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On entrait clans l'église par trois portes de trèspetites dimensions. Deux étaient pratiquées dans le pignon occidental, et la troisième dans le mur du bas-côté septentrional. Celle-ci est ornée, de chaque côté, de deux socles carrés, posés en retrait et supportant deux colonnes détachées, alternées de trois colonnettes engagées : le tout surmonté d'un imposte à trois retraits et d'une archivolte plein-cintre , composée de trois gros tores séparés par des bandeaux sans ciselures. Les colonnes ont assez de corps, les colonnettes, au contraire, sont très-grêles; les unes et les autres sont couronnées de chapiteaux dont le galbe corinthien est orné de ces feuilles linguiformes qu'on est convenu, nous ne savons pourquoi, de nommer feuilles d'eau, même lorsqu'elles ne présentent pas la moindre analogie avec les plantes de marais. Les chapiteaux des colonnettes sont proportionnellement moins épanouis que ceux des colonnes.
A ces divers caractères il est facile de reconnaître le commencement du xi e siècle. Ce portail aurait donc fait partie des reconstructions qui eurent lieu après l'incendie de 999; mais, par une singularité assez remarquable, il s'ouvre sous une de ces corniches à modillons qui viennent d'être décrites, et en comparant la nature des pierres , leur appareil, le dessin et l'exécution des ornements, on reste convaincu que la corniche a de beaucoup précédé le portail. 11 faut donc que celui-ci ait été pratiqué dans un mur originairement
plein, et que lors de sa construction on ait respecté ou du moins replacé la corniche primitive.
L'édifice se termine à l'ouest par un simple pignon qui tranche la nef et le collatéral du nord. Le clocher a sa face antérieure située dans le même plan, au droit de Vautre collatéral. Son rezde-chaussée, jusqu'aux limbes, est fort antique, comme on peut en juger par l'appareil et par l'absence de toute ouverture. Le reste est plus récent. Il était autrefois divisé en plusieurs étages par des planchers soutenus sur des corbeaux qui existent encore, et éclairés par quelques petits jours semblables à des meurtrières. Il parait que son élévation était considérable , car on sait que les protestants en ont démoli une partie, et Ton reconnaît à la première inspection que ces désastres n'ont jamais été réparés; on peut même se convaincre que les contre-forts et l'escalier en saillie, quoique postérieurs au corps de la tour, ont été construits avant les troubles protestants, puisqu'ils ont participé à la ruine commune.
On conserve à la mairie un tableau du xvi e siècle , représentant , avec deux tours contiguës, une église que sa position peut faire prendre pour Saint-Pierre-le-Puellier. Partant de la , quelques archéologues modernes ont affirmé que Saint- Pierre-îe-Puellier avait deux clochers de hauteurs inégales; mais les anciens auteurs se taisent sur ce point, et l'absence de tout arrachement et de tous restes apparents de fondations confirmant sur ce point leur silence, on doit tenir pour cer-
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tain , jusqu'il plus ample informé, que la tour actuelle a toujours été unique.
Les deux portes du pignon font probablement partie des embellissements exécutés sous le règne de Philippe-Auguste; elles portent évidemment le caractère de la fin du xn e siècle. Celle du milieu est petite; ses pieds-droits sont accompagnés de plusieurs colonnettes effilées, posées en retrait et surmontées de chapiteaux élancés et garnis de feuilles grasses de formes variées. Sa voussure, en ogive tiers-point , se compose de tores issant des tailloirs des colonnettes et séparés par des filets. La porte du bas-côté septentrional ressemble complètement à celle-ci, sur des dimensions encore moindres. Seulement un imposte, posé sur les pieds-droits , à la naissance de Tare ogival, supporte un tympan plein, orné d'un trilobe composé de nervures arrondies.
Une fenêtre ouverte dans Y apside du bascôté méridional présente une forme inusitée.
La place qu'elle occupe, la nature des matériaux, la taille des pierres, permettent de la regarder comme faisant partie des constructions du xi c siècle. Cependant son plafond forme l'anse de panier, et de la clef se détache une nervure chanfreinée qui, après avoir tracé intérieurement un second arc surbaissé de moindre diamètre, se rattache aux pieds-droits par deux quarts de cercle. On peut voir dans celte disposition la pensée première des arcs trilobés qui furent d'un emploi si fréquent dans les siècles suivants.
