‹ Histoire archéologique, descriptive et graphique de la Sainte-Chapelle du PalaisChapitre 9 sur 11 · SS · texte numérisé non relu

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fabriquait du verre plus ou moins dur et plus ou moins fusible. Nos verriers modernes obtiennent une transparence inconnue au moyen-âge, et. emploient des émaux plus (lisibles. Les ressources el les moyens de fabrication sont aujourd'hui incontestablement plus étendus, plus simples, el en tous points préférables à la fabrication ancienne ; et si les verrières du moyen-âge sont préférables à celles que nous produirons, il faut en chercher la cause ailleurs.

s^MUioique nous connaissions aujourd'hui un

1Œ ; l>his grand nombre de couleurs vitrifîa-

tfefiWiii-»168 ? nos verrières sont loin de posséder

les qualités de couleur que l’on admire dans les -.ÿ'â anciens vitraux; par qualités de couleur, il est bien / entendu que nous voulons parler de l’art du coloriste ; à cette supériorité, nous devons assigner deux causes : d abord la science du rapprochement des couleurs, ensuite le grand parti pris décoratif, les fonds dont les couleurs étincelantes dominent, font valoir la silhouette concurremment avec les modelés fermes, larges et sobres; dans la verrière ancienne, tout concourt à l’harmonie et à la richesse du ton général, et les artistes donnent la preuve de cette recherche et delà convention la plus libre; ainsi l’on

point. Le mol abside se boni prend aussi de lui-même, la lettre latine, il est vrai ( al, si s ou apsis). ne désigne que des parties rondes et voûtées, et il y a des absides polygonales, mais l’esprit du grec et a.-miu, vient enlever l’exclusion et emporte avec soi l’idée d’altaclic, d’annexe et île complément pour ainsi dire. Comment appeler ces immenses ouvertures qui donnent de la lumière à In Saint. - Chapelle? \ ilraux , verrières, baies ou fenêtres? Vitraux, verrières, ce serait désigner le tout par la partie, le vide par le plein. On entend par baies ce qui est petit, en sous-entendanl un nuire mot’, .comme baie pour petit fruit, petit golfe et petite ouverture. Fenêtre, c’est l'ouverture munie d’un châssis, et garnie de vitres, qui donne l’air et la lumière an chez-soi. Nous avons des noms appropriés aux differentes ouvertures, comme soupirail . ineurlrière. lucarne, œil-de-bœuf. etc.. C esl en analysant ainsi la nomenclature actuelle, que nous avons été conduits à ne nous en servir qti a noire aise, sans trop savoir si nous faisions mieux ou pis

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voit souvent des chevaux bleus, des arbres rouges, etc. Nous irons même plus loin, et nous dirons que les imperfections de l'ancienne fabrication donnent aux vitraux un charme particulier, les rouges stries, les compartiments gondolés , I œil du verre, le sable qui s’est attaché pendant le dressage, font scintiller et •.4 font valoir les parties pures et les plus transparentes,

h et ajoutent a ces grandes pages ce brillant désordre

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qui liait d’une palette un peu vagabonde.

u r conclure , nous envisagerons deux Eglises, dont l une éclairée par des vitraux anciens, et l’autre décorée de verrières modernes; dans la . première, les fenêtres sont le complément mdispenl $ sable de la décoration, la lumière est vivement colorée; dans la seconde, au contraire, la lumière est a "T peine teintée par des reflets pales, discordants et ennuyeux. Nos peintres modernes, trop occupés de la forme, de la manière du tableau, en un mot, du trompe l’œil, exécutent des dessins infiniment plus corrects et plus savants que ce que nous voyons généralement dans les vitraux anciens, mais ne considérant qu un art là ou il Y a deux arts distincts, ds 11 osent pas s’affranchir des règles tracées par la nature, ni sc jeter dans la convention indispensable au parti décoratif; de la ces vitraux froids, blafards et monolé" loues qui désolent nos Eglises modernes.

