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nologique et artistique; nous voulions descendre dans des détails que le crayon ne peut rendre, baser nos observations sur une telle multiplicité d'objets, que leur reproduction eût dépassé toutes bornes possibles; nous éprouvions surtout le besoin d'étudier sur place les monuments ; car les monuments sont jaloux de leurs secrets , ils ne les révèlent qu'à ceux qui s'approchent bien près et qui s'efforcent d'entrer avec eux en intime relation. Dès lors, heureux de nous appuyer sur l'œuvre du dessinateur , nous résolûmes cependant de rester complètement libre dans notre allure, et nous conçûmes la pensée de l'histoire que nous publions aujourd'hui.
Nous ne dirons rien des difficultés que nous présenta son exécution, du découragement qui nous saisit plus d'une fois, des longues et souvent fastidieuses recherches auxquelles il fallut nous livrer : ce sont des secrets d'intérieur qu'un auteur bien avisé laisse à peine entrevoir. Qu'importent au public les moyens ! ce sont des résultats qu'il lui faut.
Les historiens, on l'a pu voir, nous faisaient presque toujours défaut. Nous avons dû recourir aux documents détachés, aux manuscrits. Cette dernière ressource, heureusement, abonde dans notre ville. La bibliothèque publique, les archives
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de la préfecture, de la mairie, des hospices, plusieurs collections particulières, parmi lesquelles la nôtre n'est pas une des moins intéressantes, possèdent de véritables richesses en ce genre. Les savants du siècle dernier, Hubert, dom Fabre, Polluche, dom Geron, nous ont laissé de nombreux travaux dans lesquels l'archéologue peut puiser d'utiles renseignements; deux hommes de notre siècle, trop tôt ravis à la science, les abbés Pataud et Dubois, ont consigné dans de volumineux cahiers le résultat de leurs recherches. Les études du premier étaient plutôt dirigées vers l'histoire et la littérature; mais l'abbé Dubois s'occupa tout spécialement d'archéologie : ses élucubrations sont des modèles. Explorateur intrépide, critique consciencieux et éclairé, il ne quittait jamais un sujet avant de l'avoir complètement éclairci; aussi, quoiqu'il rédigeât rarement, ses notes sont tellement claires, ses opinions si fortement motivées, qu'il est impossible de ne pas suivre la ligne qu'il indique. Ses recherches sur les fortifications au xv e siècle sont surtout remarquables; elles nous ont été d'un grand secours.
Après avoir payé aux morts la dette de la reconnaissance, qu'il nous soit permis de nous acquitter aussi envers les vivants. Nous ne sau-
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rions dire avec quelle bienveillance nous avons été accueilli dans toutes les maisons particulières, dans tous les établissements publics; partout les titres, les archives ont été mis à notre disposition. En offrant ici à tous nos concitoyens l'expression bien sincère de notre gratitude, qu'il nous soit permis d'en nommer quelques-uns dont les secours nous ont été particulièrement utiles :
M. l'abbé Desnoyers, dont l'aimable érudition brille à travers une rare modestie; M. l'abbé de Torquat, auteur du livre déjà cité; M. de Vassal, archiviste de la préfecture, homme d'étude et de conviction; M. Alexandre Jacob, qui joint au savoir de l'archéologue le goût éclairé du littérateur; M. Clouet, architecte, comprenant, chose rare encore, nos monuments du moyen-âge aussi bien que ceux de la Grèce; M. Jarry, possesseur éclairé d'une riche collection de livres, de dessins et de médailles; enfin M. Pensée, que nous aimons à regarder comme notre collaborateur.
On vient de voir quelles ont été nos ressources, quelques mots maintenant sur la forme et l'esprit de l'ouvrage.
A mesure que nos études prenaient de plus grands développements, à mesure que nos idées se dégageaient par la comparaison des objets, nous nous tenions plus soigneusement en garde
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contre la propension naturelle aux hommes d'observation de poser des principes, de s'ériger en législateurs. C'est un défaut malheureusement trop commun que de tirer des conséquences générales de questions purement locales. Nous avons lâché de l'éviter. Nos travaux avaient pour limites l'enceinte des murailles : les sujets qu'elles renfermaient ont été soigneusement explorés, scrupuleusement, peut-être même minutieusement décrits ; mais notre imagination n'a jamais dû s'égarer au-delà de la portée de nos regards. Notre but spécial a été de réunir des faits, de les classer méthodiquement pour en rendre l'étude facile. Si quelques réflexions nous échappent, si nous formulons un principe, si nous nous livrons à certaines appréciations, que le lecteur veuille bien ne pas les étendre au-delà de leur spécialité. Bien des remarques qui sont vraies , appliquées à notre ville prise isolément, pourraient perdre de leur justesse si on les étendait à d'autres localités.
11 nous a aussi paru nécessaire de resserrer notre travail dans des dimensions proportionnées à son importance. Deux volumes devaient suffire pour une ville du second ordre. Nos notes étaient volumineuses; elles ont été résumées, analysées; les citations, les dissertations, les discussions se
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pressaient sous notre plume ; elles ont été élaguées pour la plupart, à moins d'une absolue nécessité; en un mot, nous avons énoncé le plus clairement, le plus brièvement, controversé le plus rarement possible .
Quelques personnes pourront n'attribuer cette méthode qu'à ignorance ou à faiblesse : ce serait une erreur. Nous n'affirmons que ce dont nous sommes parfaitement sûr , et si nous avons rarement engagé le combat , nous ne le refuserons jamais. Nos preuves se produiront au besoin, et, pour nous servir d'une expression empruntée au langage politique , nous nous sommes maintenu sur le pied de la paix armée.
Quant à la rédaction proprement dite, les hommes érudits voudront bien nous pardonner de l'avoir mise a la portée des gens du monde. Nous avons souhaité , dans l'intérêt même de la science , avoir le plus grand nombre possible de lecteurs; nous avons voulu surtout faire connaître à nos concitoyens une ville dont la plupart ne soupçonnent pas même les richesses. Dès lors la forme a dû revêtir un caractère presque littéraire; dans certaines descriptions, l'aridité des termes techniques a dû être remplacée par des périphrases équivalentes , et lorsqu'il a été nécessaire de se servir de certains termes spécialement
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archéologiques, des notes inutiles aux savants ont dû en expliquer le sens. Heureux si ces précautions ne sont pas superflues et si le litre seul n'empêche pas bon nombre de lecteurs de pénétrer dans V intérieur du volume !
V Histoire architecturale d'Orléans comprend deux grandes divisions : l'histoire générale , les monographies. 11 fallait d'abord embrasser d'un coup d'oeil rapide l'origine de la ville, ses progrès, les commencements, la décadence et les successions des styles; il fallait classer par époques, suivant leurs caractères généraux , ses monuments civils et religieux , ses fortifications , ses maisons particulières. Ici l'ensemble devait absorber les détails sous peine de confusion et de prolixité ; mais les détails sont souvent précieux en archéologie. La seconde partie a donc été consacrée à l'étude spéciale des objets trop rapidement explorés dans la première ; ceux-ci ont dû être classés par catégories.
Les monographies ont formé trois sections distinctes : monuments religieux , monuments civils, fortifications. Une lable alphabétique placée à la fin du deuxième volume facilite les recherches. L'ensemble de cette méthode nous a paru facile a la fois pour le savant et pour celui