A l'intérieur, l'église porte encore le cachet d'une haute antiquité, car si une partie des détails a disparu sous des reconstructions plus ou moins récentes, les proportions de l'ensemble ont du moins été respectées. La nef est fort élevée, eu égard a sa largeur. La voûte, construite en briques, est plein-cintre et à croisées d'arrêtés ; ses retombées s'appuient sur des culs-de-lampe presque carrés, d'un dessin brut mais robuste. Sans parler du plafond dont elle est maintenant revêtue, il est probable qu'elle ne date que des restaurations entreprises après les troubles du protestantisme. En effet, ses formerets échancrent en quelques endroits l'arc des fenêtres de la nef, et des arrachements que l'on voit encore intérieurement sous les combles, prouvent suffisamment qu'elle ne date pas de la première époque. Cependant il est permis de croire qu'elle ne s'écarta pas sensiblement du style primitif, car elle est identique de forme avec celle qui couvre les deux travées de bas-côté adjacentes au clocher, et l'origine de celles-ci ne peut être révoquée en doute. Les piliers de la grande nef, carrés et solides, n'ont pour tailloir qu'un cavet entre deux filets peu saillants. Les arcades sont ogivales aiguës, simplement chanfreinées ; elles se reproduisent dans les mêmes proportions, comme arcature, sur les murs des bas-côtés. Là , les piliers sont remplacés par des pilastres peu saillants, et quelques-uns des arcs sont extra-dossés. Celui de ces pilastres qui se trouve le] plus rapproché
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de l'apside du bas-côté septentrional, est orné de dents-de-loup; son appareil et celui de l'apside entier se sont conservés dans toute leur nudité primitive. C'est une des parties les plus anciennes de l'édifice. Le plein-cintre se montre à toutes les fenêtres de la nef, l'ogive à celles des bascôtés; les premières sont semblables entre elles et de petites dimensions, mais assez larges, comparativement à leur hauteur; les autres fort irrégulièrement tracées. L'apside de la grande nef présente plusieurs particularités remarquables. Circulaire à l'extérieur, il est intérieurement à pans coupés. Le plein-cintre caractérise ses trois baies longues et étroites , ainsi que les formerets , qui les surmontent , tandis que l'ogive et le style du xn e siècle régnent dans toute la décoration intérieure. On peut conclure de là que, lors des grandes réparations qui eurent lieu a cette époque, on voulut, sans détruire le rond-point, assurer sa solidité douteuse par des massifs intérieurs, disposition qui présentait, en outre, l'avantage de donner au sanctuaire la forme alors usitée.
Quoi qu'il en soit, l'ensemble est d'une grande pureté de lignes et d'un bel effet. Les nervures de la voûte, toutes toriques, ne se réunissent qu'au nombre de trois à chaque retombée , celle du milieu pour l'arrête de la voûte , les deux autres, beaucoup plus minces, pour les formerets adjacents; elles s'appuient sur deux consoles et sur deux chapiteaux. Les consoles qui joutent à
la fenêtre terminale sont couvertes de feuilles naturelles. Les chapiteaux couronnent des colonnes presque détachées; leurs corbeilles, de galbe corinthien, mais un peu lourdes, sont ornées, l'une de deux rangées de pommes de choux, l'autre de feuilles d'eau surmontées de crochets. La voûte du rond-point est bloquée en dessus comme celles des bas -côtés déjà décrites; elle est couverte d'un toit rapide dont la charpente se fait remarquer par l'élégance de la coupe, la sûreté de l'exécution et la quantité de bois employée.
Aux côtés de l'autel s'élève une sorte de portique a jour , qui dut paraître admirable vers le milieu du xvm e siècle, époque probable de sa construction. Deux pieds -droits d'une grande élévation, ornés sur chaque face d'un pilastre d'ordre corinthien, et en avant d'une colonne détachée du même style, supportent un cerceau de pierre fort grêle, surchargé d'ornements. Sur le sommet est juché Dieu le père, a ses côtés deux anges, à la base deux enfants, ça et là des têtes de chérubins : le tout passablement recherché , tourmenté et boursoufflé. Enfin, pour mettre le comble à l'étrangeté de cette décoration , on a placé sur l'autel un christ énorme , décharné , horrible à voir, peint de couleurs naturelles ou à peu près, et sur les côtés du calvaire verdoyant qui lui sert de piédestal , deux terres cuites représentant la Vierge et saint Jean. Plusieurs auteurs ont attribué ces trois statues à Hubert»
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Ce que nous connaissons de ce sculpteur nous a donné, il est vrai, une plus haute idée de sa fécondité que de son talent ; cependant nous respectons trop sa mémoire pour la charger d'un tel méfait.