C la Sainte-Chapelle le ton des verrières est r solide, les couleurs sont combinées et distri- ^.buées avec un ai t ou plutôt une science admi- ■ îijilrahle, tous les sujets qui y sont représentés sont tirés yS^de l'Ancien et du Nouveau-Testament. Le dessin des vfj| ornements est franc et correct, mais celui des figures est craintif et inhabile, il a besoin de toute son

01 i « ■ i nalité, de la grande variété et de tout l’éclat des

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couleurs, pour être passable. Nous devons attribuer CTüe imperfection du dessin des Heures, d’abord a l'empressement avec lequel la Sainte-( Ihapelle lui construite, ensuite à l’incapacité des artistes chargés de leur exécution ; nous avons vu des vitraux du même temps, dont le dessin est non seulement irréprochable, mais dont la composition et l'arrangement sont d’un style capable d’émerveiller les plus froids; pour ne citer qu’un exemple, mais le plus frappant, nous parlerons de ces verrières de la cathédrale de ( .liait res, représentai! t les prophètes portant les évangélistes. (les grandes et sévères ligures, sont traitées avec une puissance, une énergie et une hauteur de style, dont rien n’approcherait, n’était le Moïse de Micliel-Ange; on ne peut rien rêver déplus majestueux, c’est le dernier mot du sublime. On voit qu’a cette époque, il y avait comme dans tous les temps, des hommes de génie et des talents médiocres, malheureusement les premiers étaient fort rares; les miniatures, les sculptures et les peintures de cette époque que l’on trouve encore aujourd hui, sont en

■ P' toul si exacte, qu’il est impossible de distinguer les nouveaux eom pari inieuts des anciens. Une fenct re est entièrement moderne et pas un de ces amateurs qui déplorent l’impuissance de la fabrication moderne ne s’en est aperçu. M. Lussoii a ainsi détruit par le lait mieux qu’on ne pourrait le faire par toutes critiquas possibles, ces préjugés sur les prétendus secrets fameux et perdus de la fabrication ancienne.

. . à la chapelle basse, une a rca I un*

• <1 écore les murs de la chapelle haute;

ffjpzÈS&Êmï 'nais elle est d’un autre genre, la ce sont “ deux ogives trilobées et doubles, contenues dans un arc qui monte jusqu’à l’appui. Les chapiteaux fenil lagés sont tous dillérents. Dans les quatre-feuilles on voit des peintures représentant des martyres; les parties triangulaires, entre les quatre-feuilles et les arcs, sont décorées par des verres teints dans la masse en bleu foncé, doublés d une feuille d’argent et rehaussés a I extérieur, d’ornements en or. V partir des chapiteaux, la partie de la muraille comprise dans les ai'cs trilobés, est parsemée de fleurs de lis d’or sur fond bleu, c’est une répétition de la décoration de la voûte, a l’exception qu’à la voûte ce sont des étoiles. Une peinture d un aspect sévère et qui simule une draperie, couvre toute la muraille entre les colonnes.

L'on tes les peintures qui décorent la chapelle haute sont dues au talent de M. A ivet; si les auteurs anciens ont dit que Pierre de Montcreau a été singulièrement secondé par les artistes de son temps, il est également opportun de rendre justice aux artistes qui ont si admirablement secondé M. Lassus en interprétant avec intelligence les dessins et la pensée du maître; M. \ ivet s’est montré à la hauteur de sa tâche dans la large part qui lui a été attribuée dans la restau- & ration de l’édifice.

litre les grands arcs de l’arcature et l’appui, Ion voit des anges soutenus par des nuages;

Æle dessin manque non seulement de pureté, mais d’exactitude; la manière et l’arrange- T ment sont naïfs; ces sculptures, qui sont de l’époque de la fondation de l’église, sont préférables au <§) dessin des verrières, mais sans grande valeur artistique; elles ont besoin de la poussière des siècles pour nous intéresser, et du prestige de la couleur pour être agréables a l’œil. Au-dessous de l’arcature, un banc de pierre faisant partie de l’édifice, en lait tout le tour; ce banc, que l’on rencontre dans L/ presque toutes les églises du moyen-âge, était destiné aux infirmes et aux vieillards, qui ne pouvaient assister debout aux olfiees.

