur beauté, étaient destinés à l’infamie.
3. Dans le clergé toutes les dignités s’achètent au poids de l’or ou par la servilité la plus abjecte. Le patriarcat de Constantinople, est donné par le sultan au plus offrant. Celui-ci lève des impôts sur les évêques qui chargent à leur tour le peuple auquel ils vendent, et souvent à un prix très élevé, chaque exercice de leur ministère.
4 Il n'y a plus eu de saint honoré d’un culte public chez les Grecs depuis le schisme : leurs auteurs en conviennent eux-mêmes ; plus de zèle non plus chez eux pour la défense de la religion ; plus de prosélytisme, plus de missionnaires pour aller annoncer aux peuples étrangers les vérités de la foi.-—Cette société, au lieu de s'étendre, n’a fait que décroître. (Les Russes avaient été convertis avant le schisme).
5 Sous le rapport politique, les peuples sont tombés dans l'esclavage ie plus cruel et le plus humiliant, et ce qui est digne de remarque, c'est que dans l'empire d'Orient les grands désastres ont toujours suivi les progrès de l’hérésie ou du schisme.—Sous Léon L'Isaurien, auteur de l'hérésie iconoclaste, les Sarrasins s'avancent jusqu’à Constantinople qu'ils assiègent par trois fois, et la famine enlève 300,000hommes dans cette ville. —SousCopronymie, les Turcs s'emparent de l'Arménie, sous Michel le Bègue, les Sarrasins enlèvent la Sicile. Sous Constantin, Monomaque, alors que se consomma le schisme de Michel Cérulaire, les Turcs s'emparent de l'Asie proprement dite. —
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Sous Andronic Paléologue, qui refusa la sépulture à son père Michel, parce qu’il avait voulu la réunion à l’église romaine, les Turcs, passés en Europe, s'emparent de la Thrace et s’établissent auprès de Constantinople, et 14 ans seulement après le dernier effort pour réunir les Grecs au concile de Florence, Constantinople tombe au pouvoir des Turcs. Gennade, qui devint patriarche de la ville dans cette circonstance, reconnait que cette catastrophe avait été prédite par les papes St Léon, St Grégoire, St Nicolas I, et d’une manière très précise, trois ans auparavant, par Nicolas V. (Cursus Theologiæ, t. V, p.473 et suiv.).