Les portes en bois , récemment posées à l'entrée du chœur, sont du style de la renaissance. Elles proviennent du couvent des Gélestins d'Ambert. On y remarque, dans un écusson soutenu par deux anges, un serpent entourant une croix : c'étaient les armes du chapitre.
On voit en dehors de l'église un christ en bois qui a décoré les orgues de l'église de Saint- Euverte jusqu'à la révolution de 1789.
Parmi toutes les destructions et toutes les reconstructions que Saint^Pierre-le-Puellier a eu à subir, il a toujours conservé, comme on vient de le voir , quelque chose de son type primitif. Les désastres de 1562 y nécessitèrent des travaux importants; mais il suffît d'un premier coup d'œil pour se convaincre que nos historiens se sont trompés en affirmant qu'il avait été complètement détruit par les protestants. Un pan de muraille qui comprend environ la moitié du côté méridional de la nef, celles des voûtes qui ont été reconstruites en briques, et divers raccordements qu'il serait trop long d'indiquer , attestent d'une manière assez tranchée la limite des œuvres du xvi e siècle pour qu'il reste peu d'incertitude à cet égard.
Rachetée en 1816 par la fabrique de la cathé-
drale, l'église de Sainl-Pierre-le-Puellier a été rendue au culte en 1827. Les restaurations opérées à cet effet n'ont heureusement eu pour but que l'assainissement et la consolidation de l'édifice. Quant à la forme, rien n'a été changé.
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CHAPELLE DE SADiT-JACQIES.
Nous avons vu dans l'église de Saint-Aignan l'ornementation luxuriante de la dernière période du style ogival allier la grandeur de l'ensemble à la multiplicité des détails ; ici elle va s'amoindrir aux proportions d'une petite chapelle, gagner en délicatesse ce qu'elle perdra en majesté , s'envelopper de grâces microscopiques. Saint- Jacques est un bijou, un jouet architectural, un de ces reliquaires de filigrane si communs au moyenâge. Jamais la pierre n'a été ciselée, évidée, étirée, pour ainsi dire, d'une manière plus élégante et plus fine; jamais plus de coquetterie n'a enjolivé le temple du Seigneur.
Cette extrême recherche n'est pas , il faut en convenir, le beau idéal de l'architecture religieuse, et pourtant, sous l'empire du charme qu'elle exerce, nous sentons faillir la sévérité de notre jugement; nous n'avons pas le courage de nous livrer â une froide discussion sur la prédominance des styles, et nous nous identifions malgré nous aux goûts de la fin du xv c siècle.
Abstraction faite de la relation qui doit exister entre les proportions de l'édifice et son style, nous reconnaissons , au premier coup d'œil , quelque chose de plus avancé dans l'ornementation de Saint-Jacques que dans celle de Saint- Aignan. Saint- Aignan est la dernière expression de la pensée ogivale, Saint-Jacques le premier germe des innovations de la renaissance. Une tourelle posée sur encorbellement, des piédestaux figurés en colonnes torses , le plein-cintre se mêlant souvent à Tare ogival, et bien d'autres détails qui seront décrits plus tard , révèlent le besoin qu'éprouvaient les artistes de subslituer des formes nouvelles à celles qui expiraient étouffées sous leurs propres richesses.
Pour bien apprécier la chapelle de Saint- Jacques, nous devons nous la figurer telle qu'elle était à la fin du xv e siècle , au dehors éclatante de blancheur , au dedans diaprée des peintures tranchées qui couvraient les murailles et des „ riches reflets de ses vitraux. Pas une statuette ne manquait alors à ses niches, pas un angle à ses nervures, pas une feuille à ses guirlandes, bien différente, hélas! de ce que nous la voyons aujourd'hui.