sur les plans, on voit des deux côtés, a la ^troisième travée, que la muraille fait saillie |à l’extérieur; c’est dans cette grande épaisseur que l’on a pris les bancs du roi et de ÿ; la reine ; celui du roi est orné de fleurs de lis, et celui de la reine des tours de Castille; des cré- *ÿW$dences et une piscine, sont également prises sur les murs à gauche et à droite du Jubé. A la cinquième travée au nord, se trouve la porte qui corn-

in ii ii k | u,i 1 1 a la sacristie et au trésor des chartes;

■.te plus que le couloir, qui tonne aujour- (i mu un réduit. V la auatrième travée, au midi,

i donne accès a I oratoire de

Louis XI, ainsi que l’ouverture grillée dont nous

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1 ne reste plus rien de l’autel qui a été détruit; il était placé en avant du Jubé selon la coutume du temps. La forme et la MËL, décoration oui en étaient très simples, consis- '^.è^Aaient en une table supportée par six petites colonnes; derrière faute! sous la grande châsse, on voyait le modèle de l’édilice fait en vermeil, éé'ja d’un mètre cinquante centimètres environ de hauteur; cet édicule avait été exécuté en i(>3o, par l'orfèvre Pi/.ard, et coûta treize mille soixante livres. On y conservait des reliques de saints et la discipline de saint-Louis. Derrière et dans le fond, on apercevait un petit autel. Au-dessus du maitre-autel, I Eucharistie était suspendue dans un vase au moyen d une crosse, fixée dans la plate-forme du Jubé : c’était un usage de l’église latine et de I église grecque primitivement ou conservait les hosties consacrées, ainsi suspendues, soit dans un colfret, soit dans une colombe, c’est ce qui donna le nom de ciborium a ces arches ou baldaquins, qui se trouvaient derrière les autels. Le chevet est élevé de deux marches Voir le plan pour la disposition .

la Sainte-! chapelle, le Jubé n avait pas la des-*' tination ordinaire, il n’était que le ciborium ,

• .'et était construit de façon a contenir la M^'gra n d e châsse. Quoique le plan soit presque IrirT' quadrangulaire, la voûte est circulaire, l’arcade le médiane richement décorée est ornée d’anges, deux

sont sculptés dans les coins sons la plate-forme, et les autres qui portent les instruments de la Passion, sont soutenus par des nuages autour et dessous l' archivolte. Le caractère de ces ligures est d une piété admirable, le dessin ne laisse rien a désirer. Toute cette partie est du xive siècle, ainsi que Parcature qui occupe toute la largeur du Jubé, et qui vient s’appuyer contre l’arcade principale qu'elle maintient. Deux escaliers conduisent à la plate-forme, l’un est du temps de saint- Louis , l’autre vient d’être entièrement rétabli sur le modèle de l’ancien; tous deux sont \ remarquables par l’élégance et la légèreté.

Igga^’e s I sur la plate-lorme que la grande châsse jlétait placée; celle que l’on voit aujourd’hui || est une fidèle imitation de l’ancienne (voir E la coupe transversale), elle est surmontée d’un édi- %|Ê cule richement décoré et orné de pinacles. La Y châsse était fermée autrefois par dix serrures différentes; six fermaient la porte extérieure, et quatre un treillis intérieur. Les saintes Reliques y étaient conservées dans des tableaux et des vases de cristal garnis d’or. La décoration de la châsse et du Jubé est plus recherchée que l’ornementation des autres parties de l’édifice; on y remarque des gaufrures, des applications de verres colorés, et des imitations de pierres fines. Les deux voûtes sont fond bleu étoilé d’or. Toutes les recherches pour découvrir le chef de saint Louis ont été infructueuses; le reliquaire était en argent doré; le buste de saint Louis, qui était de grandeur naturelle , était porté par quatre anges; sur le socle, on avait représenté vingthuit figures royales, quatre lions supportaient les angles du socle. En 1 843, on découvrit, sous une dalle de l’abside, une boite en étain, dans laquelle se trouvait un cœur humain, on se livra a des recherches

historiques qui n’aboutirent point; l'administration lit replacer cette boite sous la dalle même ou elle avait été découverte. Plusieurs savants ont essayé de prouver que ce cœur est celui de saint Louis. ( .oninie nous lavons dit déjà, il ne manque plus à la chapelle haute que le dallage qui doit compléter sa restauration. Nous croyons savoir de bonne source que cette partie de la décoration sera confiée a M. Devers, le Palissv moderne.