Engagée sur ses faces méridionale et orientale dans les constructions du Châtelet, complètement négligée du côté du nord , elle déploie toute sa richesse à son portail occidental. Ses deux portes ogivales, à profondes voussures, sont alternées de trois niches ; le tout couronné d'une riche balus-
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trade qui suit le contour circulaire d'un encorbellement saillant entre les deux baies au-dessus de la niche du milieu. Le reste du pignon s'élève en retrait, laissant sur l'épaisseur du massif des voussures un passage en arrière de la balustrade. U est complètement plan et n'a pour décoration qu'un acrolère à chaque angle et une tourelle à demi-engagée, posée en arrière de l'encorbellement et supportant, au-dessus de la pointe du comble, une statue de saint Jacques, à laquelle elle sert, pour ainsi dire, de piédestal. Cette statue est de plomb doré. Deux fenêtres, une plein-cintre , l'autre ogivale , d'inégales grandeurs et sans ornements, s'ouvrent dans le pignon a la hauteur de la galerie, ainsi qu'une petite porte communiquant à un escalier intérieur. Un cadran inscrit dans un cadre carré, en pierre, surmonté d'un écusson , se remarque à droite de la tourelle.
Ainsi l'architecte a étendu sur une partie notable de la façade un fond uni dont la simplicité devait rehausser la richesse des ornements qu'il voulait répandre sur le reste. 11 est parvenu par ce moyen ingénieux a éviter la confusion dans une multiplicité de détails dont les descriptions suivantes ne donneront qu'une faible idée.
Le portail situé à la droite du spectateur , attire spécialement les regards. Son arc est ogival , un peu plus ouvert que le tiers-point. Sa voussure, profonde et largement ébrasée, se compose de quatre zones de sculptures séparées par des
faisceaux de filets prismatiques qui s'élèvent le long des pieds-droits, d'un nombre égal de petites bases posées sur un soubassement commun. La première de ces zones qui dessine le plus grand arc de la voussure, consiste en un cavet renfermant une guirlande de chardons aux feuilles excessivement déliées. Celle-ci ne descend pas le long des pieds-droits; elle s'appuie, à la naissance de l'arc, sur deux figures renversées , d'un côté un lion tenant un globe entre ses pâtes, de l'autre un dragon couvert d'écaillés. La seconde zone se compose d'une contre-arcature à jour de festons circulaires inverses, subtrilobés et ornés à leurs angles sortants de fleurs de lis en panache à quatre branches. Dans la troisième zone, qui se cache en partie derrière les dentelles de la contre-arcature, des figures de femmes, d'enfants, d'animaux fantastiques se jouent parmi des feuilles de mauve frisée et de divers autres végétaux entremêlées de grappes de raisin. La quatrième diffère peu de celle-ci, si ce n'est qu'elle descend jusqu'au soubassement. La mauve s'y retrouve entrelacée de branches tortueuses qui portent des glands. Les figures d'hommes et d'animaux y sont plus nombreuses et agencées d'une manière plus bizarre. Le faisceau des nervures qui occupe l'angle interne du pied-droit s'en détache à la naissance de l'ogive et forme un imposte en anse-de-panier, orné d'une cinquième guirlande semblable aux précédentes. Le tympan, au-dessus de l'imposte, est fermé par un grillage
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dcj>arres de fer. Deuxcolonnetles supportant des couronnements à doubles consoles polygonales superposées (1) complètent la décoration du portail. Placées au milieu de chacune des joues, elles reposent sur le soubassement commun. Leur fût est enrichi de nervures en hélice et de diverses ciselures. Des figures de plantes ou d'animaux s'entrelacent sur leurs couronnements dont elles couvrent la surface sans en dissimuler la forme. Chaque console supporte une statuette; chaque statuette est abritée par un dais dont les sommets se cachent derrière la contre-arcature de la seconde zone. Ce dais, couvert d'un grand nombre de nervures formant des arcs subtrilobés et amortis de contre-courbes à panaches , est couronné d'un pinacle central et de plusieurs petits obélisques de formes variées.
Toutes les sculptures de ce portail, comme toutes celles qui décorent le reste de la chapelle, sont traitées avec une délicatesse de ciseau remarquable. La plupart des feuilles et des branches sont complètement détachées du fond et ne tiennent aux bords du cavet que par leurs
(1) Parmi les ornements de la dernière période du style ogival, on rencontre souvent un pédicule surmonté d'une sorte de cul-delampc à six ou huit pans, profilé en cymaise et couvert d'une tablette sur laquelle on devait poser une statuette. L'expression de couronnement en console polygonale nous a paru exprimer convenablement cette disposition. Quelquefois, comme ici, le profil donne deux consoles et deux tablettes superposées en encorbellement, alors nous les nommerons couronnements à doubles consoles polygonales.
extrémités. La nature vivante laisse cependant beaucoup à désirer. Les figures, parfaitement adaptées, comme ornement, accusent individuellement une grande ignorance des formes. Au surplus, on pourrait croire que le sculpteur s'est mis complètement au-dessus de ces détails. Pour lui, la vérité a toujours dû céder le pas aux chimères, si ces chimères se distinguaient par une gracieuse originalité. Sans parler des hommes à tête de chat, des lapins à queue de poisson et de mille autres monstres non moins prodigieux, nous avons vu le raisin suspendu aux pétioles de la mauve ou du chou frisé et le gland attaché à des sarments entrelacés portant des feuilles qui ne sont pas celles de la vigne.
Le second portail est semblable à celui qui vient d'être décrit, quant aux dimensions et au style ; mais il est moins orné : il n'a qu'une guirlande de sculptures disposées dans la dernière zone de la voussure.
Les trois niches de la façade sont pratiquées , l'une à l'extrémité, à la droite du spectateur, la seconde dans le massif qui sépare les deux portails , la troisième dans un pan coupé qui remplace l'angle gauche.
La première, entièrement creusée dans le plein du mur, est intérieurement cylindrique. Elle est ornée à sa base d'un cul-de-lampe à double console hexagone demi-engagée , et à son sommet d'un arc plein - cintre , frangé à l'intrados d'une contre -arcature de cinq festons inverses
monolabes (1), el surmonté d'une contre-courbe à double étage de panaches. Elle est, en outre, flanquée de deux petits pilastres carrés, chargés de trois étages de pinacles appliqués. Ces pilastres , peu engagés , se présentent d'arête. Les culs-de-lampe, carrés, à doubles consoles, qui leur servent d'appui, sont posés au niveau de celui de la niche , et comme celui-ci chargés de sculptures délicates représentant des hommes, des animaux vrais ou fantastiques et des feuillages déchiquetés, parmi lesquels on distingue la mauve ou le chou frisé. La niche qui occupe le pan coupé est la reproduction de la première, mais celle du milieu est encore plus richement décorée. Destinée à recevoir le saint patron, elle possède un dais polygonal semblable a ceux des grandes statues du portail, et sur sa console on a sculpté deux figures humblement prosternées. Leurs robes flottantes, leur pannetière, le bourdon qu'elles portent à la main , le chapeau à larges bords attaché sur leurs épaules indiquent suffisamment des pèlerins.
Au-dessus de la niche s'avance la saillie demicirculaire de l'encorbellement qui s'étend de l'une a l'autre des voussures. Sa base, qui est fort large, est festonnée d'une contre-arcature subit) Voici encore un mot nouveau que la pénurie du langage archéologique nous force de produire. Son étymologie et sa signification sont si naturelles, qu'il fût certainement déjà devenu d'un usage général, si la forme qu'il exprime eût été plus souvent observée.
trilobée, semblable à celle du portail de droite et présentant par son évasement une disposition conique fort originale. Elle est ornée d'un rang de coquilles, symbole du pèlerinage de Sainl- Jacques-de-Composlelle. C'est, pour ainsi dire, un second dais abritant celui de la niche. Audessus s'étagent quatre larmiers si saillants et si évidés qu'on pourrait les comparer à des bases d'entonnoir. Les deux larmiers supérieurs se prolongent au-dessus des portails , servant à la fois de corniche à la partie inférieure de la façade et de soubassement à la balustrade qui la couronne. Cette balustrade, qui suit le périmètre de l'encorbellement, est coupée et dominée, ainsi qu'on Ta observé à Saint-Aignan et à Saint-Paterne, par des nervures obliques issant des piedsdroits des voussures à la naissance de Tare ogival et se réunissant comme les rampants d'un pignon. L'ornementation des portails est complétée par quatre gargouilles placées à la hauteur des larmiers, aux deux côtés de l'encorbellement et aux deux extrémités de la façade.
Les acrotères, posés sur le sol de la balustrade, s'élèvent un peu au-dessus de la naissance du toit. Us sont carrés et se présentent d'arête ; leur fût, très-élancé, est couvert de filets et de nervures. La tourelle, qui est cylindrique , ne saille que de la moitié de son diamètre; elle participe à la richesse de décors de tout ce qui l'entoure ; seulement, son soubassement, caché par la balustrade, n'a pour tout ornement qu'un cha-