statues des Apôtres adossées contre les colonnes , sont soutenues par des culots ^feuillages, et surmontées chacune d’un cou- ,$0 vre-clief. On s’est plû a prodiguer a ces statues ’ des louanges exagérées : elles ne possèdent ni qualités brillantes, ni défauts criards; relativement au temps où elles furent exécutées, ce sont de beaux morceaux de sculpture. On n’y voit pas cette majesté, cette noblesse qui caractérise les statues du xn siècle et du commencement du xinc : elles sont de cette école toute française, qui ne sortit de l'enfance que vers le milieu du xi\'' siècle; la tradition byzantine est tout à fait perdue. La statuaire, comme la peinture, était arrivée à un moment de transition, elle dépouillait les vieux souvenirs. Quoique les premières tentatives n’aboutirent en général qu’à des œuvres grossières, nous avons vu cependant certains morceaux de sculpture possédant un mérite réel. Les croix de consécration que portent les Apôtres de la Sainte-Chapelle, ont fait croire a quelques personnes qu’ils étaient de l’époque de la fondation de l’édifice ; mais ces croix ne sont que le souvenir des douze croix que l’on traça sur les colonnes, lors de la consécration. Les têtes, sans expression, sont d un dessin assez correct , c’est une bonne imitation de la nature sans la poésie qui fait l’art; les extrémités

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sont lourdes, les draperies sont jetées avec beaucoup de goût, et une ampleur peu commune au moyenne- A l’exception de saint Pierre et de saint Paul, tous les Ypôtres portent à la main la croix primitive, ce bâton, symbole du pèlerinage. Ces sculptures, nous n’en doutons pas, sont du xiv' siècle. Pendant la révolution, ces statues avaient été enlevées ou brisées; après de longues recherches, on parvint à les découvrir : six étaient dans un état parlait de conservation, quatre lurent refaites d’après les fragments des anciennes, et deux furent entièrement exécutées, sans autres renseignements que quelques débris insignifiants. ( .ette restauration lut laite avec un discernement et une précision tels, qu’il est difficile aujourd'hui de distinguer les anciennes statues des nouvelles. Toutes sont rehaussées d ornements aussi jW riches que délicats.

: ujourd hui , la Sainte-Chapelle est le monument de saint Louis et de Pierre de Mon- “j.tereau, bien plus qu’il y a un siècle. A cette époque, ony voyait une foule d’objets et de meubles, tout a lait disparates. Une lourde barrière séparait le chœur du reste de la chapelle, sous Henri 111. On avait élevé aux quatre coins de l’autel des

colonnes surmontéees d’anges en bronze doré. L an i .5 7 6 dit Corrozel), ont esté refaites tout de ■< neuf les chaises de bois, serval pour assoir les chanoines et chantres de la Sainte-Chapelle, les « quelles sont magnifiquement entaillées, chose belle et honorable pour la décoration d’icelle église. » On y voyait aussi une Vierge de Germain Pilon, des tableaux de Léonard Limosin, un buffet d’orgue, etc. Quoique nous soyons admirateurs sincères de Part de la Renaissance, nous préférons cependant la Sainte-Chapelle telle qu'elle est, privée des œuvres

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DE l AÏOLIS

plus modernes, nous voulons admirer chaque chose à sa place; c’est qu'il y a, en effet, un monde qui sépare les artistes du moyen-âge des artistes de la Renaissance : les premiers, sous la bannière de la toi, ont exalté les joies immortelles d’outre- tombe ; les seconds, au contraire, ont poétisé les plaisirs terrestres : ils ont trouve que la terre était belle, ds nous font presque croire au bonheur. I n autel et quelques stalles qui ne masquent rien, sont, a notre avis, tout ce qui manque a l’édifice, et un lutrin mal placé nous donnerait autant de dépit quau chantre

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